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Théatre du Rond point  (Paris)  février 2004

Texte d'Arrabal, mise en scène de Claude Confortès, dit par Françoise Fabian

Le public connaît Arrabal à travers son théatre ludique et fou basé sur la dérision. Avec Lettre d'amour, il nous entraîne dans un univers dramatique celui de ses jeunes années marquées à jamais par l'absence du père et l'horreur de la découverte que la mère tant chérie était la délatrice à l'origine de la condamnation à mort de son père au début de la guerre civile espagnole

Dans ce long monologue, à la fois narration et plaidoyer, entre douceurs et imprécations, la mère se rappelle tous les instants de bonheur absolu où elle était tout pour son enfant idolâtré, instants dont le souvenir nourrit l'espoir du retour de ce fils qui, comme son père qui a sombré dans le silence après s'être échappé de prison, s'est détourné d'elle pendant toute sa vie et dont elle espère une lettre, une visite, et l'ultime réconciliation.

Elle se défend aussi, niant son acte puis l'avouant, le justifiant comme un acte inéluctable induit par les circonstances politiques qui a brisé leur vie et les a conduit à vivre ce supplice chinois des êtres enchainés au fond d'un puits qui finissent par s'entredévorer.

Et Arrabal nous livre là une tragédie antique à une voix qui sera tour à tour l’enfant en état d’amour fusionnel avec sa génitrice, la mère oedipienne et les chœurs qui rappellent que l’histoire, cette marâtre, qui remplace les diktats des dieux, impose des choix de dupes car quel que soit le choix, le prix à payer est douloureux.

Et qui mieux que Françoise Fabian pouvait interpréter cette héroïne monstrueuse, lui prêter son visage de beauté classique et sa voix chaude. Françoise Fabian, comédienne d'exception, rappelez-vous "Ma nuit chez Maud" d'Eric Rohmer, incarne à la perfection cette mère, aimante et possessive, tant aimée et tant haïe et lui prête son visage rayonnant de madone brune.

Quand les spectacteurs entrent, elle est déjà là sur scène, enveloppée d'une longue robe-cape noire, assise immobile, les yeux clos, les mains posées sur une modeste petite table de bois peint en noir.

Hiératique et hypersensible, le feu sous la glace, sans aucun mouvement, ou si peu, pour se concentrer sur le travail de la voix et de l’émotion, pour restituer la densité, en alternance dramatique ou poétique, du texte, la portée des mots.

Sans effet de scène, elle nous livre ce texte dense et cependant si simple, poême de l'amour maternel, ultime prière adressé au fils pour qu'il éclaire une dernière fois sa vie. Un grand moment, bouleversant, unique, au point où les spectateurs, lorsque la lumière s'éteint, restent pétrifiés.

"Je ne souhaite pas voir mon théatre s'inscrire dans les Registres de l'Immortalité…je désire seulement jouir chaque jour de quelques instants de bonheur" (Arrabal)

 

MM         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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