Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Monty Python Flying Circus au micro : Yvan Garouel
Interview  (Paris)  février 2004

Charles Ardillon et Grégoire Bonnet, ses complices des Monty Python, nous avaient prévenus : Garouel est un fou. Un fou ? Oui un fou de théatre. Nous avions donc hâte de le rencontrer et ce fut un vrai régal.
Yvan Garouel acteur et metteur en scène est aussi un humaniste et un passionné indéfectible du théatre vivant, celui qui se crée et se joue dans l’ombre des grandes salles empourprées.

Tout pour que vive le théatre et qu’il nous rende plus grand.

Yvan Garouel a déjà un joli CV : acteur, metteur en scène. Pouvez-vous nous brosser le portrait d’Yvan Garouel : sa formation, sa vie, son œuvre ?

Yvan Garouel a commencé très jeune. Il ne s'est pas tourné tout de suite vers la comédie. C'est un touche à tout ce qui pose parfois problème parce que les gens ont du mal à le situer.

J'ai joué Racine en robe de bure dans des cryptes, j’ai joué des comédies, je fais de l'impro, du théatre de rue, et puis des courts métrages expérimentaux, je joue dans des séries télé et dans des films d’auteur…Donc parfois, et surtout, les institutionnels qui ont besoin de nous mettre dans des cases, ont du mal à me situer mais moi je revendique absolument toutes ces formes d’expression artistiques, chacune ayant sa place. Je suis passé par des cours, mais cela est tellement vieux car je suis plus vieux que j'en ai l'air grâce à la nature, et non à la chirurgie esthétique.

Vers 17 ans, j’ai fait le cours Simon, Studio 34, l’école Claude Mathieu et j'ai commencé tout de suite à monter mes propres spectacles, 25 spectacles, presque toujours d’auteurs contemporains même si ce sont des classiques contemporains.
Et puis je me suis passionné pour les petites formes, j’aime beaucoup le théatre d'identification, très proche du public, dans de petites salles.

Artistiquement, je suis très en accord avec cela mais financièrement c'est problématique. Mais dans l’art on ne doit pas faire de concessions à la finance. Donc je continue des formes de spectacle très vivantes, miroir de l'homme dans lequel on peut se reconnaître. Le spectacle qui utilise toutes les formes d’expression, aussi bien le rire que la tragédie. Puis surtout grâce à la Ligue d’improvisation que j’ai investi en 1986, je me suis pas mal porté sur le comique, sur une forme d’humour de l'absurde et j'étais fan des Monty Python depuis les années 70 et quand Thomas Le Douarec m’a proposé le spectacle des Monty Python Flying Circus, j’ai beaucoup œuvré, insisté pour avoir le rôle car j’avais tout vu depuis 30 ans. J’étais fan de leur humour dans l’intelligence. Je n’aime pas trop ce qui nivelle par le bas, je préfère quand ça vole haut. Et les Monty Python ça vole haut. Il n’y a pas qu’eux d’ailleurs. Je viens de regarder la série Palace qui est géniale.

Vous aviez déjà travaillé avec Thomas Le Douarec ?

Oui j'ai joué dans Vol au dessus d'un nid de coucou. Je l'ai connu au théatre du nord ouest, dans lequel j’avais déjà monté plusieurs spectacles, à l’occasion de l'anniversaire du directeur du théatre. J’ai fait une impro où je l’ai imité en le caricaturant et Thomas a absolument voulu qu'on travaille ensemble. Thomas fait partie des gens dont j’aime le travail et la pratique car qui dit rire et populaire ne dit pas forcément concession à l’intelligence. Il est très intelligent, c’est un intellectuel, pas un intello, et a énormément le sens du spectacle. J'espère que ce ne sera pas notre dernière collaboration car je m’entends très bien avec lui.

Vous dites que vous avez beaucoup œuvré pour avoir un rôle dans le spectacle des Monty Python. Jusqu’à quelles turpitudes ?

Je ne devrais peut être pas dire cela parce qu’il s’agit du privé mais il se trouve que Thomas n'est pas homosexuel donc je n’ai pas pu coucher avec lui …et je le regrette, moi non plus en fait…Jusqu’où suis-je allé ? Dans ce métier il faut toujours être sincère. Il n’est pas vrai qu’il faut être opportuniste, faire de la lèche mais par contre quand vous appréciez le travail de quelqu'un, il faut lui dire. Il ne faut pas rentrer chez soi sans rien dire, ça s'appelle de l'orgueil, et personne n’a jamais réussi à travailler en étant orgueilleux. Les gens qui restent chez eux en se disant Moi, j'ai du talent ils ont qu'à le savoir et à m’appeler, ça ne marche pas. Donc moi j’essaie de ne pas mentir, de garder mon âme, je reste poli. A Thomas, j’ai dit simplement "Je Veux le faire" avec un grand V. Je suis aussi metteur en scène et je sais que les metteurs en scène ont aussi besoin d’être désirés. Quand on est comédien, on croit que les comédiens sont demandeurs. Mais non pas du tout, les metteurs en scène ont besoin de nous.

Si vous dîtes : Toc, toc, bonjour, j’aimerais beaucoup jouer avec vous, bein non j’ai pas besoin de vous. Non ! Moi je suis une valeur ajoutée dans votre spectacle et je le crois sincèrement. Vous avez besoin de moi. Et c’était le cas. J’étais vraiment persuadé que j'étais fait pour jouer les Monty Python et j'ai fait en sorte de le lui faire comprendre. Car les metteurs en scène hésitent souvent. Ils n’ont qu’une trouille, ils ont peur des gens qui cachetonnent, d’autant qu’il est difficile de trouver du boulot dans ce métier. Ils veulent des gens enthousiastes, pas des gars qui courent après le cachet et je me suis retrouvé avec Gregoire Bonnet avec qui j'avais bossé, j'ai connu les autres. Et je crois que Thomas ne s'est pas trompé, ni le producteur Rémy Renoux. C’est une très très belle aventure.

Justement, pour vous comédien, quelles sont les joies et déboires des Monty Python? Et y a-t-il un terme à cette aventure ?

Très important (ndlr : entre 2 olives). Cette aventure n’a pas connu, dans le courant, de déboire, même si un soir ça se passe mal mais on se rattrape le lendemain. Cette aventure a connu un grand déboire qui est l’interruption brutale du spectacle à l’Européen alors qu'on aurait voulu continuer. Ça se passait bien, nous étions à l’aise dans ce lieu, le public était ravi. Donc c’est dommage.

Mais vous savez le théatre c'est une affaire de fous, personne ne fait fortune avec le théatre. L’économie du théatre est tellement à flux tendu, tout le théatre est subventionné y compris le théatre privé, il n’existe plus de petites compagnies indépendantes, que à part réunir 2 grandes stars au Zenith, et encore...Moi j'ai produit un spectacle qui a marché, Les acteurs sont fatigués qui a fait 6 millions de chiffre d’affaires, et bien il reste pas grand chose après le passage de monsieur TVA, monsieur colonne morice, monsieur droits d’auteur, monsieur l’URSSAF, les impôts, monsieur la salle, avec cependant un prix de place assez élevé .... et il ne nous reste même pas le minimum syndical.

Le théatre est une affaire de fou et pour être un bon producteur, il ne faut pas être insomniaque. L’aventure à Paris, pour le moment, est terminée. Parce que des spectacles des Monty python, on peut en monter 5 il y a plus de 1000 sketches. Actuellement,, nous attendons des réponses pour jouer à Londres, Edimbourg, Avignon ...
Et l'actualité c'est le DVD que je trouve très bien fait autant dans son contenu que dans sa forme pour naviguer. Je conseille, et c’est un secret, la version commentée, c'est de la folie. Nous étions enfermés dans une salle pour commenter sans montage les quatre heures de spectacle. Au bout d'un moment, ils ont fait venir des bouteilles de pinard et c'est parti en vrille, car on n’a rien à dire, on connait par coeur et en fait on est parti dans un délire surréaliste qui n’a rien à voir avec le spectacle, ce qui est unique à mon avis dans l’histoire des versions commentées sur dvd.

Charles Ardillon et Grégoire Bonnet ont insisté sur la folie de l'aventure dans la mesure où vous répétiez le 2ème spectacle en jouant le premier.

Oui de la folie, parce que dans le théatre privé les choses se font à toute vitesse, les décisions se prennent très vite, donc le temps de choisir les sketches, de les apprendre, il ne restait que 10 jours pour répéter. Mais nous nous connaissions et nous avions répété le 1er donc on s'est vite distribué les rôles. Nous sommes des gens qui avons beaucoup de fantaisie, ce qui permet à l’acteur pas simplement de dire la chose avec justesse mais également d'apporter des petites nuances.

Je crois que la fantaisie il n’y a rien de mieux pour jouer la tragédie, ça évite d'enfiler des perles pendant un monologue de Racine. Dans le récit de Théramène, vous pouvez parler très naturellement mais c’est quand même chiant au bout d’un moment. Si vous avez de la fantaisie que vous mettez au service de la situation, tout à coup, tous les 2-3 vers, il y aura de minuscules traits de comédie dont vous avez l’idée qui ne sont pas des effets énormes, genre se lever, prendre un verre ou quoi mais juste ce qu'il faut au service de la situation psychologique. Il y a de l’invention.
Donc les Monty Python se sont montés très vite. Un type comme Grégoire Bonnet, c'est pas pour lui lancer des fleurs mais parfois il faut même l'arrêter car il a une invention tous les 3 mots donc au bout d’un moment ça deviendrait trop riche et quand on joue dans 3 jours, il faut que ça se fixe.

Donc de la folie mais dans le bonheur, dans la fatigue car il fallait jouer le soir, dormir un peu et apprendre son texte le matin et répéter l’après-midi. Mais dans le bonheur, car quand un metteur en scène vous dit qu’il est enchanté et qu’on enchaîne sur un deuxième spectacle, vous êtes ravi et vous dormez un peu moins pendant 3 semaines voilà. C’est très gratifiant et valorisant.

Vous avez évoqué la répartition des rôles pour le 2 mais qu’en a-t-il été pour le 1 ?

C'est Thomas qui avait le dernier mot. Il nous faisait faire des lectures texte en main, en jouant un peu et prenait des décisions selon des critères que nous ne connaissions pas toujours. Chacun d’entre nous pouvait tout jouer, la preuve, il y a Marie Parouty, alors qu’il n’y a jamais de rôle féminin dans les Monty, qui joue merveilleusement des rôles tenus par des hommes.

On peut tout jouer mais il y a des questions d’équilibre. Thomas construisait en même temps car la construction générale du spectacle n’existait pas. Il y avait des dizaines de sketches et il fallait n’en garder que 25.

Donc nous jouions au gré de notre fantaisie pendant que Thomas construisait avec le sens de la globalité du spectacle. Par exemple, il était hors de question que Marie ne joue que la potiche. Les Monty avaient des filles potiches, enfin au second degré pas comme sur TF1 ou ce sont des vraies.. d’ailleurs elle l’a dit immédiatement qu’elle refusait de jouer les potiches.

Ainsi moi, Yvan Garouel, je me suis retrouvé à jouer les potiches habillé en femme et c'était très drôle et beaucoup plus drôle de me la faire jouer, moi qui n’ai pas le physique de l’emploi, plutôt que de le faire faire par Marie qui est une fort belle jeune femme...(ndlr : il se rapproche du micro, sur le ton de la confidence)

Donc pas de ressentiment, de déception ou de compétition quand la liste des rôles a été arrêtée ?

Non car cela n’est pas arrivé d’un coup mais se faisait petit à petit et parfois on changeait la distribution au dernier moment alors il y avait des discussions "moi je la'vais bien travaillé ..." "oui mais tant pis !" .
De toute façon, le metteur en scène a toujours raison même quand il a tort car on peut monter un spectacle de mille manières différentes. Ce qui compte c’est la cohérence et c’est le spectacle de Thomas Le Douarec. C’est sa patte. On aime ou on n’aime pas, cela est un autre problème. Donc nous les acteurs nous discutions comme dans la vie pour convaincre. Il y avait de la passion, de la gueulante comme entre gens qui s'aiment. Et parfois, Thomas s’est laissé convaincre.

Donc vous êtes partant pour la suite ?

HOULA OUI !! On nous propose des grands théatres dans le west end londonien, je ne sais pas si cela va aboutir mais c'est le rêve. Nous avons déjà joué à Londres en surtitré. C’est à la fois une grande leçon d’humilité et à pisser de rire. Et c'est dans l'esprit Monty Python que des français, des frogs, jouent leur sketches alors qu’aucun anglophone n’a les droits. C’est fou cette histoire ! Ces français dont ils se sont tellement moqués avec gentillesse qui viennent braver les anglais sur leur propre territoire ! Et cela a très bien marché à Londres et encore plus à Edimbourg où nous avons joué sur une série. Il s’agissait d’un galop d’essai pour voir si ça fonctionnait et ça a fonctionné. La suite est une affaire de production car c'est encore plus cher de monter les spectacles en Angleterre.

Les deux spectacles ont bien marché à Paris même s’il n’ont pas eu un grand le relais médiatique.

Oui, c’est exactement cela. Cette histoire de médias est très compliquée.
Autrefois il y avait des journalistes qui étaient des érudits de théatre, d'accord ou pas d'accord mais on pouvait s'y fier. Maintenant, il n’en reste que 2 et le reste c’est du n’importe quoi. Il y a un grand manque d’intelligences. Les critiques étaient intelligents et constituaient un peu l’élite des journalistes. J’ai vu une pigiste qui était passé du sport à la culture, vous vous imaginez…

Et puis, les critiques sont devenus des idéologues. Vous avez par exemple, pour ne pas les citer, certains critiques du Monde ou de Libération qui ne se rendront jamais dans un certain théatre parce qu’ils ont décidé que ce théatre faisait de la merde. Mais dans ce théatre, comme dans tous les autres, il y a des bons spectacles, parfois des spectacles moins bons et parfois des spectacles extraordinaires. Ils ont décidé de ne pas y aller parce que ça n’est pas snob, pas branchouille.
On est dans le règne de la branchouille au niveau critique et c’est un peu dommage d’autant qu’il y a une grande ignorance des formes de théatre vivant. Les gens ne sont pas curieux et sont persuadés que ce qu'il se passe dans les petites salles n'est pas de qualité.

Par ailleurs, la presse écrite a perdu beaucoup d’impact. En 84 j'ai eu 2 colonnes dithyrambiques dans le Monde et le théatre était bourré. Jusqu’à la dernière, les gens venaient avec l’article découpé. 10 ans après, en 94, 2 colonnes dithyrambiques dans le Monde et pas un spectateur de plus. Il y a donc un vrai problème. On se rend compte que ce qui fait venir le public c’est la télévision. J’ai connu un théatre où les gens appelaient pour réserver le spectacle de Canal parce que les acteurs avaient été interviewés sur Canal plus. C’était bourré et les gens ne connaissaient même pas le titre du spectacle. Il faut donc faire une télé et réussir sa télé. Nous en avons fait une mais nous ne l’avons pas vraiment réussi. Parce que faire une télé ce n’est pas comme faire du théatre, ce n’est pas investir un personnage , il faut être très détendu. On aurait du être plus déconneur plus détendu... dommage...

Et puis les gens se disaient les Monty Python existent déjà... ils n’ont pas compris qu'on reprenait un classique de l'humour sans essayer de les imiter, on y apportait notre fantaisie. Les spectacles étaient réussis. Mais nous n’avons pas réussi à transformer l’essai pour en faire quelque chose dans l’air du temps.

Pensez-vous qu’un titre différent aurait pû changer la donne ?

On n’avait pas le droit… sauf à mettre un titre et ajouter en dessous en grosses lettres textes des Monty Python.

Nous avons eu beaucoup de bon papiers dans la presse écrite, c'est radio télé qui nous ont manqué. D’ailleurs, ce ne sont plus des critiques. Autrefois, le critique disait Tiens j’ai vu un bon spectacle et le rédacteur en chef le suivait. Maintenant, une anecdote : un journaliste dit "je voudrais aller voir le spectacle de Luc Bondy je peux ?" son rédacteur lui répond : C’est qui ? Va plutôt interviewer Galabru"

Moi j'aime pas trop Bondy – vous êtes pas obligé de le couper dans l’interview – mais il existe ce type et il fait plein de trucs dans les théatres subventionnés et il faut en parler, il faut l'interviewer...d’autant que ce sont souvent des gens qui parlent mieux qu’ils ne mettent en scène.. donc autant les interviewer.

Maintenant les articles ou les émissions télé ne sont pas au service du spectacle mais c'est pour faire vendre le journal ou faire de la promo. Il n’y a pas d’émissions consacrées au théatre à la télé. Et encore même pas la promo du spectacle mais la promo de la radio ou de la chaîne notamment en invitant des personnages connus.

Quel est déjà ou sera l’impact de ce spectacle sur votre carrière ?

D’un point de vue personnel, ça va être un des grands moments que je n’oublierais pas. Ça a duré 2 ans, et ce n’est pas fini j’espère, et c’est un grand moment de ma vie. Il y a beaucoup de spectacles que l’on ne joue que quelques mois. On s'est très bien entendu avec les acteurs, c'étaient de grands moments d'humanité, de rire, d’émotions partagés. Ça marquera mon parcours c'est certain, ça m'aura beaucoup fait grandir.

Au niveau de ma carrière, rien n'est jamais acquis. Je ne sais pas si je suis connu même si on me dit beaucoup de bien de moi. Tout cela est très compliqué car il faut rester des artistes, des artisans. Evidemment, on a besoin d’une forme de notoriété ne serait ce que pour pouvoir faire partager au plus grand nombre ce que l’on fait, pour être "bankable" vis-à-vis d’un producteur. Des producteurs peuvent me faire confiance parce que depuis 5 ans je joue dans des spectacles à succès dans les théatres privés, qu’il a de bons papiers et que tout le monde dit que c’est un acteur remarquable. Ça aide. Des fans de théatre disent quand même "Garouel on l'aime beaucoup on va aller le voir ".

Mais faut faire attention car c'est un métier dont il faut vivre et j'en vis, je ne suis pas un artiste maudit. Il faut garder son âme, ne pas faire de concessions, faire des choses qui ont du sens. Je fais ce métier pas simplement pour passer le temps ou pour gagner ma vie mais pour changer la face du monde...Je m’explique. Cela ne veut pas dire que je suis d’une prétention démesurée. Je vais la changer d'un micron bien sur, je ne suis pas Napoléon. Moi je suis sorti de certains spectacles et je n’étais plus le même homme après. J’avais grandi. J’ai vu 89 de Mouchkine, le Mahabarata de Peter Brooks, Elvire Jouvet 40 et je ne serais pas le même homme maintenant si je n’avais pas vu ces 3 spectacles. Les acteurs ne savaient pas que je deviendrais plus grand. Or le monde doit devenir plus grand et je dois mettre mon petit grain de sable. Et je pense que des gens qui ont vu mes spectacles en ont été un peu changé et que cela améliore l’état du monde. A partir de petits microns, c’est l’histoire de l’univers qui change.

Et j'ai cette prétention d'être un artiste, de vouloir changer la face du monde, et je dois faire des choses qui ont du sens. Mais cela ne m’empêche pas de faire sans scrupule des choses pour gagner ma vie. Il n’y a rien de honteux à gagner sa vie dans un spectacle commercial. On peut d’ailleurs faire des choses artistiques et commerciales. Même dans un téléfilm où tout est assez standardisé, je fais de mon mieux pour défendre mon rôle. L’un n’empêche pas l’autre.

Donc dans ma carrière, on m’a vu dans les Monty Python et j’ai quelques projets. Et moi je prends de plus en plus confiance en moi, je sais ce que je vaux.

Vous jouez actuellement dans Le cercle des menteurs, une fois par semaine en impro donc. C’est votre actualité ?

Le cercle des menteurs, je n’y suis pas tous les lundis car nous sommes plus nombreux que les cinq acteurs sur scène et on tourne. C'est formidable. C’est un spectacle crée par les vieux de la Ligue d’improvisation et c’est de très bonne qualité. Les gens ont du mal à imaginer qu'on improvise, mais je vous assure que l’on improvise tout à partir des mots écrits par le public. Ça va durer car cela dure depuis longtemps, depuis 10 ans. J’ai fait les matchs d’impro qui continuent à l’Elysée Montmartre. J’adore l'impro, c’est aussi ma famille et puis j'ai monté Tête d'or de Claudel au théatre du nord ouest. Ça embête beaucoup de gens que je fasse les Monty Python et Tête d’or mais j’adore Tête d’or. Bien sûr, c’est un théatre un peu plus austère mais je crois que c’est très intelligible. Je l’ai monté de la manière la plus incarnée, la plus vivante, j’ai coupé tout ce qu'on comprenait pas. C’est une langue magnifique, un verbe coloré, comme Shakespeare, et c’est une pièce épique écrite d’une manière magistrale et j'ai essayé de rendre cela très vivant. Ce sont des gens qui se parlent, c'est un spectacle magnifique qui dure 2h50 , les gens sortent transcendés et moi je suis ravi !

Vous ne jouez pas dans Tête d’or ?

Non et puis j’ai une autre actualité à laquelle je tiens beaucoup. Avec 3 autres metteurs en scène Mitchell Hooper, Anne Coutureau et Carlotta Clerici, on peut les voir, enfin 2 d’entre eux, dans La mission à l’Aktéon théatre en ce moment, on s'est découvert et on a trouvé un tronc commun dans ce que l'on fait et que personne ne fait. Il faut que l’on travaille et notre point commun est que les institutions ne comprennent que ce que l’on fait est un vrai travail et résulte d’une pensée. Parce que c’est un travail où la mise en scène est subtile. Donc depuis 2 ans on travaille à expliciter ce que l'on fait. Nous avons écrit un manifeste, nous avons créé "la Lettre du théatre vivant" et un site www.theatrevivant.com. où tout est expliqué qui va ouvrir mi février. On peut ne pas aimer ce qu'on fait mais c'est un travail de recherche sur le contenu et non pas sur la forme, contrairement au théatre actuel qui est un théatre formel, de convention et nous faisons un travail de recherche sur le contenu car il est très rare de trouver de nouvelles formes.

C’est très important de formuler que nous faisons un théatre artistique et non pas hasardeux. Donc metteurs en scène très intelligents qui rebondissent entre eux … Le but a long terme est d'ouvrir un théatre et on a signé aujourd'hui au Vingtième théatre une pièce de Carlotta Clerici qui s’appelle L’envol qui se jouera à partir du 16 mars 2005 pour 40 représentations et je pense qu’on en entendra parler car Carlotta Clerici c'est du Tchékov moderne. C’est un grand auteur comme il y en a peu qui écrit des pièces structurées, pas linéaires avec un langage clair et courant qui soutient des choses profondes derrière l’anecdote, de petits dialogues très quotidiens, avec des tiroirs, les choses se dénouant les unes après les autres.

Vous jouerez dans cette pièce ?

Oui, elle m'a écrit le rôle principal et c'est un rôle en or. Je suis très très touché. Quand j'ai commencé il y a 35 ans à faire du théatre, c'était pour jouer ça. Voilà ce dont je rêvais et cela m’est offert. Après ça tout peut m'arriver, carrière pas carrière, cinéma pas cinéma…Et ce n’est pas la première fois que cela m'arrive ! J’ai une chance extraordinaire. Les Monty Python c'est aussi un cadeau extraordinaire. Et puis quelques tournages…

Et le cinéma vous attire ?

Evidemment et ça prend beaucoup moins de temps, je viens de tourner dans un court métrage de Jean Louis Milesi "Y'a pas que le pire dans la vie" avec Georges Coraface et Jean Jérôme Esposito. J’aime beaucoup Jeans Louis Milesi ; il a écrit les films de Robert Guédiguian et j'ai produit et interprété 8 de ses courts métrages. J'aime beaucoup le cinéma et je m’y sens très à l’aise grâce à ces courts métrages avec des plan séquence de 10 minutes, des trucs de fou ! Après ça, on peut tout vous demander. J’ai tourné avec Eric Assous dans Sexes très opposés, dans Extension du domaine de la lutte de Philippe Harel, avec Lelouch qui m’avait vu dans les matchs d’impro. Ce sont pour le moment des petits rôles, mais j’attends. Je sais que j’ai un emploi un peu tardif donc j’attends la cinquantaine. On m'a dit ce matin "tu es de la race des Michel Bouquet" ... alors après ça…

La vie est belle ?

La journée est belle. Mon agent, Michel Lambert est très bien pour me faire travailler avec des gens que j’apprécie ...Le plaisir n'est pas tout mais il faut aussi que j'ai le sentiment de grandir, d’apporter quelque chose...

C’est à triple détente : pour vous grandir, apporter quelque chose aux autres et ne pas négliger un des aspects du métier de comédien ...

Oui. Quand vous faite du cinéma vous apportez quelque chose au spectateur aussi, même les machinots sont le public et quand à la fin d’une scène, ils opinent du chef ou applaudissent, je suis exactement comme au théatre... les techniciens sont émus, rient, ce sont des spectateurs. Dans un plan d’Assous, la scène était ratée parce que le cameramen riait et la caméra tressautait !

Voyez-vous le public quand vous jouez ?

Là il faut parler du fonctionnement de l'acteur, et cela me passionne.
Pour moi, l’acteur doit être au centre de l’acte théatral et tout le reste n’est qu’accessoire. C’est le seul art qui met l’homme au centre et malheureusement dans les grands théatres l'homme n'est qu'une marionnette au service d'un code et d’une idée et je pense que l'homme ne doit pas être le vecteur d’une idée mais le vecteur de l'homme.
Il ne s’agit pas de faire de la morale, il est ni bon ni mauvais, il est l’homme. Sur scène, on est dans une situation de danger. La technique nous apprend à être à l’aise, comme une éponge, de s’imbiber pour ne pas être tendu. "Joue mou" comme disait Mastroianni, mou pour les muscles. Mais le cerveau va à toute vitesse. Bien sûr, j’ai un oeil sur mon partenaire car il faut l’écouter, ne pas balancer sa réplique brutalement, il faut aussi un œil sur son intériorité. Dirk Bogarde disait : Le public ne voit que ce qui se passe à l’intérieur. C’est pour cela qu’au théatre, il ne faut rien faire. Comme disait Jean Davy Il ne faut pas faire ; il faut être. Donc j'ai un regard sur mes mécanismes intérieurs pour les maîtriser car le public à la fin d’une pièce il est incapable de citer une phrase du texte mais il est capable de dire dans quel état tu étais.

Donc on ne peut pas tricher, pas faire semblant. Ce n’est pas en mettant la tête de coté que l’on est triste. Il ne faut pas être triste mais mettre en jeu les mêmes mécanismes que la vraie tristesse au service du bonheur du public. Et de votre bonheur en retour. Tout cela crée une catharsis. Et vous avez aussi un œil sur le public. Tiens il y en a un qui change de fesse sans bruit au fond de la salle. Il doit commencer à s’ennuyer. On voit tout cela, ou plutôt on sent tout. On les sent individuellement et globalement. Là je les perds, pourquoi ? Le lendemain il faut changer un truc que le public ne voit même pas , c'est rien du tout mais pour nous ça change tout.

Il ne faut pas aller chercher les spectateurs car vous devenez démonstratif et cabotin et il faut au contraire aller vers la sobriété et c’est là que vous ous rendez compte que le public se tend vers vous pour vous atteindre. On découvre cela à force de jouez. Parfois vous avez un trou de mémoire, vous voyez défiler des pages de textes et vous pensez que cela a duré des minutes entières et en fait votre partenaire vous dit "holà ça a dû duré 3/4 de seconde". Parce que vous êtes dans une situation de tension même si le but est de faire croire au public que vous entrez sur scène comme chez vous. Ça c’est le métier, le talent.

Est-il plus facile de faire rire que de faire pleurer ?

On dit plus souvent le contraire, c'est très à la mode, mais je me méfie de la pensée unique et des lieux communs, de dire c'est très difficile de faire rire les gens... pas du tout c'est très difficile de bien jouer ! Et des gens qui jouent correctement y'en a beaucoup mais des gens qui jouent divinement, il y en a très peu. Des gens qui parlent juste, qui font semblant d’être vrais, il y en a beaucoup mais qui jouent leur vie, qui donnent l'impression que c’est impossible qu’ils faisaient la même chose hier…Niels Arestrup ne joue pas, il est. Anne Coutureau également. Ce sont de grands acteurs.

Pour jouer correctement il ne faut pas être intelligent , enfin il ne faut pas être complètement idiot, mais pour aller comprendre les subtilités, les degrés, les strates et le jouer sans le démontrer c'est difficile et subtil. Faire rire et faire pleurer c’est très difficile et ça ne dépend pas que de l’acteur mais aussi de l'auteur. Dans Les acteurs sont fatigués, je jouais une scène où j'apprenais que j'avais le sida et je ne faisais rien et mes yeux s’embuaient, je ne jouais pas comique et plus le temps était long et plus les gens riaient. Or dans une autre situation, les gens auraient pleurer donc c'est bien l'auteur qui fait tout, moi je jouais exactement de la même façon, comme si j'apprenais que j'avais le sida. Il faut être sobre, sincère, partir de l'intérieur de soi, ne jamais aller chercher le personnage ailleurs qu’en soi-même et si vous faites bien votre métier vous faites rire, pleurer peu importe.

Mais il y a des gens qui ont une fantaisie naturelle, ils rentrent sur scène, ils ne font rien et ils sont à pisser de rire. Quelle chance ! C’est le cas de Michel Dietz, pour moi c’est Michel Simon. Qu’il en profite, qu’il fasse une carrière, Xavier Letourneur également. Ils ont une présence comique mais si ces gens là commençaient à cabotiner à faire rire ils ne seraient pas drôles. Et puis créer de l’émotion c’est difficile aussi. Il faut se mettre à poil, être très impudique pour montrer ce que l’on a à l’intérieur de soi et galvauder ses émotions pour la bonne cause... c'est très difficile de bien jouer.. c'est un métier ingrat, moins on en fait plus ça a l’air facile alors qu’un pianiste ça se voit quand il joue bien ou pas..
I il y a pas beaucoup de très bons spectacles, de très bons acteurs. Il y a beaucoup de bons petits acteurs mais peu de grands artistes étonnants, époustouflants. Et parfois vous êtes époustouflants dans un rôle et pas dans un autre car il y eu une rencontre…

Et parfois il y a de vieux acteurs qui ont perdu la foi et se reposent sur leurs techniques mais qui n’y croient plus, pareil pour les metteurs en scène qui n'ont plus rien à dire, mais la subvention tombe et elle est importante alors….mais tout cela est un peu vide de sens

Cela veut-il dire que le jour où vous, vous perdez la foi, vous arrêterez ?

Ah j'aimerais pouvoir vous dire oui mais…je ne leur jette pas la pierre car la vie est dure. Mais moi je suis un fou. Vous ne connaissez sans doute pas beaucoup de gens qui ont monté 25 spectacles avec l’argent qu’ils gagnaient alors qu’ils n’en gagnaient pas c’est-à-dire avec 2 ans de subventions qu’on m’a retiré éhontément sans venir voir mes spectacles…

En France, ça se compte sur les doigts d’une main les cinglés de théatre donc j’ose croire que cela ne m'arrivera pas. Moi je suis un cinglé et
d'ailleurs ma passion m’a porté préjudice car vous n’avez jamais convaincu personne avec la passion...c’est l’objectivité qui convainc. Moi je suis très passionné mais la passion n’empêche pas le talent, elle est même nécessaire dans l’art. Avec l'argent que j'ai mis dans mes spectacles, j‘aurais pu m’acheter un appartement mais dès que j'ai 3 francs 6 sous je monte un spectacle. J'ai une revue de presse énorme, 10 books, 1 mètre de haut et pourtant institutionnellement je n’existe pas dans le métier parce que…

Vous ne fréquentez peut-être pas les bons cocktails…

Et pourtant j'essaie, je me soigne sur les bons conseils de mon agent, j’essaie de fréquenter les bons cocktails mais j'ai surtout consacré beaucoup de temps à travailler. Je jouais 2 pièces, j’en montais une, je tournais, je faisais 10 000 choses simultanément. Maintenant je vieillis alors je ralentis un peu mais j’ai toujours travaillé énormément, jour et nuit, c'est très difficile. J'ai monté 25 spectacles qui ne sont pas des merdes, des spectacles non institutionnels, de l'art pur, et j’ai une bonne presse enfin quand elle vient parce que maintenant elle ne vient plus. Personne n’est venu pour Tête d'or personne est venu alors que c’est peut être un des plus beaux spectacles que j’ai monté.

Et trouvez-vous le temps d’aller au théatre ?

Je crois que je suis la personne qui depuis 30 ans a vu le plus de spectacles. Dès que je ne suis pas au théatre, dès que j’ai un jour de libre je vais au théatre. Tous les soirs je suis au théatre.

Quelques bons spectacles que vous recommandez ?

"Tête d'or" au Théatre du nord ouest, "La missio"n de Carlotta Clerici, Christophe Guybet. Je vois beacoup de choses pas bonnes mais il faut y aller quand même car vous encouragez les comédiens quand ils sont humbles et prêts à entendre sinon on ne dit rien. "Miracle en Alabama" de Bénédicte Budan.
"J'aime beaucoup ce que vous faites" au Mélo d’Amélie est très bien, c'est difficile d’écrire de la bonne comédie méchante comme on aime les bonnes comédies de café theatre... "Comme en 14" avec Valérie Karsenty mais ça ne se joue plus
Un grand spectacle, j’en vois un tous les 2 ans : "La bête sur la lune" au théatre de l’œuvre de Simon Abkarian, chef d’œuvre absolu

Etes-vous tenté par l'écriture ?

Ah c’est ce que j'admire le plus au monde, mais je n’arrive pas à sauter le pas. J'ai écrit 2 téléfilms mais c'était une écriture standardisée pour une collection. Carlotta Clerici et Mitchell Hooper écrivent formidablement bien. J’ai joué une pièce de Hooper qui s’appelle L’amour existe dans laquelle je jouais Marc Dutroux face à sa psychiatre, c’était extraordinaire. Il vient d’écrire Tumulte dans les nuages qui relate l’histoire du Shah d’Iran en exil au Panama qui rencontre le futur tyran Noriéga. J’ai la plus grande admiration pour les vrais auteurs. J'ai des trucs qui ne sortiront jamais de mes tiroirs car je pense que ce n'est pas bon. L'écrit reste donc je ne veux pas écrire quelque chose qui ne soit pas génial. Ça me tente. Mes amis auteurs me disent de ne pas attendre d'avoir tout construit en tête avant d'écrire, tu ne l’écriras jamais. Bien sûr, il faut se lancer, être humble, il faut rayer...

Ça me tente mais je pense qu'il me manque encore un grand tarabustage, un grand boum dans ma vie, je suis tellement bien en tant que metteur en scène car cela me passionne, je m’entends très bien avec les acteurs car la direction d’acteurs me passionne, je crois que je le fait très bien et cela me remplit tellement que l'auteur reste un fantasme...

Le problème est que je voudrais être Céline, mais ce n'est pas possible ... alors si je fais du Céline on va dire que ça existe déjà. Je suis très prétentieux et je voudrais que les gens disent comme quand Céline est arrivé ..." mais qu'est ce que c'est que ça ??"

Inventer le style qui va avec ?

OUI ! mais pas l'inventer par coquetterie ou souci mercantile mais que ça vienne tout seul, Céline ou Duras, parlent comme ils écrivent ... vous écoutez Duras devant Pivot elle le fait chialer rien qu'en existant devant lui, il ne peut plus poser de questions…quand vous en arrivez là vous êtes un grand être humain

Donc vous n'êtes ni Duras ni Céline ?

Non je suis Yvan Garouel

 
Le site du théâtre vivant

A lire également

interview de Thomas le Douarec
interview d'Eric Savin
Interview de Charles Ardillon
Interview de Grégoire Bonnet
Interview de Marie Parouty
Monty Pyhton Flying Circus 1
Monty Python Flying Circus 2
Monty Python DVD 


MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 21 mai 2017 : Black Hole Sun

Cette semaine nous avons appris le départ prématuré de Chris Cornell, qui ne se souvient pas de ce célèbre titre, "Black Hole Sun". Paix à son âme et à nos jeunes années.
Quoi qu'il en soit le beau temps est enfin là. Soleil, festivals, largement de quoi contenter votre soif de cultures et de loisirs. Pour vous aider, voici notre petite sélection hebdomadaire, de la musique au jeu vidéo en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Life is cheap, death is free" de Nadia Tehran
"Tigreville" de Pierre Lebas
"Libre voyage dans les musiques des Balkans" de Quintet Bumbac
"Volcan" de Volin
"Hedonism" de Cakes Da Killa
"A l'ombre du coeur" de Contrebrassens
"Dirt buzz" de Dallas Frasca
"Fast forward" de Federico Casagrande
"Growing old" de Grand March
"A close land and people" de Julien Vinçonneau Quartet
Xiu Xiu, Le Prince Harry et Delacave à Petit Bain
Concert de Erik Arnaud à Petit Bain en intégrale
Bientôt, la deuxième édition du Download Festival
et toujours :
"Rock'n'Roll consciousness" de Thurston Moore, "Slowdive" de Slowdive. Retrouvez également Neil Halstead de Slowdive en interview, "Empire of nights" de BLVL, Jorge P, EP chez Microcultures, "Animal" de Nirman, "Someone is missing" de Payne, "Sympathetic magic" de Peter Von Poehl, "Pinky pinky EP" de Pinky Pinky, "Let me be gone" de Slow Joe & The Ginger Accident, "Take off" de Théo Cormier

Au théâtre :

"Le froid augmente avec la clarté" au Théâtre de la Colline
"Le Songe d'une nuit d'été" à la Manufacture des Oeillets à Ivry
"Il Bugiardo" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Les Flottants" au Théâtre Le Lucernaire
"Français, encore un effort si vous voulez être républicains" à la Manufacture des Oeillets à Ivry
"Les Célèbres Amours de Nohant" au Théâtre Le Ranelagh
"La guerre au temps de l'amour" au 100ECS
"L'Ombre de Stella" au Théâtre du Rond-Point
"Ajax" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
et la chronique des autres spectacles de mai

Exposition avec :

"Grand Trouble"à la Halle Saint Pierre

Cinéma :

Ciné en bref avec :
"De toutes mes forces" de Chad Chenouga
"Les fantômes d'Ismaël" de Arnaud Desplechin
"Get Out" de Jordan Peele
"Alien : Covenant" de Ridley Scott
Oldies but Goodies avec "Pluie de juillet" de Marlen Khoutsiev dans le cadre de sa rétrospective à la Cinémathèque française
les chroniques des autres sorties de mai
et les chroniques des sorties d'avril

Lecture avec :

"J'ai choisi d'être libre" de Henda Ayari
"La fille du fossoyeur" de Joyce Carol Oates
"La vie sexuelle des soeurs siamoises" de Irvine Welsh
et toujours :
"La vie de Norman" de Stan Silas
"Little girl gone" de Alexandra Burt
"Minuit en mon silence" de Pierre Cendors

Froggeek's Delight :

3 mois avec la Nintendo Switch
"101 jeux Amiga" de David Taddei

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=