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Elliott Brood - The Jim Jones Revue  (Grand Mix, Tourcoing)  17 février 2009

Comme l'alligator sort du bayou, le blues a quitté sa Louisiane pour venir s'installer dans les chaudes nuits de l'hiver parisien – et même ailleurs, puisque c'est au Grand Mix de Tourcoing que s'est déroulée la soirée réunissant Elliott Brood et The Jim Jones Revue dans le cadre du festival Les Nuits de l'Alligator. Où l'on a pu constater que le blues était toujours fou et bien vivant, loin de l'ancêtre ridé et parkinsonien que l'on aurait pu croire.

Hors de ses gonds, le blues est-il toujours le blues ? C'est tout le pari de ce festival aventureux qui, pour sa quatrième édition, continue de s'extirper de la Maroquinerie parisienne qui l'a vu naître (non sans un certain humour) pour se promener un peu partout en France : Evreux, Feyzin, Marseille, Trebry Tulle et, donc, Tourcoing – soit treize dates entre les 13 et 28 février.

La programmation, riche et variée, n'hésite pas à s'aventurer hors des sentiers festivaliers rebattus : outre Elliott Brood et The Jim Jones Revue, à l'honneur ce soir comme pour d'autres dates hexagonales, on pourra ainsi avoir le plaisir d'admirer sur scène les Black Diamond Heavies, Emily Jane White, Prisca, SSM, Mariee Sioux, Lonely Drifter Karen, Uzi & Ari, Kill the Vultures, O'Death, Xavier Plumas (le chanteur de Tue-Loup), Vetiver, Dear Reader, Samuel James, Moussu T e lei Jovents, Chairlift, Women, War on Drugs – soit la plus fine fleur du rock, de la pop, de la country, du folk et du néo-folk moderne.

Est-ce à dire que l'alligator s'est noyé dans sa propre diversité ? Loin de là, si l'on en croit la prestation de nos deux meneurs de revue ce soir-là. De la "death country" revendiquée par le trio canadien Elliott Brood au rock garage, vintage et survolté du quintet londonien The Jim Jones Revue, on aurait pourtant largement eu de quoi perdre ses repères.

Mais la fièvre, la chaleur, les guitares entêtantes, leurs façons légères et turbulentes, presque joyeuses, de chanter les malheurs et les peines, était-ce autre chose que le blues, le blues lui-même, cet manière de spleen musical si particulière, où les lamentations ne sont jamais très loin du déhanché...?

La batterie flanquée de ses deux guitaristes, l'un assis et l'autre debout, jonglant de l'acoustique à l'électrique, du banjo au ukulélé, jouant même des basses à l'aide de pédales, c'est Elliott Brood qui ouvre la soirée.

Malgré leur réputation de "Nirvana de la country", un rien punks et bouseux, en somme, les trois musiciens affichent beaucoup de bonne humeur, de simplicité et un plaisir manifeste à jouer leurs morceaux.

Emmenés par le chant mat et éraillé de Mark Sasso, auquel on trouvera peut-être de vrais-faux airs de Bruce Springsteen, mais auquel on devra surtout reconnaître une personnalité très marquée, et le jeu de guitare enfiévré de Casey Laforêt, ils sauront toucher un public ravi de découvrir ou redécouvrir le meilleur de leurs deux albums : Ambassador et le très récent Moutain Meadows, qui rencontre un certain succès critique dans l'hexagone.

Suite du voyage dans le temps historique du rock avec The Jim Jones Revue, spectacle de grand rock à l'ancienne. L'occasion pour moi, pauvre trentenaire n'ayant pas connu ces joies en leur temps, d'assister à un pogo d'authentiques et sympathiques blousons noirs : embananés, engominés, endiablés.

Musicalement, on se retrouve aussi perturbé que nos grands parents ont du l'être par l'invention du rock – comme si Elvis Presley avait pu écouter quelques minutes des Sex Pistols ; comme si 16 Horsepower revenait soudainement à Chuck Berry ou au Creedence Clearwater Revival sans vouloir rien céder de sa hargne ; comme si le grunge n'avait pas été inventé, et que les rebelles soignaient toujours leur look, façon minets ; comme si Retour vers le futur n'était pas qu'un film léger, comme s'il avait été réalisé par Stanley Kubrik ou Darren Aronofsky.

Dans la salle, il faut bien reconnaître que le public se laisse volontiers emporter par cette débauche musicale : déluge de décibels, tension sexuelle permanente, gesticulations et hurlements, crachats vintage – et ils jouent même du piano debout, ces énergumènes ! On vous l'avait dit, que le blues n'était pas encore sénile, aussi âgé soit-il. Tranquillement embusqué, il attend simplement l'occasion de se jeter sur l'auditeur insouciant, de l'avaler tout cru. A ce jeu, je suis victime volontaire, comme chacun des spectateurs ravis qui aura osé ce soir s'aventurer au Grand Mix, vendre son âme au diable des bayous.

 

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L'interview de The Jim Jones Revue (mardi 7 septembre 2010)

En savoir plus :
Le site officiel de Elliott Brood
Le Myspace de Elliott Brood
Le Myspace de The Jim Jones Revue
Le site officiel du Festival Les Nuits de l'Alligator 2009

Crédits photos : Cédric Chort (Toute les séries sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
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