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Interview  (Paris)  5 février 2009

Après la sortie du deuxième album Chaud et le concert plein de fraîcheur au Zèbre de Belleville, il ne nous manquait plus que de rencontrer La Gooyatsh, de parler avec lui des chansons, de musique, envie de sonder un peu plus le personnage qui, sous des allures dilettantes, nous montra qu’il était loin d’être là par hasard.

Vous vivez à Nancy, vous vous faites appelé La Gooyatsh. Quelles sont vos origines ?

Mes origines sont vraiment nancéennes, cent pour cent pur lorraines. La Gooyatsh, c’était mon surnom depuis longtemps. (La), c’est pour revendiquer mon identité lorraine, parce qu’on dit souvent la Carine, le Olivier. Je le mets entre parenthèses, parce que j’assume pas. Et on dit La Gooyatsh : comment ça va, la gooyatsh ? En fait, c’est beaucoup moins compliqué que mon vrai nom.

Quel est votre parcours artistique qui vous a conduit à côtoyer Tété, Chet, Ian Caple ?

Moi j’ai commencé la guitare à l’âge de 12 ans puis j’ai accompagné des groupes. J’ai commencé par jouer du jazz et en même temps, j’écrivais des chansons. Donc j’étais quand même sensible à la chanson et à la musique pop. J’ai joué avec des gens comme Chet, Camille, Bertrand Louis. Je ne chantais pas parce qu’on m’avait dit que je chantais mal. J’écrivais des chansons et je les chantais chez moi. C’est Chet qui m’a un peu poussé à chanter mes morceaux. J’ai fait les chœurs dans ses tournées et ça m’a un peu décomplexé qu’un artiste installé, qui a une vraie identité, me fasse confiance pour faire les chœurs dans sa tournée. Du coup, j’ai travaillé ma voix et j’ai commencé à faire des concerts moi tout seul.

Vous avez une voix qu’on reconnaît facilement. Vous l’avez posée ?

Non, j’ai juste cherché à trouver ma voix. J’ai essayé de chanter comme je l’entendais. C’est un peu ce que je fais pour la musique aussi. Que ce que je joue et ce que je chante se rapproche de ce que j’ai en tête. Après, la voix, je ne me rends pas compte. Pour moi toutes les voix son singulières, la mienne pas plus qu’une autre.

Chaud est votre deuxième album. Qu’est-ce qui a changé depuis le premier ? Peut-être que l’écriture a changé avec de nouvelles influences ?

Non je ne vois pas. Je n’écoute pas beaucoup de chansons en français, c’est pas tellement ma culture. Je n’ai pas le poids de la tradition de la chanson française. Je me sens plus proche des chanteurs anglo-saxons.

Plutôt T.Rex, Beatles, Bowie ou Pulp, Arctic Monkeys ?

Plutôt Beatles, T.Rex, Bowie. J’ai beaucoup de mal à me remettre de la carrière des Beatles, Hendricks, Chet Baker, Miles Davis, Stills Nash and Young. Et j’écoute également plein de choses différentes comme la musique cubaine traditionnelle, la musique hawaïenne des années 30, le garage, une certaine époque de Deep Purple. Ce n’est pas lié à des courants ou des époques. Et j’adore Chet, il a une façon incroyable d’écrire.

Ces références peuvent surprendre quand vous utilisez presque seulement la guitare et la voix.

Oui, mais j’adore Bob Dylan, c’était une époque très guitare qui a marqué la chanson pop. J’adore Woody Guthrie qui était un protest singer qui chantait des chansons de protestations sur la lutte des classes aux Etats-Unis. J’ai été marqué par Keziah Jones que j’ai vu joué par hasard dans un magasin de disque avec sa guitare, je ne m’en suis toujours pas remis. Jouer seul avec une guitare ne change pas grand-chose à la musique, surtout que les arrangements moi je les entends, je ne suis pas tout seul.

La photo de l’album Chaud vous présente en gros plan sur un fond bleu de salle de bain. Vous avez un air d’assassin. Cela me fait penser au film Psychose d’Hitchcock. C’était votre idée ?

On voulait trouver quelque chose d’un peu malsain, en prenant le contre-pied de Chaud, donc quelque chose de froid, dans le carrelage, le regard. C’était un parti pris parce que l’album n’est pas du tout comme ça. Et c’est la cabine de douche de la salle de bain de ma grand-mère qui est la même depuis que je suis né. Ce n’est pas évident de trouver des murs de carrelage bleu.

Est-ce qu’il y a une période dans la chanson française que vous préférez ? Alors a priori non.

J’aime bien le travail de JP Nataf. J’aimais déjà bien ce que faisaient les Innocents. Et d’un autre point de vue, j’aime bien Vincent Delerm. J’aime beaucoup Chet, le premier album de Camille (Le Sac des Filles), moins les autres que j’aime, mais, moins, c’est pour des raisons qui me sont personnelles : ça me renvoie à des sons, des ambiances, c’est jamais une chanson mais plutôt une ambiance, certaines intonations. C’est difficile de dire j’aime, j’aime pas. Ou peut-être… j’aime pas la chanson engagée, anarcho-gauchiste parce que c’est toujours empreint de clichés. Et, c’est personnel, pour  moi ce n’est pas le rôle de la chanson de faire ça. Et certains gagnent beaucoup d’argent. Du coup, c’est forcément un peu de la mauvaise foi. Après, je trouve qu’il vaut mieux chanter des chansons pas engagées à une manifestation politique que des chansons engagées dans le circuit artistique.

Y a-t-il des livres, des films qui vous inspirent toujours ?

Oui, il y en a plein. Auxquels je reviens, comme La Vie est Belle de Franck Capra, qui est empreint d’un optimisme à tout épreuve. Amélie Poulain peut remballer. Et à côté, j’adore Françoise Sagan, Bret Easton Ellis, un auteur américain un peu trash. Des livres, des films, des disques qui m’amènent à un état de pensée qui me conduit, mais jamais une inspiration directe en fait.

Pour vous, c’est quoi une bonne chanson ?

Une bonne chanson de moi, c’est quand j’ai réussi à jouer ce que j’avais en tête, à dire ce que j’avais envie de dire.

Vous fredonnez à la guitare ? Vous avez des morceaux de texte à gauche à droite ?

Oui ça prend un peu de temps, c’est un peu compliqué. J’écris des morceaux de phrases, d’idées, des concepts et j’essaie de faire rentrer les concepts dans les phrases et je corrige plein de fois. Je pars souvent du texte. En écrivant le texte, j’ai des idées de mélodie mais je pars du texte. C’est beaucoup plus long d’avoir le texte.

Vous ne les donneriez pas, les chansons, à ceux qui en cherchent ?

Pourquoi ? Je le fais des fois, j’ai déjà écrit, co-écrit pour d’autres. Si j’écris pour quelqu’un d’autre je ne m’y prends pas de la même façon.

Maintenant, je vous propose un jeu : des phrases, et je vous demande si ça vous inspire une chanson et si non pourquoi : "Casse toi pov’con".

Non, je n’en ferai pas une chanson, parce que c’est pas drôle et c’est pas grave. Je trouve quand même bizarre que les gens s’étonnent qu’un Président de la République soit juste normal. Et c’est pas la peine d’écrire une chanson. Y a plein de gens plus intéressants que ça.

Plus de caresses, moins de CRS.

C’est très compliqué, c’est toujours un peu démago de dire qu’il y a trop de CRS, de police, de contrôle. C’est vrai et c’est pas vrai. S’exprimer sur ce terrain, c’est vraiment dangereux. Je suis loin d’être compétent pour prendre parti. Je préfère avoir la liberté de parler de ce dont j’ai envie.

Et pour montrer sa belle voix, il ouvre un large bec.

Alors, pourquoi est-ce qu’on a envie d’aller sur scène et de chanter devant les gens ? Parce que c’est quand même agréable. Avec un ami, on se demandait pourquoi. Quand on est chanteur, il faut se poser la question de pourquoi on chante. Et on chante juste parce qu’on n’a pas le choix. C’est un peu propre à chacun… Moi je n’ai pas encore trouvé la réponse. Moi je pense que je n’ai pas trop le choix. Dans ma vie, tout m’a amené petit à petit à ce que j’en sois là. Et c’est pas forcément une volonté expresse de ma part. Les choses se passent d’une façon et au bout d’un moment…

Et vous prenez plaisir sur scène.

Oui j’adore ça, je pense que c’est là que ça se passe. Après, j’adore écrire, enregistrer, arranger mais c’est un autre travail. J’essaie de proposer quelque chose sur scène qui soit agréable, avec un peu de second degré. Ce qu’on fait n’est pas si important que ça.

Mais ça reste à la postérité, une chanson !

Oui mais je pense que tout et n’importe quoi peut rester à la postérité. Il y a des choses qui font partie de la vie des gens. Je ne sais pas trop comment ça se passe, des chansons, des morceaux de films, des répliques, des photos, plein de choses… des odeurs.

Vénus, toute entière à sa proie attachée.

Oui j’ai un peu exploité le filon. On est tous obligés d’écrire des chansons sur les amours compliquées. C’est un peu une figure imposée. C’est facile, enfin je veux dire, on y vient facilement.

Parce qu’on écrit quand on est plutôt malheureux ?

Non, je ne suis pas malheureux dans la vie. Je suis assez content, j’ai de la chance d’avoir été épargné de choses horribles jusqu’à maintenant. Mais ça n’empêche pas d’être confronté à des situations difficiles. J’essaie seulement de trouver ce qu’il y a d’un peu amusant dans cela.

Je chante, je chante soir et matin.

Oui, c’est ça. Après Trenet, je ne connais pas et ça m’attire pas et ça n’a pas l’air de me manquer. Mais en tout cas, je fais de la musique tout le temps : mes disques à moi et beaucoup d’arrangements pour d’autres.

A Nancy ?

Il y a un gros vivier de groupes. Peut-être à cause de la situation géographique ou de l’Ecole de Nancy dans les années 20-30, très active dans les arts plastiques. Et  les artistes comme Charlélie Couture et Tom Novembre qui ont un peu dynamisé la ville. Il y a plein de productions, qui sortent pas pour l’instant d’une activité régionale. Il y a un gros festival qui s’appelle Nancy jazz pulsations qui n’est pas que du jazz et qui anime la ville pour beaucoup. Il y a eu un festival mondial de théâtre pendant longtemps jusque dans les années 80 qui investissait la ville.

Et LHOOQ.

Oui, j’ai écrit un peu ça des fois parce que je trouve ça rigolo d’avoir un peu… faim.

Et Chaud, c’est le même chaud ?

Chaud, oui c’est le chaud de l’activité physique, sensuelle. Et chaud pour le résultat avec ses sonorités brésiliennes, un peu carabéennes et chaud parce que y a plus de musiciens qui ont improvisé. On a pris soin de ne pas tout lécher, caler et c’était un peu plus représentatif. On a essayé d’avoir un cliché d’un instant et de ne pas trop le retravailler.

Et sur scène, quelle formation ?

En fait, guitare, basse, batterie avec la possibilité d’envoyer des samples. Il y a une tournée qui commence…

Ca se passe bien la sortie de Chaud ?

Oui, en tout cas, il y a un bon accueil des médias pour le moment.

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En savoir plus :
Le site officiel de Eddy (La) Gooyatsh
Le Mypsace de Eddy (La) Gooyatsh

Crédits photos : Thomy Keat (Retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Sandrine Gaillard         
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Eddy (la) Gooyatsh (5 février 2009)


# 11 août 2019 : Sur la Route du Rock

Nous voici en route pour Saint Malo et son inimitable Route du Rock que nous aimons tant. Pour le voyage on vous a sélectionné quelques disques et quelques bouquins pour préparer gentiment la rentrée. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

Nos valises sont prêtes, en route pour La Route du Rock
"Onda" de Jambinai
Rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society
et toujours :
"When I have tears" de The Murder Capital
Seun Kuti en interview au festival Terre du Son ou nous l'avons également vu en live avec Egypt 80
vendredi au Foreztival avec The Inspector Cluzo, Feu! Chaterton entres autres
samedi au Foreztival toujours avec Tiken Jah Fakoly, Goran Bregovic, Thérapie Taxi

Au théâtre :

des comédies avec des inoxydables à voir ou revoir tels :
"Les Faux British" au Théâtre Saint-Georges
"Le Gros diamant du Prince Ludwig" au Palace
et des outsiders à découvrir :
"Jean-Louis XIV" au Théâtre des Béliers parisiens
"La Moustache" au Théâtre du Splendid
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Azzedine Alaïa - Une autre pensée nde la mode : la Collection Tati" à la Galerie Azzedine Alaïa

Cinéma :

la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon
et toujours :
"Le voleur d'eau" de Claire Hajaj
"Paix et guerre" de Ronan Farrow
"UK serial killers" de Emily Tibbatts

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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