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Seules au bout de 23 secondes  (Vicious Circle)  février 2009

C’est presque "par effraction" que les Mansfield.TYA se sont immiscées dans nos vies, voici quelques années… Lors d’une soirée où elles n’étaient pas conviées : au Festival des Inrocks, le 4 novembre 2005, nous étions venus applaudir Cat Power, et subir/découvrir les groupes qui la précédaient (les lourdingues The Rakes et Test Icicles ; les plus subtiles The Organ… qui viennent malheureusement de se dissoudre).

Au milieu du programme, alors que l’attraction vedette tardait toujours à paraître, nous avions vu débouler sur scène ces parfaites inconnues pour un interlude impromptu. La chanteuse garçonne à voix écorchée grattait jusqu’à l’os une guitare maigrelette, tandis que sa brunette complice déployait une multitude d’instruments (violon, piano jouet, accordéon) pour offrir un contrepoint tendrement harmonique à l’aridité de sa copine.

Leurs chansons tendues, hérissées de colère et d’émotivité bravache, firent belle impression et contribuèrent à sauver un peu la soirée (puisque, une fois n’est pas coutume, le concert de Cat Power s’était ensuite avéré très décousu ; sans doute imbibée, l’américaine avait interrompu presque chaque morceau en s’excusant comme une gamine, plutôt pathétique).

Dans la foulée de cette découverte, l’écoute du premier album à peine sorti (June) avait confirmé notre attirance pour ces artistes. Leur univers, déjà bien posé, oscillait entre français et anglais, rage et passion, humeurs nerveuses et dépressives parfois rehaussées par quelques ballades sentimentales du plus bel effet : "Mon Amoureuse", en particulier, qui tourna un peu sur les radios et contribua encore à les faire connaître.

Globalement, leur musique nous rappelait celle produite par Dominique A et son égérie Françoiz Breut. Le grand Nantais, sans doute conscient de cette parenté, dit tout le bien qu’il pensait des donzelles et leur offrit même des premières parties. En retour, elles s’approprièrent un de ses titres ("En Secret", tiré de l’album Auguri) et en livrèrent une version idéale, dépassant presque l’originale.

4 ans et quelques petits projets plus tard (notamment le mini-CD Fuck, en 2006), nos harpies musiciennes sont donc de retour avec ce deuxième album, marchant dans les traces encore fraîches du premier.

Les morceaux évoluent toujours dans une veine chanson rock indé-dépressive : on retrouve les mêmes structures minimales (souvent pas plus de quatre accords) et répétitives (dans le bon sens du terme : insister/marteler pour faire entrer ça dans la tête) grimpant crescendo vers une intensité finale décuplée. Et toujours aussi, de temps à autres, ces histoires de filles qui aiment les filles…

Le sillon ici arpenté est donc EXACTEMENT le même que celui creusé sur le premier opus. Cet univers d’emblée si bien posé, il ne fallait sans doute pas s’attendre à le voir révolutionné trop vite… Selon l’humeur, on pourra y voir une qualité ou d’un défaut : de notre côté, nous sommes enchantés de retrouver le style et les thématiques qui nous avait tant plu la première fois. Mais d’autres, plus rabat-joie, pourraient aussi juger la mèche un peu courte, et parler de ressassement, formule, systématisme, gna gna.

A nos yeux, l’album est encore très cohérent, et ne connaît quasiment pas de baisse de régime. Plutôt qu’un titre à titre, on se contentera donc de pointer certaines chansons parmi les plus inspirantes : "Long Ago", qui ouvre le disque sur une fausse piste ensoleillée, est la seule chanson légère de l’opus et prouve que les Mansfield.TYA sont aussi capables d’écrire de superbes mélodies pop. A contrario, "Des Journées Ordinaires" dépeint le quotidien déprimant d’une jeune femme trop lucide sur elle-même ("Je regrette, je m’excuse, je suis juste un être primaire…") et le monde qui l’entoure.

Un peu plus loin, "Wasting My Time" impressionne par sa montée en puissance et son refrain final (bouche) en chœur. De même, "Déprogrammé" confronte une première partie pianistique plutôt douce à une deuxième moitié hurlée-saturée aux paroles brutales ("J’aurais aimé qu’tu mettes des coups d’poings dans les murs"). Et sur un mode sentimentalement plus positif, "You’re the woman (who released me)" cherche du réconfort dans le regard d’une héroïne longtemps convoitée.

[Note : pour prolonger l’expérience et entendre une facette plus déconnante de la chanteuse de Mansfield.TYA (Julia), on recommande d’urgence l’écoute de son groupe "parallèle" Sexy Sushi. La belle garçonne y développe, avec un autre complice aux syntés-boîtes à rythmes, un électro-clash sexy et bastonneur très réjouissant, à mille lieux des ambiances plombées évoquées ici]

 

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L'interview de Mansfield Tya (15 février 2006)

En savoir plus :
Le site officiel de Mansfield.TYA
Le Myspace de Mansfield.TYA
Le site officiel de Sexy Sushi
Le Myspace de Sexy Sushi


Nicolas Brulebois         
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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
"Un moment musical chez les Schumann" de Cyrielle Golin & Antoine Mourias
Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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