Dans
le magnifique Réféctoire
des Cordeliers, mis à sa disposition par la Mairie
de Paris, l'Université Paris Descartes
présente une remarquable exposition consacrée
à représentation de la maternité dans l'art
classique et l'art premier.
Cette exposition est onstituée d'œuvres provenant
essentiellement de collections privées et de prêts
du Musée des Beaux Arts et d'Archéologie Joseph
Déchelette à Roanne.
Conçue et scénographiée par le commissaire
d"exposition et historien d'art Yvan
Brohard, elle entraîne le visiteur dans un voyage
dans le temps et dans l'espace à la découverte
d'une thématique intemporelle et universelle.
Yvan
Brohard a su exploiter les qualités exceptionnelles,
mais également les contraintes d'un lieu classé
au volume conséquent, qui lui ont fourni les clés
même d'une scénographie dépouillée
et très réussie.
Elle tient à la mise en valeur, et en lumière,
dans un espace à la l'éclairage naturel très
tamisé et diffus conférant une atmosphère
de sérénité et beauté propice en
l'espèce à la thématique retenue, d'une
pertinente sélection d'oeuvres.
"Maternités - un monde
d'amour et de tendresse"
Ressortissant principalement de la statuaire, les oeuvres sont
présentées sur socle sans vitrage, sauf pour les
petites pièces, dans les deux espaces structurés
par les piliers centraux qui, là encore, qui favorise
leur proximité, concourent heureusement à la
monstration choisie par le commissaire qui tient à l'évolution
de la représentation de la maternité.
Cette évolution, qui est commune à l'art, tient
à la représentation première comme objet
de culte et moyen d'intercession avec le sacré et le
divin. Présentes dans toutes les ethnies, exécutées
dans tous les matériaux, les maternités dites
"assises" représentent d'abord la déesse-mère,
la matrice originelle, la terre, d'où la symbolique de
la fertilité et de la fécondité qui y est
attachée
L'œuvre
la plus émouvante est sans aucun doute celle de la maternité
animalière en bois venant du Népal, d'une épure
totale, représentant une femelle singe et son petit,
dont la délicatesse d'expression repose dans l'embrassement,
l'échange de regard et les traits quasi humains.
Elles vont évoluer en maternités "debout"
dans des attitudes moins hiératiques qui tendent à
une figuration plus humaine écartant la figure de l'idole
ou de l'image religieuse pour y substituer celle de mères
humaines ce qui n'impliquent pas qu'elles deviennent purement
profanes.
Des
pièces étonnantes, comme les vierges d'accouchées
en faience du 18ème siècle, la statue de Sainte
Anne trinitaire italienne du 15ème siècle et l'aisselier
népalais, voisinent avec les incontournables vierges
à l'enfant, thème récurrent en peinture
et en sculpture religieuse chrétienne, telle la belle
vierge de tendresse du 16ème siècle espagnol.
Réalistes, symboliques, polychromes ou en calcaire blanc,
ces maternités plurielles entrent en résonance
avec les photos-portraits contemporains de Patrick de Wilde
notamment par la similtude d'attitude.
Une belle exposition à entrée libre à
ne pas rater avec en événements collatéraux
des conférences dont la dernière, assurée
par Brigitte Bouret, conservateur en chef du patrimoine au Musée
Déchelette, aura lieu le 6 mai 2009. |