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Interview  (Paris)  5 février 2009

Chat, petite princesse de la chanson française, débarque le 9 février avec un premier album touchant ou son piano se mélange à quelques pointes de rock pour des chansons doux-amer. C'est dans les locaux d'EMI que l'équipe de Froggy's Delight rencontre la jeune artiste...

Voilà fait deux ans que je te connais. Je t'avais rencontrée sur un vieux profil Myspace et t'avais vue plusieurs fois à des concerts que tu donnais dans des appartements. Ton album arrive dans les bacs la semaine prochaine. Comment ressens-tu cette sortie ?

Je suis très heureuse, mais cela fait déjà presque un an qu'il a été enregistré... Maintenant, la page Myspace dont tu me parles remonte il y a encore plus longtemps ! J'avais fait mon profil Myspace quand j'habitais à Londres (elle a vécu à Londres pendant un an, il y a 3 ans), je commençais seulement un peu à écrire des chansons, et je ne pensais pas alors faire un album. C'est au fur et à mesure des rencontres que le projet s'est monté. En fait je suis pianiste classique, enfin, initialement je voulais vraiment être pianiste classique : j'ai passé toutes mes études au conservatoire et je suis partie à Genève après mon bac à cet effet. J'y ai pris mes premiers cours d'improvisation piano, ce qui m'a ouvert à la composition, donc cela fait en fait seulement quatre ans que j'écris.

L'album était donc à la base quelque chose réalisé seule au piano et à l'écriture ?

Quand tu écris des chansons, tu as toujours l'idée de les jouer aux gens. Quand j'ai commencé, je ne savais pas si ça allait plaire, c'était plus pour moi. Mais du moment où tu peux aller jouer devant un public, tu t'adresses à lui parce que sinon ça n'a pas de sens. C'est à ce moment que tu prends conscience que tu exprimes quelque chose, que ce n'est pas seulement pour toi.

Quand il a été question d'album, je n'avais absolument pas envie que ce soit piano voix parce que ça ne correspondait pas à mes influences et à ce que je voulais faire. Il a fallu que je rencontre les bonnes personnes pour le faire, et j'ai eu la chance de les rencontrer assez vite.

Au niveau de ta démarche, tous les côtés réalisation/production, tu écrivais des musiques puis tu cherchais à mettre des textes dessus. Peut-être que tu travailles sur une démarche plus illustrative, sur des idées...

Maintenant, quand j'écris, en général je fais les deux en même temps, même depuis pas mal de chansons. J'aime bien tout faire en même temps, mais les premiers morceaux étaient écrits pour le conservatoire, et des choses sont arrivées dans ma vie et j'ai eu besoin de les exprimer. J'ai restructuré mes premières pièces, j'ai mis des mots dessus et c'est comme ça que c'est parti.

Pour toi, ça reste vraiment de la musique basée sur le domaine d'expression que tu avais.

En tout cas, je ne sais pas jouer d'autres instruments donc c'est ma manière de m'exprimer en musique. J'adore partager ça avec d'autres musiciens, il y avait dans la musique classique ce côté solitaire qui commençait un peu à me peser, peut-être que dans quelques années, j'aurai envie de faire un disque piano voix, mais pour l'instant j'aime être entourée, j'aime aussi cette effervescence qu'on s'apporte les uns les autres.

Si tu avais à qualifier le style de ton album, tu le verrais comment ?

C'est assez dur. Au début, quand il était question du style, je n'arrivais pas à l'exprimer parce que je me reconnais pas trop dans la variété française. Ce n'est pas que je trouve ça péjoratif mais c'est plutôt que ce n'est pas ce que j'écoute comme musique, ce qui me touche. Mes influences sont plus anglo-saxonnes. Il y a des gens qui parlent de pop, il y a un peu de rock, en même temps c'est de la chanson, c'est un mélange. Mais je ne réfléchis pas à un style quand j'écris, je fais ce qui me vient naturellement à l'esprit. Mais il y a aussi un côté un peu écorché que j'ai besoin de traduire dans l'instrumentation, c'est peut-être ça le côté un peu plus rock, j'en sais rien.

Des influences anglo-saxonnes...

J'écoute plus de musique en anglais, c'est très large : Radiohead, les Doors ou Off Montréal (elle adore Off Montréal) mais il y a aussi des artistes que j'apprécie qui chantent en français...

Off Montréal ?

C'est du rock indé américain psychédélique et un peu electro.

Genre Blonde Redhead ? Ou les Dandys ?

Non, c'est moins rock, ça pourrait être des MGMT mais pas non plus parce qu'ils ont fait au moins 6 disques donc c'était bien avant ça. Un côité un peu libre, un peu hippie, je n'ai pas adoré leur dernier disque. Par contre, en concert c'est fou, c'est visuel, ça change !

Tu me disais que tu avais d'abord écrit l'album piano chant, en travaillant avec d'autres musiciens pour la réalisation et la production, mais si tu savais tout faire, si tu pouvais faire l'album de tes rêves, ça donnerait quoi ?

Je ne sais pas du tout mais je pense que même si je savais jouer de beaucoup d'instruments, pour l'instant, je n'ai pas envie de me retrouver seule parce qu'être avec des gens qui portent ton projet crée une certaine ébullition et la créativité se décuple. Peut-être que dans plusieurs années ça changera, je partirais toute seule au bout du monde faire mon disque, mais pour l'instant la manière dont la musique se construit me va très bien.

Pas d'album electro alors ?

Je n'en sais rien, l'avenir me le dira, mais j'aime l'idée de vivre celui- là, ses concerts et ne pas savoir comment sera le prochain.

Pourtant tu cases un Amen break sur le titre "It's so cold"...

Oui ! J'avais écris cette musique à Londres, je voulais représenter des petits sons de boite à musique.

Je regardais ton site fait par EMI où tes influences étaient décrites comme pop. Par contre, sur ta page Myspace, tu cites plutôt "les molécules et les oiseaux". Qu'est-ce que ça veut dire ?

En fait, ça ne veut rien dire, mais mes influences sont tellement larges que je n'osais pas lister tout le monde sur ma page Myspace, donc...

Donc des molécules...

Les molécules, c'est tout petit, et j'aime bien les choses petites.

Tu aimes les petites choses ?

Oui... (Rires)

Et les oiseaux ?

Non, ça n'a pas vraiment de sens, c'est juste... je ne sais pas... C'est de l'absurde, mais j'aime bien l'absurde.

Et ton album s'appelle Folie douce...

Oui !

En fait, ce n'était pas vraiment une vraie question, c'était plus...

Oh, c'était une affirmation...

Oui... Alors, pourquoi ton album s'appelle Folie douce ?

Déjà c'est le titre d'un morceau, qui est le dernier morceau du disque, et aussi le dernier que j'ai composé, et je le trouvais un petit peu à part, le plus souriant et le plus apaisé. Donner ce titre, c'était donner un peu de sourire à l'album. D'autre part, je trouvais que c'était une expression, qui décrivait bien l'album, car cela représentait une contradiction entre la douceur et la folie, et cette ambigüité se reflète bien sur les morceaux...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Chat parmi une sélection de singles (septembre 2008)
La chronique de l'album Folie Douce de Chat
La chronique de l'album Le Chat du Rabbin : bande originale du film de Olivier Daviaud

En savoir plus :
Le site officiel de Chat
Le Myspace de Chat

Crédits photos : Laurent Hini (Retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


        
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# 29 janvier 2012 : Le Festival de Cannes

C'est le week-end du Midem à Cannes, l'industrie de la musique oublie la crise et mène grand train pour vendre ses produits. Pendant ce temps, c'est toujours aussi difficile pour les artistes, les artisans de la musique, les labels indépendants qui aident les artistes plutôt que d'essayer de vendre un produit de consommation. Arrêtons avec l'industrie et laissons la place à la culture... En attendant, Shakira est décorée par le sinistre de l'inculture. Pour oublier tout cela, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Lettre de la barbarie ordinaire" de A Backward Glance on a Travel Road,
"Applause" de Balthazar,
"Modern isn't progress" de Deschannel,
"Fold it ! Mold it !" de Random Recipe,
"Pursuit" de Stuck in the Sound,
"Let's get gone" de Parlor Snakes,
SuperBravo en Froggy's Session, en interview autour de leur album "A space without corner",
The Black Keys au Zenith,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"Lettre au père" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Déjà là" au Théâtre de la Colline
"Les femmes savantes" au Théâtre de la Tempête
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La conférence - Emma la clown et Catherine Dolto" à l'Européen
et un spectacle jeune public "La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
Les reprises à ne pas rater :
"Les souffrances de Job" aux Ateliers Berthier
"Poil de carotte" au Studio-Théâtre de la Comédie Française
Toujours à l'affiche :
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Les bonnes" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre 14
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"La dame aux camélias" au Théâtre National de l'Odéon
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Salle d'attente" au Théâtre de la Colline
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens
"Cancrelat" au Théâtre Ouvert
"Rêvez !" au Théâtre Les Déchargeurs
"Le premier" au Théâtre Les déchargeurs
"On est tous portés sur la question" au Théâtre du Mélo d'Amélie
"Premier combat" au Théâtre du Lucernaire

Exposition avec :

Charlie Chaplin - Images d'un mythe" au Palais Lumière à Evian
et dernère ligne droite pour Nicolas Vial - La lecture du monde" au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Requiem pour Mona (Mona Cabriole, 16ème arrondissement)" de Catherine Diran
"Le dernier contrat" de Olivier Maulin
"Culture - Etat d'urgence" de Olivier Poivre d'Arvor
"Super héros, la puissance des masques" de Jean-Marie Lainé

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
et le festival Etoiles Francophones en Ile de France
Les sorties récentes :
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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