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Interview  (Paris)  21 janvier 2009

Andy arbore une magnifique crête sur son crane rasé et ne lâchera jamais sa guitare durant toute l’interview.

Lowkey entre immédiatement dans le jeu des questions, défendant Mongrel comme un programme politique.

Avec convictions, la petite salle d’interview chez Pias se transforme en ring social où la culture hip hop anglaise a davantage à dire et à défendre que la pop rock des groupes répétitifs que Londres nous envoie à longueur d’année.

Comment définiriez-vous le groupe Mongrel ?

Lowkey : Chaque membre d’un autre groupe qui est associé à Mongrel n’est pas avec Mongrel ce qu’il est ailleurs. Ce n’est pas un disque des Babyshambles, ce n’est pas un disque des Artic Monkeys, ce n’est pas un disque de Lowkey. Définitivement.

Ce n’est pas un side project.

Andy : C’est un vrai groupe, nous avons fait plus d’un disque, nous sommes allés rencontrer Chavez, Mongrel est un projet d’avant-garde et d’expérimentation, d’un point de vue lyrique et sonique. Les médias britanniques sont dominés par des hommes blancs caucasiens issus de l’enseignement privé. Ils veulent laisser les autres en bas. Ceux-là ne crieront jamais "Libérez la Palestine", car ce n’est pas leur intérêt et qu’ils n’y connaissent rien à la culture populaire et à l’implication des groupes.

Quel est le rôle de chacun d’entre vous dans le processus d’écriture et de composition ?

Lowkey : Chacun pose quelque chose de différent sur la table. Parfois l’un d’entre nous apporte une cassette avec des idées et des prémix, et on retravaille tous ensemble et ça devient une chanson de Mongrel. On peut aussi partir d’idées basiques ou de squelettes de chansons, et tous bosser ensemble. C’est vraiment un travail de groupe.

Pour les français qui ne connaîtraient pas votre musique, quels sont les thèmes de vos chansons ?

Andy : Nous abordons les problèmes du monde d’aujourd’hui que les artistes de la culture underground ne devraient pas avoir peur d’aborder. Si un extraterrestre arrivait sur Terre maintenant et qu’il écoutait tous les CD et enregistrements qui ont été faits dans les dernières années, il lui serait très difficile de savoir ne serait-ce que ça : qu’il y a eu une guerre en Irak. Ou un massacre à Gaza, ou une invasion en Afghanistan. Tout le monde est très lâche, les musiciens se demandent avant tout combien cela va rapporter et ce que ça va apporter.

Lowkey : Ils vont serrer la main de Georges Bush et lui cracher dans le dos. Au lieu d’assumer et de lui cracher au visage. On parle de ça à la base : certains choisissent de s’asseoir et de faire du fric.

Votre vidéo clip "The Menace" est en noir et blanc. C’est un choix artistique ?

Andy : C’est inspiré du film français La Haine. Nous avons été vraiment inspirés par ce film car en Angleterre, nous n’avons pas une culture démonstrative, nous avons tendance à accepter les actions du gouvernement, même si on ne les approuve pas alors qu’en France, vous avez une culture très démonstrative, les gens descendent dans la rue ! En Angleterre, on va râler dans notre coin mais on ne va rien faire. On aimerait faire réagir les gens, commencer une révolution.

Pensez-vous réellement, comme écrit sur votre page Myspace, que la communauté hip hop est ignorée par les médias ?

Lowkey : Plus précisément les médias anglais populaires et majoritaires. Mon opinion sur le sujet : les gens en place qui décident des goûts du public, les directeurs de labels, les médias, les DJ sont fainéants. Ils ne travaillent pas en terme de découverte mais en terme de prototypes. Ils vont chercher le nouveau Eminem, ils essaient de recréer le prototype qu’a été Eminem. On finit par nous sortir un gars et on dit que c’est le nouveau Eminem : ce n’est pas le nouveau Eminem. Parce qu’on cherche à re-créer le succès des autres, on n’a jamais eu de succès hip hop mondial venant d’Angleterre. Ils ne croient pas en les artistes hip hop anglais.

Vous soutenez la Palestine sur votre page Myspace.

Andy : Nous ne sommes pas effrayés d’être rebelles. Nous n’avons pas peur de chanter "Libérez la Palestine". C’est un vrai crime ce qui se passe là-bas.

Est-ce que parfois vos paroles ne vous causent pas de problèmes avec votre propre label ?

Lowkey : Bien sûr que dès qu’on parle de Guantanamo, d’Irak, de choses très spécifiques, de Palestine, ils sont plus hésitants voire repoussés face à l’idée de vous soutenir à 100% et de promouvoir la musique. Parce que vous n’êtes pas le stéréotype souriant de la publicité.

Donc cela peut vous poser des problèmes.

Lowkey : Peu importe. Personnellement, si j’ai une vie qui ne sert pas à aider ces gens là alors ma vie ne sert à rien. C’est plus important pour moi que d’avoir une carrière, que de faire de l’argent, à cette étape de ma vie.

Andy : Faire de l’argent pour moi est secondaire, j’ai fait des festivals comme Coachela sans être payé, après toute la manipulation et la merde des journalistes, tout ce qui reste, c’est la musique elle-même. Et que les gens se disent à ce moment là que l’album des Mongrel est réellement innovateur et que c’est le meilleur des albums.

Retrouvez Mongrel en Froggy's Session
pour 2 titres acoustiques en cliquant ici !

 

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La chronique de l'album Better Than Heavy de Mongrel

En savoir plus :
Le Myspace de Mongrel

Crédits photos : Laurent Hini (Toute la série sur Taste of Indie)


Mathieu Beurois         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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