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Interview  (Paris)  Décembre 2003

Quelques semaines avant la sortie de son nouvel album People are like seasons, Robin Proper Sheppard était de passage à Paris et nous l'avons rencontré chez Labels, sa maison de disque...

Pouvez-vous expliquer le titre « People are Like Seasons » ? Est-ce sur les gens qui changent avec le temps ?

Oui, c’est ça…cette phrase est tirée de la chanson “Fool”. En gros, ça parle d’une conversation que j’ai avec quelqu’un. L’idée, c’est qu’il ne faut pas être trop critique avec les gens car les gens sont comme les saisons, ils changent, tout le monde change. Une personne ne sera pas forcément comme elle est aujourd’hui toute sa vie. C’est de ça que parle cette chanson.

Vos chansons sont toujours mélancoliques. Pourquoi ? Êtes-vous quelqu’un de mélancolique ?

Hmm…Je pense que suis mélancolique même si je n’aime pas me dire que je le suis, je préfère me voir comme quelqu’un de plutôt positif et motivé. Mais je pense aussi que si j’étais esclave de ma mélancolie, je ne pourrais pas accomplir les choses qui sont essentielles pour moi, comme ma relation avec ma fille par exemple. Je pense qu’au plus profond de moi, je suis très sensible à tout ce qui m’entoure. J’ai tendance à être profondément touché quand je trouve que quelque chose est injuste, quand on blesse les gens, quand ils se blessent les uns les autres, tu vois ce que je veux dire? Ces choses me touchent vraiment. Il y a effectivement une certaine mélancolie chez moi, on peut dire ça.

Comment procédez-vous pour l’écriture des textes et de la musique ?

En fait, tout est étroitement lié. Je suis pas le genre de personne qui peut s’asseoir avec un bloc-notes et écrire des paroles, puis sortir me promener dans un parc et rentrer chez moi et là seulement composer la musique. Je ne peux pas non plus jouer du piano ou de la guitare, trouver un air et y coller un texte plus tard. Tout est vraiment lié, je compose toujours tout en même temps. Car en fin de compte, ma musique est très simple, et tout ce que je pense, je le mets sur papier. Tout ce que je pense et me dis intérieurement influence la musique que je crée, de même que l’humeur et l’ambiance influencent mes pensées. Tu vois, tout est donc très lié.

Vous sentez-vous proche de l’univers mélancolique et folk ?

Non, pas du tout en fait. Je pense que la musique que je compose n’est que le reflet de ce que j’essaie de dire. Ce que je fais est plus lié à ce que je ressens et à la façon dont je veux m’exprimer plutôt qu’à une quelconque scène ou à un style de musique. C’est surtout vrai pour le nouvel album. C’est pas vraiment une question de style en réalité, c’est plus par rapport aux différentes dynamiques qu’il y a dans l’album. Par exemple, on ne peut pas dire que “Darkness” soit une chanson folk comme on ne peut pas dire que “Another Trauma” soit une chanson rock. Je pense que j’essaie tout simplement d’exprimer ce que je ressens sur mes albums, en particulier maintenant que j’ai plus ou moins commencé à m’ouvrir de nouveau musicalement parlant. D’un côté je m’éloigne du côté rock car les gens qui écoutent du rock vont bien évidemment comprendre que “People are Like Seasons” n’est pas véritablement un album de rock En même temps, ceux qui pourraient penser que certaines chansons, en particulier les plus acoustiques, ont une base un peu plus folk, ne risquent pas de penser que “Darkness” ou “If a Change Gonna Come” a une base folk. Tu sais, soit je suis à un extrême ou un autre, soit je suis tellement entre deux styles qu’il est impossible de décrire ma musique. Tu sais, je ne fais qu’ouvrir mon cœur dans cet album en fait. Je n’étais pas sûr de ce que j’allais en faire quand j’ai commencé à l’enregistrer et j’ai juste essayé d’aller au-delà des limites et les seules limites que j’ai jamais eues avec Sophia sont celles que j’ai fixées moi-même. Je me posais des limites dans la façon dont je voulais m’exprimer. Avec cet album, j’ai voulu franchir ces limites et je me suis vraiment lâché.

Quels groupes écoutez-vous en ce moment ?

J’écoute beaucoup de groupes différents. Par exemple, je trouve que le dernier album de Killing Joke est excellent, j’écoute Coldplay, Notwist, Neil Young, Tom Waits, Goldfrapp… J’aime ces groupes qui essaient de communiquer avec moi sur un plan personnel, c’est ça la musique que j’aime car ce sont des musiques qui me touchent. Ça n’a pas besoin d’être un style de musique particulier.

Qui est vraiment Sophia ? Vous seulement ?

Eh bien, je dirais que le noyau de Sophia, c’est mon expérience, donc de ce point de vue-là, Sophia c’est moi. Mais je pense aussi que maintenant que j’ai noué de véritables liens avec les musiciens du groupe, notamment sur scène, et que nous laissons aller la musique vers différentes directions, tout ceci fait qu’il serait difficile pour moi de dire que Sophia, c’est juste moi. Je pense que c’est une représentation de ce que tout le monde vit à un moment donné et la façon qu’ils ont d’aborder la musique, des choses comme ça.

Pouvez-vous me parler un peu du choix d’appeler votre groupe Sophia ?

Oui, bien sûr. A l’origine, le nom vient d’un film de Hal Hartley, un réalisateur américain qui a fait entre autres une trilogie (Surviving Desire, Amateur,…), et Sophia est en fait le nom du personnage d’un de ses films. Un mec rencontre une fille qui s’appelle Sophia et il parle de la signification de ce nom avec un autre gars. En grec, cela veut dire “savoir” ou “sagesse”, ça dépend du contexte mais la définition qu’ils donnaient dans ce film, c’était “savoir”. J’ai trouvé que c’était un très joli mot et je me suis dis que si la langue grecque avait un aussi beau mot pour exprimer le fait de savoir, alors ils devaient forcément avoir un aussi beau mot pour signifier “ne pas savoir” parce que je n’ai pas l’impression de savoir grand chose en fait (rires). J’ai donc essayé de trouver ce mot et finalement, je ne pouvais pas me servir du mot qu’ils avaient inventé pour signifier “ne pas savoir” car c’était un mot ridicule et que je ne pourrais jamais appeler mon groupe comme ça, mais je ne le répèterai pas ici (rires). Si tu veux savoir ce que c’est, c’est très facile de le trouver. J’aimais la beauté du mot Sophia, j’adorais l’impression que ça faisait, j’aimais le fait que ça ait une sonorité féminine puisque c’est un prénom féminin. Et j’ai trouvé que Sophia convenait bien, en particulier à cette époque là car c’était féminin et que j’exprimais quelque chose qui était très sentimental. En ce sens, l’idée n’était pas de créer une espèce d’image et j’appréciais également l’ironie qu’il y avait derrière ce mot qui signifiait “savoir” car je n’avais pas du tout l’impression de savoir quoi que ce soit, surtout à cette époque. J’essayais de découvrir où j’allais dans ma vie et ce que je ressentais par rapport à ce qui se passait dans ma vie à cette époque. C’est donc de là que ça vient, avec cette notion d’ironie derrière.

Savez-vous qu’il y a un autre groupe qui s’appelle Sophia ?

Je pense qu’il y en a quelques-uns effectivement, il me semble qu’il y a un groupe de death-métal qui vient de Norvège…

Oui, ils sont de Norvège mais leur musique est plutôt ambiante / industrielle, ils se servent de machines pour faire de la musique…

Ah oui? Ok…Je savais qu’il y avait un groupe norvégien mais je pensais que c’était juste un groupe de métal en fait. Il me semble qu’il y a aussi un groupe de punk-rock japonais ou chinois qui s’appelle Sophia puis il y a aussi une fille aux Etats-Unis qui fait un truc du genre musique hippie (rires), je sais pas trop, je n’ai pas écouté ça (rires). En voilà donc quelques-uns et il y en a certainement d’autres encore. J’ai entendu parler de ce groupe norvégien, il y a très peu de temps, j’aimerais savoir ce que ça donne, c’est bien au moins ?

Oui, mais c’est que de la musique, il n’y a pas de chant mais j’aime bien.
Pouvons-nous dire que la musique est comme une thérapie pour vous ? Et si oui, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon c’est une thérapie ?

Oui, tout à fait. C’est très thérapeutique mais je pense aussi que c’est avant tout comme un ami qui est toujours là avec moi, c’est une façon de communiquer avec moi-même en fait. Tu sais, je vis tout seul à Londres, j’ai beaucoup d’amis mais je mène plutôt une vie de solitaire, la musique est donc la seule chose qui soit toujours avec moi. C’est donc effectivement très thérapeutique et c’est en gros aussi comme un bon ami pour moi. Parfois, c’est un mauvais ami, parfois c’est trop sincère, d’autres fois pas assez, comme un ami quoi.

Rejouerez-vous un jour des chansons de God Machine ?

Non. C’était une époque de ma vie que Austin, le batteur de The God Machine et moi-même avons décidé de laisser derrière nous. Nous en avons reparlé depuis et il y a toujours eu une certaine tristesse par rapport au fait qu’il y a beaucoup de morceaux qui n’ont jamais pu être joués sur scène. D’une certaine façon, ça serait génial de pouvoir les jouer en concert, même juste devant une poignée de personnes qui voudraient vraiment les entendre, des gens qui seraient de vrais fans de God Machine de l’époque mais en réalité, cela ne pourrait jamais être pareil. Les gens ne verraient pas God Machine, ils verraient un autre groupe reprendre les chansons de God Machine et c’était pas ça God Machine, tu sais, non, vraiment pas.

Savez-vous si vous avez le même public que the God Machine ?

Absolument pas. Je dirais qu’au début, il y avait quelques personnes qui venaient peut-être voir Sophia en concert par curiosité. Je pense que beaucoup de ces gens ont été très tristes de voir que je n’avais pas poursuivi dans la même dynamique que the God Machine. Mais je pense que les gens qui n’ont pas aimé Sophia étaient ceux qui n’appréciaient pas God Machine pour ce qu’il était vraiment. Tu sais, God Machine est né aux Etats-Unis au début des années 90 en même temps que Nirvana, Soundgarden, les Red Hot Chilli Peppers, etc. Ce sont des groupes de rock plutôt violents et les gens nous ont tout de suite classé dans la même catégorie qu’eux. Moi, j’ai toujours pensé que même si musicalement nous étions plutôt un groupe de rock, du point de vue émotionnel, nous étions différents de ces groupes. Nous voulions faire une musique très dense mais seulement dans le but d’exprimer quelque chose d’assez émotionnel plutôt que de faire de la musique avec des guitares saturées pour que les gens en prennent plein la tête. Je pense qu’avec Sophia, l’intention était la même, c’est-à-dire exprimer ce qui se passait émotionnellement à l’intérieur de moi mais la musique était différente. Je pense que les gens qui aiment les deux groupes ont compris que le noyau est le même, qu’il y a la même profondeur émotionnelle et la même sensibilité émotionnelle dans les deux groupes. Malheureusement, il a des gens qui ne voulaient que des grosses guitares. Cela dit, il y a beaucoup de gens qui se sont intéressés à Sophia au fil des années mais qui ne comprennent même pas que je puisse être la même personne que dans God Machine. Ils ne voient pas le rapport entre ces deux groupes. Tu sais, d’une certaine façon, ce sont deux groupes de styles musicaux différents mais avec quand même le même noyau. Tout dépend donc de la façon de voir les choses.

Viendrez-vous jouer en Europe après la sortie de votre album ?

Oui, sans aucun doute ! La première tournée débutera le 10 février il me semble et durera deux mois. Ensuite, nous ferons une pause de quelques semaines et nous reviendrons en Europe, nous ferons aussi quelques dates en France. Nous allons donc beaucoup tourner. Tu sais, faire des concerts, c’est important pour le groupe. Si les gens se contentent d’écouter l’album, ils ne retirent qu’une impression de moi, je ne pense pas qu’ils puissent comprendre qui je suis réellement. Je pense qu’il faut me rencontrer en personne, que ce soit en me voyant jouer en live ou après le concert quand je vends les Cds, me parler et apprendre à me connaître de cette façon. Je pense qu’il faut vraiment essayer de comprendre ça. Ce que tu entends sur l’album n’est qu’une partie de moi, à un moment de ma vie et c’est un moment que j’exprime à travers la musique, mais ce n’est pas complètement moi, ce n’est pas ma vie minute après minute. Je pense que c’est important que les gens comprennent ça, et les concerts, c’est pratique pour faire comprendre que la personne qui a composé un album n’est pas forcément la personne qui se promène la journée dans la rue. Faire des concerts, c’est donc très important pour nous, très important pour moi, vraiment.

Est-ce parce que faire des concerts est important pour vous que vous avez sorti un album live ?

Tu sais, je pense que sortir cet album live n’était en fait qu’un moyen de faire savoir aux fans de Sophia que je faisais toujours de la musique. Ça faisait quelques années que j’avais sorti “Infinite Circle”, je me suis ensuite concentré sur d’autres projets, notamment dans le punk rock. Il n’y avait aucune profondeur émotionnelle dans ces trucs, je voulais juste faire venir des amis à moi dans le studio pour enregistrer. Ça n’avait donc pas besoin d’être aussi sincère sur le plan émotionnel que ce que je fais d’habitude. Puis le temps a passé et je voulais que les gens sachent que je continuais à écrire mais je n’étais pas encore prêt pour sortir un nouvel album. C’était juste pour que les gens sachent que j’étais toujours là. Maintenant, il y a “People are Like Seasons” qui est certainement mon album préféré, il y a cette dynamique, une véritable sincérité que j’aime vraiment beaucoup. Je pense que jusqu’à cet album, c’est une sincérité que je n’avais jamais réussie à atteindre. Il y a quelque chose, en particulier dans “People are Like Seasons” qui fait que c’est vraiment un album sincère, sur tous les plans : la musique, les paroles, les différents styles de musique, les différentes structures, tout est très sincère. Pour ce qui est des paroles, je me suis vraiment ouvert plus que sur aucun de mes précédents albums, juste en acceptant le fait que je n’étais pas le centre de l’univers et que j’ai réellement une influence sur les gens qui m’entourent. Très souvent, je reconnais que ce n’est pas une bonne influence, en particulier pour les gens que j’aime, j’ai tendance à leur faire du mal et à travers cet album, j’accepte tout cela et j’essaie dans un sens, non pas de m’excuser pour ça mais plutôt de l’accepter et de réparer un peu les dégâts et le mal que j’ai fait aux gens.

“If a Change Gonna Come” a un son très rock. Est-ce, comme pour le titre, une sorte d’évolution pour Sophia ?

Oui et non. En fait, je pense que pour les fans de Sophia, “If a Change Gonna Come” est une façon de les tester, c’était une sorte de défi pour voir comment les gens réagiraient en l’écoutant. Je me souviens que quand nous la répétions, nous nous disions que nous ne pouvions pas mettre cette chanson sur l’album, ça n’a rien à voir avec Sophia. Mais le fait est qu’avec cet album, j’avais finalement décidé de dire aux gens ce qu’était réellement Sophia. Les gens avaient une idée de ce qu’était Sophia jusqu’alors et j’ai toujours su ce que Sophia était, tu vois ce que je veux dire ? Sophia a juste été un moyen pour moi d’exprimer ce que je ressentais à un moment donné et si ça a toujours été plus ou moins acoustique, c’est que c’est comme ça que je ressentais les choses à l’époque alors que maintenant j’en suis arrivé à un point où je ne ressens pas ça tout le temps. Cette chanson est donc autant du Sophia que tout ce que j’ai écrit jusqu’à maintenant, c’est moi quoi. Mais j’avoue que c’était un défi, j’essaie de défier l’idée que les gens se font de Sophia. Je suis sûr qu’il va y avoir beaucoup de fans pour qui c’est la moins bonne chanson de l’album mais je le répète, je suis sûr qu’il y a beaucoup de fans qui n’ont pas compris à quel point nous aimions cette chanson, au point que nous la jouerons en concert (rires).

Sophia a commencé comme un projet en plus de votre propre label Flowershop. Quand est-ce que ce projet est devenu plus sérieux pour vous ?

D’une certaine façon, je dirais que ça a commencé à devenir plus sérieux après “De Nachten”, quand j’avais le sentiment d’avoir atteint un autre niveau dans l’écriture des chansons, les performances de Sophia sur scène et mes liens émotionnels à tout ça et ce que j’exprimais aux gens. Je pense aussi qu’une fois l’album fini, je me suis demandé ce que j’allais en faire. J’ai alors commencé à parler avec City Slang et d’autres labels et j’ai finalement réalisé que je ne sais pas combien d’albums de Sophia je vais encore sortir. C’est peut-être le dernier, qui sait? Serai-je assez inspiré pour en écrire un autre, je n’en suis pas si sûr. Le fait est que je savais que j’avais enfin écrit un album qui résumait parfaitement la façon dont je me voyais musicalement. Et je me suis dit que si je devais un jour commencer à renoncer à avoir le contrôle sur tout, renoncer à toutes ces responsabilités, c’était le moment ou jamais. Je n’ai pas écrit cet album avec comme objectif de me faire signer. J’ai juste écrit cet album comme s’il allait sortir sur Flowershop. Je l’ai enregistré et mixé comme tous les autres albums qui sortent sur mon label. Mais je pense que cette liberté m’a permis de créer tout ce que je voulais créer. C’est pour cela que les gens se sont mis à regarder cet album d’un autre œil et je pense que j’aimerais ne pas tout faire moi-même, pour ainsi pouvoir apprécier cette expérience que je vis avec Sophia plutôt que d’être juste Sophia.

Avec votre label le Flowershop, trouvez-vous le temps de vous asseoir pour écouter de la musique ?

Oui…En fait, pendant l’enregistrement de cet album, j’ai loué une voiture qui possédait un lecteur CD et je dirais que j’ai probablement plus écouté de musique cette année que pendant les 5 dernières années réunies. J’écoutais de la musique à longueur de temps. Tu sais, le Flowershop est plutôt un label pour mes amis. Tous les groupes avec lesquels je travaille sont des gens que j’ai rencontrés par l’intermédiaire de potes, c’est comme ça que les relations se créent. Le Flowershop était un assez petit label au début. Quand j’ai lancé ce label, je faisais encore partie des God Machine et nous étions signés sur Polygram. C’était un petit label et le but était de faire jouer les groupes pour qu’un mois après, ils aient un album à mettre en vente dans les magasins. Le label a grandi petit à petit…mais il est toujours petit (rires). On va dire que c’est plus un stand qui vend quelques fleurs sur un trottoir qu’un vrai fleuriste (rires). Non mais sinon, j’écoute effectivement beaucoup de musique, j’en écoute même beaucoup plus qu’avant.

Vous disiez que l’époque de the God Machine était certainement la période de votre vie dont vous êtes le plus fier. Pourriez-vous expliquer un peu ?

En fait, je dois avouer que les choses ont changé à présent. Je dirais que ce que j’ai accompli avec Sophia maintenant, les relations que j’ai développées avec les gens que j’ai rencontré grâce à Sophia, tout cela fait que ce n’est plus comparable à ce que j’ai vécu avec the God Machine. Avec the God Machine, nous avons traversé beaucoup d’épreuves et vécu beaucoup de choses Austin, Jimmy et moi-même. A l’époque, c’était plutôt nous trois contre le reste du monde, c’est comme ça que nous étions et c’est comme ça qu’on était avec les gens. Mais maintenant, avec Sophia, c’est très bizarre. J’ai l’impression que c’est moi et les fans de Sophia contre le reste du monde, c’est comme une famille pour moi. Il y a des gens que je connais qui ont commencé à sortir ensemble au moment de la sortie du premier album, ils étaient mariés quand le deuxième album est sorti puis ils ont eu des enfants. Je connais ces gens depuis tout ce temps. Partout où je vais, je fais des interviews avec des gens que j’ai déjà rencontrés trois ou quatre fois, des gens que je connaissais déjà quand je faisais encore partie de the God Machine. J’ai l’impression que ce que j’ai accompli prouve qu’il est possible de s’en sortir tout seul mais qu’on a besoin du soutien de gens qui croient en notre musique. C’est ce que j’ai remarqué, en particulier pour « De Nachten ». Juste après la sortie de cet album, nous avions fait une tournée acoustique et le soutien que j’ai eu du public de Sophia à l’époque était fantastique. Ca faisait près d’un an et demi que nous n’avions rien fait et la réponse du public, cette gratitude dont ils ont fait preuve, c’était merveilleux, vraiment.

Pensez-vous que des gens qui viennent parfois vous voir en concert espèrent voir et retrouver les God machine ?

Je pense que Sophia existe depuis assez longtemps, depuis 6 ou 7 ans en fait, pour que les gens aient conscience que Sophia n’est pas the God Machine. Ce n’est peut-être pas dû à une meilleure distribution de nos albums, je pense que c’est plutôt lié au fait qu’il y a un marché plus important derrière tout ça, qu’il y a plus de gens impliqués dans la promotion de nos albums. Je pense qu’il y a plus de gens comme ça maintenant et j’espère que les gens ne s’attendent pas à revoir the God Machine car ça n’arrivera. J’espère aussi que ces gens viendront et qu’une fois qu’ils nous auront vus, ils comprendront que la personne derrière la musique est la même, la sensibilité est la même. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il y avait des gens au début qui venaient nous voir en concert en espérant voir les God Machine, beaucoup d’entre eux sont repartis déçus. D’un autre côté, il y en avait quelques uns qui étaient très contents de voir la personne qui était à l’origine de cette musique, une personne qui était importante pour eux et qui continuait à faire de la musique dont le noyau était toujours le même : une musique qui venait toujours de mon cœur et qui avait toujours cette même sincérité. Et quelques-unes de ces personnes me suivent depuis le début, depuis qu’ils ont entendu Sophia.

Une de mes chansons préférées est “SO SLOW”. Est-ce une chanson autobiographique ?

Tout à fait. Toute la musique de Sophia est autobiographique et cette chanson plus particulièrement. C’était la première chanson que j’ai écrite après le décès de Jimmy, le bassiste de the God Machine. Il a fallu attendre environ un an avant que je puisse rejouer d’un instrument. Austin avait vendu tout notre matériel et nos instruments après le décès de Jimmy. Tu sais, le groupe était mort, je ne faisais plus de musique, j’avais commencé à concentrer toute mon attention sur Flowershop, et à produire des disques. Je n’avais même plus de guitare. Et « So Slow » fut donc la première chanson que j’ai écrite après le décès de Jimmy, c’était aussi la première chanson qui m’a fait prendre conscience que je me servais de la musique pour surmonter les épreuves difficiles. Ca m’a permis de comprendre le sentiment de culpabilité que je ressentais par rapport au décès de Jimmy, comprendre cette souffrance. Il a fallu que je mette de l’ordre dans mes sentiments, ça m’a permis de tirer un trait sur the God Machine et continuer à grandir. Extérieurement, pour les gens qui m’entouraient, je n’avais pas l’air si négatif que ça, j’essayais au contraire d’être positif et sociable mais en réalité, intérieurement, j’étais très négatif, très triste et très malheureux à cause de tout ce qui se passait dans ma vie. Quand Jimmy est parti, je trouvais ça injuste…C’était quelqu’un de toujours très positif, quelqu’un d’absolument merveilleux, pourquoi quelqu’un comme lui devait décéder de cette façon alors que moi j’étais toujours là, pourquoi ? C’est de ça que parle cette chanson, de la nécessité d’accepter le fait que ce sont des choses qui arrivent, il faut juste essayer de retirer les bons côtés de ces mauvaises expériences et de continuer à vivre avec ça plutôt que de retenir que les mauvais côtés et se morfondre.

Si tu devais résumer ta musique en trois mots, quels seraient-ils ?

Hmm…NE-PAS-SAVOIR (rires).

 

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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
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Cinéma avec :

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"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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