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puce Une image peut en cacher une autre
Grand Palais  (Paris)  Du 8 avril au 6 juillet 2009

Pour ce printemps, le Réunion des Musées Nationaux présente au sein des Galeries Nationales du Grand Palais une exposition originale au titre en forme de boutade "Une image peut en cacher une autre".

Le commissaire Jean-Hubert Martin, conservateur général du Patrimoine, assisté de Dario Gamboni, historien de l’art, propose au visiteur "ordinaire", qui n'est pas un historien d'art, une approche de l'œuvre d'art sinon différente de celle première du moins complémentaire en prolongeant l'émotion esthétique ou sensitive par une analyse éclairante.

Une approche didactique et ludique, un jeu de piste érudit et de résonances, qui s'effectue à partir d'oeuvres qui se prêtent à des lectures plurielles, afin de percer leur secret, de découvrir leur sens caché et d'une certaine manière, par ce comportement "actif", concrétiser l'interactivité voulue par l'artiste et renouer le dialogue intime qu'il a initié nonobstant l'écoulement du temps.

Avec un très grand nombre d'oeuvres, plusieurs centaines de peintures, dessins, gravures, sculptures et films sans unité ni de style, ni de thématique, qui embrassent toutes les périodes et toutes les latitudes, l'exposition prend la forme d'un vaste cabinet de curiosités qui transporte le visiteur dans un véritable retour vers le futur de l'histoire de l'art, de l'art du paléolithique à l'art contemporain.

La scénographie de Véronique Dollfus est particulièrement réussie avec un vocabulaire esthétique cohérent avec le parcours chronologique de l'exposition depuis les cimaises au tons chauds des premières salles, avec le bel espace vitrine pour la nature artiste et les miniatures mogholes, pour s'achever avec le white cube de la salle consacrée aux aux images doubles tridimensionnelles de Markus Raetz.

L'alignement parallèle de cimaises centrales ménagent des espaces privilégiés pour la monstration d'appariement d'oeuvres, des ilots thématiques ou de résonance qui créent des ruptures dans un parcours essentiellement chronologique. Seul regret, peut être, la trop sage salle panoramique réservée à Dali.

"Que ceux qui ont des yeux voient"*

Le double propos de l'exposition consiste, à partir du caractère sinon équivoque du moins non univoque de certaines oeuvres d'art, d'une part, à aiguiser le regard pour en dévoiler le sens caché ou leur propension à ouvrir le champ des points de vue et, d'autre part, à nourrir une réflexion, aux incidentes quasi politiques, sur la subjectivité incontournable de leur perception et de leur analyse.

Le postulat réside dans la perception de la réalité qui est toujours transformée de manière plus ou moins perceptible par le prisme de l'œil, une transformation mécanique, puis par le cerveau de celui qui analyse l'image à la lumière de son vécu qui modifie l'image de la réalité en une vision au sens de perception et la pré-interprète. Relativité qui n'est pas réservée au vulgum pecus et donc qui suggère de faire preuve de discernement face aux analyses des historiens d'art.

 

 

Quels que soient la motivation de l'artiste, du jeu d'esprit au message crypté, de la technique utilisée, de l'image double aux anamorphoses, et du degré de visibilité, de l'implicite au patent, le panorama est large et ne répond pas à une logique spatio-temporelle.

Ces procédés sont intemporels et l'exposition met en évidence des résonances troublantes à travers les siècles tels les perspectives impossibles d’Escher et les prisons imaginaires Piranese, les vases aux profils en creux de Jaspers Johns et ceux de Raoul Marek, "Le lit défait de Delacroix et "L'homme dans les draps" de Alain Fleischer et les portraits-visage de Josse de Momper et de Dali.

Toutefois, ces œuvres s'inscrivent toujours dans le questionnement métaphysique de l'homme et sa quête du divin.

Le 20ème siècle, avec l'avènement de l'inconscient, constitue une charnière entre le symbolisme religieux qui a présidé, illustré par exemple par la figuration à double image de Durer, les images du hasard de Mantegna et paysages de Heri met de Bles et la cosa mentale, la projection de soi et l'introspection à travers notamment l'onirisme surréaliste au rang desquels, entre autres, Dali et sa paranoïa-critique, Man Ray, Magritte, l'anatomie du désir vue par Hans Bellmer et les œuvres à propositions multiples telles le "Cauldron" de Tony Cregg.

L'exposition permet de découvrir des œuvres étonnantes comme la carte "Allégorie de genre" de Marcel Duchamp, carte de l'Amérique avec le profil de Washington, la "Tête de taureau" de Picasso fait d'une selle et d'un guidon de vélo, "Le moine" de Elmar Trenkwalder et sa nouvelle Trinité, Dieu, l'homme et la femme, la sculpture d'animaux empaillés de Tim Noble et Sue Webster dont l'ombre portée révèle le profil des artistes ainsi que les dessins préparatoires de l'emblématique tableau aux huit scènes de Dali, "L’énigme sans fin".

A noter que l'exposition accorde un focus particulier sur les portraits composites de Arcimboldo, les images à figurations multiples de Dali avec des toiles majeures comme "Le grand paranoïaque", "Les trois âges", "Transition" et les illusions d'optique de Markus Raetz.

En raison de son abondance, de son intérêt et de l'affluence qu'elle connaît, cette exposition se mérite et implique non seulement de la patience, de la disponibilité et de la sagacité mais également de prévoir le temps nécessaire pour "jouer le jeu"- dans la mesure où tous les sens cachés ne sont pas dévoilés par un cartel - et à cet égard la lecture du catalogue relatif à l'exposition n'est pas superfétatoire.

* Herri met de Bles

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique du catalogue de l'exposition

En savoir plus :

Le site officiel de la Réunion des Musées Nationaux

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la Réunion des Musées Nationaux


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# 7 mars 2010 : La France a peur ...

34 ans après cette célèbre phrase de Roger Gicquel, qui vient de nous quitter, la France n'est pas forcément dans un meilleur état aujourd'hui. Mais comme il le disait aussi, ne nous laissons pas abandonner à ce sentiment ! Alors filons sans plus attendre vers le sommaire de la semaine, riche en musique et en théâtre, entre autres :

Côté musique :

"Yayaya" de Eldia,
"The Magician's Private Library" de Holly Miranda,
"El Turista" de Josh Rouse,
"Heartland" de Owen Pallett,
"Tourist History" de Two Door Cinema Club,
Erin McKeown en interview revient sur "Hundreds of Lions" son nouvel album accompagnée d'une jolie session acoustique.
Le festival des Nuits de L'alligator avec :
Hell's Kitchen Bob Log III et Mustang le lundi à la Maroquinerie,
Honkeyfinger, The Agitator, Asaf Avidan & the Mojos et Vieux Farka Touré le mardi à la Maroquinerie,
Triggerfinger, Radio Moscow et James Chance & les Contorsions le mercredi à la Maroquinerie,
Eldia, Jeremy Jay et Josh T. Pearson le jeudi à la Flèche d'Or,
Iswhat? et Dustaphonics le vendredi à la Maroquinerie,
Clues, Turner Cody et She Keeps Bees le samedi à la Maroquinerie,
et Henry's Funeral Shoes, Honkeyfinger et Bob Log III à la Péniche de Lille
et 30 Seconds to Mars et Street Drum Corps à l'Aéronef de Lille,
Une session acoustique de James Levy, actuellement en tournée en France

Au théâtre :

"Les fausses confidences" au Théâtre de la Commune
"Prosper et George" au Théâtre Le Lucernaire
"Troubles" à la Maison des Métallos
"Los demonios " au Vingtième Théâtre
"Maelström excrémentiel" au Théâtre Les Déchargeurs
"Dysmopolis" à La Loge
"Méliès, cabaret magique" au Théâtre de la Vieille Grille
"The telephone ou l'amour à trois..." au Théâtre Les Déchargeurs
des reprises à ne pas rater :
"O Carmen" au Théâtre du Rond Point

"Un inconvénient majeur sur l'échelle des valeurs" au Théâtre Paris Villette

Lecture avec :

"Dérive" de Isabelle Garna
"Perdu en chemin" de Ruth Kluger
"Eternels instants" de Edgar Kosma

Expositions avec :

"Frédéric Chopin - La Note bleue" au Musée de la Vie Romantique
et toujours à l'affiche "elles@centre pompidou, artistes femmes dans les collections du Musée National d'Art Moderne" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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