Au Café Blanche,
rue Blanche, un tout petit troquet de potes près du Théatre
de Paris où s'est joué les Monty Python Flying Circus,
nous retrouvons Grégoire Bonnet, vous vous rappelez le joyeux
bûcheron des Monty Python, qui a accepté de nous rencontrer.
Autour de petits blancs et de caouètes, c'est Charles Ardillon
qui tient le micro.
Allez mon petit Grégoire, je vais te faire une interview
pour Froggy’s delight
Comment vas-tu Grégoire ?
Bien
Comment t’as voulu être acteur ? Parce que t’as
quand même fait une grande école de commerce…Je
te vois bien en costard Cerrutti
Je sais pas très bien. Le spectacle m’a toujours
branché. Mon père fait de la musique et j’allais
le voir en concert.
Et le théatre ?
La scène aussi parce que mes parents m’emmenaient
voir les films des Marx Brothers au cinéma du Ranelagh, les
enfants du paradis. Allez Charles fait ton Ardisson.
Bon et après ?
Ensuite j’ai pris des cours de théatre aux
Cours du Marais. Et après l’école de commerce.
Les cours t’ont apporté quoi ? T’avais déjà
une nature ?
J’avais une nature et j’ai fait un peu le con à
l’école pendant une scolarité difficile.
T’avais déjà un acquis ?
Oui. L’acquis c’est les parents.
Comment ont réagi tes parents ?
Ils se sont inquiétés vachement.
Et après l’école de commerce ?
Le cours Florent où j’ai rencontré
notamment Thomas Le Douarec, le metteur en scène des Monty
Python, que j’ai rencontré en troisième année
et avec qui j’ai très rapidement travaillé,
dans Dommage qu’elle soit une putain qu’on a joué
au Trianon, un spectacle de dingues. On était 15 sur scène,
il y avait 10 personnes dans la salle de 1 000 places, c’était
génial. J’ai fait sept ou huit spectacles avec lui.
Quels spectacles t’ont le plus marqué ?
Ça dépend si c’est en tant qu’acteur
ou pour la mise en scène…il y a le Cid, Le dindon…
Comment est venu le spectacle des Monty Python ?
C’est Remy Renoux a eu l’idée et qui y travaillait
depuis quatre-cinq ans. Il a rencontré Terry Gilliam et puis
voilà. Un travail des longue haleine. Il a dit Il y a deux
acteurs que je veux Charles Ardillon et Grégoire Bonnet et
il a aussi choisi Thomas Le Douarec. Et nous voilà embarqués
dans cette histoire assez hallucinante.
Te reste-t-il de grands moments de scène ?
Aucun.(NDLR : éclats de rire de Charles
Ardillon). Il
reste toujours des grands moments. L’aventure artistique est
une grande aventure humaine. Ce sont mes meilleurs amis. Avec Charles
on se connaît bien. Ça fait quatre spectacles où
nous jouons ensemble. On s’amuse comme des gamins.
Quel impact a eu le spectacle des Monty Python,
As-tu reçu des propositions car tu es quand même un
artiste hors norme?
J’ai reçu quelques propositions mais
qui ne sont pas très alléchantes en tout cas pour
l’instant.
Et qu’espères-tu des Monty Python ?
Beaucoup de bonheur, de l’amour, la réussite
et l’argent, la santé (NDLR : avec l’accent
des diseuses de bonne aventure rom).
Y aura-t-il une suite pour les Monty Python ?
Oui, je pense. Obligatoirement puisque les anglais
sont intéressés. Il y aura une tournée aussi.
Il y aura aussi sûrement, je le pense peut être parce
que j’adore ce spectacle et j’ai du mal affectivement
à croire que cela va s’arrêter. Bon si ça
s’arrête, je n’en voudrais bien entendu à
personne…ouin !!!!! (NDLR : sanglots étouffés).
Parles nous un peu des autres acteurs des Monty.
Tiens de Marie (Marie Parouty)
J’ai beaucoup joué avec Marie. Le spectacle
tient parce que les acteurs se connaissaient bien. Ça facilite
les choses pour travailler vite et bien. Qu’est ce qu’on
s’est marrés !
As-tu vu le DVD ?
De quoi ?
Des amants du pont neuf de Carax !
Oui, j’ai vu le DVD et l’ai trouvé
vachement bien !
Ça t'a fait rire ?
Oui, j’ai ri comme un gamin. Il y a des choses
que je n’avais jamais vu ! C’était une réelle
surprise. Une super belle aventure humaine et artistique et appelons
un chat un chat au point financier. Tout était réuni
pour que ce soit bien. On a fait Avignon, Edimbourg.
Charles Ardillon passe la main et nous reprenons le micro.
Y a-t-il une vie après les Monty Python qui
vous a donné un rôle en or mais qui est un spectacle
très connoté?
Oui, mais j’ai joué aussi des rôles
dramatiques. Dans Vol au dessus d’un nid de coucous, je jouais
l’homosexuel refoulé, j’ai aussi joué
Verlaine. Bien sûr, que les propositions que j’ai vont
plutôt dans l’ordre du comique.
Oui, il y a une vie après les Monty Python. Il y a une vie
après chaque spectacle. Le spectacle c’est des guillemets
dans une phrase, des paragraphes dans un bouquin…Enfin, merde
j’espère…Vous me faîtes flipper !
Ce ne sont pas des rôles qui vont vous coller
à la peau ? Dans l’œil du spectateur mais aussi
dans le métier parce qu’il étiquette.
Non. Nous sommes étiquetés mais c’est
à nous de refuser ces étiquettes. Et puis, tout le
monde est étiqueté. Il n’y a qu’à
voir Gabin, Serrault, Jim Carey…j’aimerais bien être
étiqueter comme ça. De Funès a été
étiqueté et c’est pas la dernière des
merdes ! Et puis ils ont été étiquetés
parce qu’ils le voulaient bien pour des motifs de carrière.
J’ai eu deux propositions que j’ai refusées.
Selon moi, il y a 3 paramètres qui sont très importants
et qui sont la base même du théatre ; humain, artistique
et financier. Et l’un dans l’autre, il faut que les
3 soient présents. Sinon moi je n’y trouve pas mon
compte.
Charles Ardillon : Oui mais ça c’est
rare : l’équipe, la prod et le projet !
Oui, c’est très rare.
Vous amusiez-vous sur scène ?
C’était jouissif. Le plaisir du texte
vient aussi du fait de jouer avec des amis, avec leur regard, avec
le texte des Monty Python. Parfois on débordait, on passait
la ligne rouge.
Et la répartition des rôles ?
Ce n’était pas très facile. D’ailleurs,
nous n’en avons jamais beaucoup parlé entre nous. Nous
étions ensemble et nous faisions des lectures successives
en changeant de personnages. Et le meilleur en lecture prenait le
rôle qui lui convenait. Il y a eu quelques tiraillements.
Par exemple Charles et moi insistions pour avoir le même rôle.
Finalement c’est Charles qui l’a eu et puis ce sketch
a été supprimé parce que le spectacle était
trop long. Horrible !
Charles Ardillon : Pas pour le premier spectacle
où les rôles nous ont été imposés.
Thomas Le Douarec s’est trompé parfois
mais au final je crois que tout le monde a été bien
servi.
Quels sont vos sketches préférés
?
Les Yorkshire, le sketch de la tarte à la crème
parce que nous étions tous ensemble sur scène.
Et vous Charles ?
Moi, si je suis très égocentrique je
dirais Randall, l’accusé, après avec les potes
c’est la tarte à la crème et dans le 2, la souris
pour moi et le lama où je faisais presque rien.
Faut dire que le lama original c’est 4 secondes
mais nous avons pris beaucoup de libertés. Et il y le sketch
où Eric Savin est seul sur scène pour jouer la vie
après la mort. C’est dément et ça a une
dimension métaphysique que le 1er spectacle avait. Il était
moins gaulois que le 2. On le sait bien évidemment.
Charles Ardillon : Et le déjà vu !
Je peux vous dire qu’à apprendre, c’est
une horreur. Je n’ai jamais autant galéré sur
un texte. Celui-là et la dispute aussi. C’est beaucoup
plus difficile que Corneille. J’ai joué le roi dans
Le Cid. C’est cadré, rigoureux et il y un rythme. Les
alexandrins sont plus aisés à apprendre.
Pourquoi n’essayeriez-vous pas de faire des spectacles
d’improvisation avec les gens que vous aimez ?
Ça fait dix ans que je me pose cette question. Mais
peut être que l’on a un baobab dans la paume. Bien sûr
qu’il faudrait faire ça. On ne le fait pas. Il doit
y avoir un blocage quelque part.
Vous fixez-vous un délai d’attente quant aux suites
des Monty Python ?
Non, parce que nous n’attendons pas à tout
prix les Monty Python. |