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Erik Rémès  (Editions Blanche)  2004

Sans conteste, Érik Rémès est une personnalité à part de la littérature contemporaine. Sexe guide confirme ce que nous savions déjà de l’auteur. En effet, des romans tels que Je bande donc je suis ou encore Le maître des amours prouvaient un intérêt marqué pour toutes les questions relatives à la sexualité.

Et l’on peut dire que l’ouvrage intitulé Sexe guide constitue une véritable somme sur le sujet. Si l’on excepte la dernière partie concernant les diverses positions sexuelles inspirées notamment du Kama-Sutra, l’ouvrage impressionne encore une fois par sa richesse documentaire et par ce style clair qui en rend la lecture agréable.

Je ne vais pas m’étendre, par exemple, sur les passages relatant l’anatomie de chaque sexe, mais plutôt centrer ma réflexion sur ce qui fait l’originalité d’un écrivain comme Rémès.

Premièrement, il y a chez Rémès une volonté de comprendre autrui qui le distingue d’un Guillaume Dustan dont l’égocentrisme a été caricaturé par Tristan Garcia dans son roman La meilleure part des hommes. Comme le montrait déjà Le maître des amours, livre dans lequel le personnage principal (Érik Rémès dans la réalité?) se prostituait et avait des relations sexuelles avec des hommes comme avec des femmes, l’auteur se montre capable de révéler un intérêt réel pour l’humanité. Dans de nombreuses pages du Sexe guide, il insiste sur le besoin de respecter le partenaire sexuel qui correspond en fin de compte à ce respect égal de soi.

Mais ce qui rend Rémès si peu conformiste, c’est, à l’instar de Georges Bataille, de vouloir dépasser les limites (il suffit de lire Je bande donc je suis pour en avoir simplement la preuve). Cette volonté est tempérée, bien entendu, par cet amour effectif de l’autre évoqué plus haut. Toute une partie de Sexe Guide est consacrée à la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, les fameuses MST (sida, hépatites, etc.). Or, dans ledit Sexe guide, il est tout aussi question des pratiques SM (sadomasochistes) et des expériences scatologiques.

Au sujet des pratiques SM, Rémès développe tout particulièrement sur les rapports hautement ritualisés entre maître et esclave. Je cite ces lignes descriptives de Érik Rémès : Ces jeux de rôle accentuent considérablement les sensations et renforcent les liens qui unissent les deux partenaires. Les jeux SM lèvent les inhibitions. Les rapports sadomasochistes permettent de transférer son désir sur celui de son maître qui ordonne ses propres désirs. La domination peut s’exercer par la douleur physique ou mentale et les menaces. On la produit à l’aide de gènes, d’humiliation ou de restrictions. La soumission, plus que la douleur crée un état euphorique..

Par-delà le type de contrat possible entre dominant et dominé, l’usage stupéfiant de l’électricité comme moyen de faire souffrir son partenaire, c’est la question des rapports humains dans notre société qui se pose. Rémès explique très bien le sadomasochisme qui se caractérise par la volonté de retraduire une situation pouvant ou ayant existé dans la réalité. La victime cherche, comme l’explique l’auteur, à perdre toute responsabilité face à son partenaire qui fait office de bourreau. Bien sûr, dans ces situations, les rôles peuvent être inversés.

Ce problème éthique ou morale nous ramène à la polémique engagée dans la revue La critique sociale entre Georges Bataille et Jean Bernier à propos de l’ouvrage de Kraft-Ebing, Psychopathia Sexualis. Face à Bataille, Jean Bernier s’était fait l’apôtre de la norme contre toute espèce de perversion. Mais quelle norme, aurait pu dire Érik Rémès?

Même un philosophe comme Moritz Schlick reconnaissait que le bonheur pouvait être atteint chez certains êtres humains par la souffrance. Le sexe a toute son importance, non seulement par les pratiques intimes qu’elle engage entre plusieurs partenaires, mais surtout parce qu’elle est proprement l’un des fondements du genre humain. Les pratiques sadomasochistes le démontrent : la sphère privée dans laquelle chacun devrait enfermer la sexualité se trouve en tension avec la vie quotidienne.

Car l’ouvrage de Rémès soulève bien d’autres interrogations. Écrivain homosexuel, Rémès raconte le rapport avec autrui relativement à chaque personnalité sexuelle propre. Il l’a bien compris. On ne peut limiter les liens entre, d’un côté, les hommes et, de l’autre, les femmes, opposer hétérosexuels et homosexuels, choisir éternellement la dualité corps et esprit,…

Certes, si je ne crois pas à l’animalité intégrale prônée par Rémès, il n’empêche que chaque individu dispose d’une sexualité qui peut plus ou moins varier avec le temps.
 D’où la nécessité d’employer la notion de distinction plutôt que celle de différence qui comporte en elle un constat inégalitaire. Distinction entre individus : un homme peut avoir des rapports avec un autre homme, puis, vivre avec des partenaires féminins ; il est envisageable également qu’une femme entretienne sa sexualité avec des hommes et des personnes de même sexe ; etc. Par conséquent, je suis favorable au concept de pansexualité qu’utilise Rémès en conclusion de son ouvrage.

Reste à parler de la prostitution. Faut-il règlementer la prostitution, alors qu’elle semble à chacun honteuse ou condamnable? Pourtant, Rémès insiste : l’hypocrisie sociale tend à oublier qu’il y a offre, parce qu’il y a une demande. Que faire alors face à un phénomène qui n’est guère nouveau? Continuer à poursuivre les prostituées pour racolage abusif et les macs pour proxénétisme? En vérité, au-delà des injonctions morales, Rémès pense, et je partage son opinion, que la seule chose à faire est justement d’encadrer la profession de prostituée, tout en continuant à poursuivre et punir les proxénètes.

 

Thomas Dreneau         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
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"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
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Au théâtre :
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Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
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Exposition avec :

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La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
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"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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