Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce The Drones - Phosphorescent - Great Lake Swimmers
Le Grand Mix  (Tourcoing)  24 mai 2009

Le jugement que l’on porte sur chaque concert se doit d’être clair, net, sans restrictions : le nombre de groupes à découvrir est trop large, trop varié, pour que l’on s’autorise, ici et là, quelques indulgences ou admirations faciles. C’est par un jeu de contrastes, soigneusement dosé, que peut être mis en évidence la valeur d’un groupe, les risques pris, mais aussi les possibilités d’amélioration.

Le Grand Mix de Tourcoing organise régulièrement des soirées découvertes, originales, qui permettent au spectateur d’aiguiser justement son jugement, de se laisser surprendre par la nouveauté, de se forger ses goûts sans l’aide de la presse musicale habituelle. Il avance ainsi en tâtonnant dans la nuit, et cherche son passage dans ce labyrinthe de glace qu’est la musique expérimentale ; il guette le groupe ultime, à l’origine de ses futures rêveries.

Le Grand Mix Défriche a proposé en tête d’affiche un groupe australien de Melbourne, The Drones, dans la pure tradition du rock brut, sans concessions. Les éléments principaux de cette formation sont la puissance et la rage électriques, soutenues par une vivacité et une maturité musicales, un savoir-faire qui n’est pas tant technicité qu’intensité, et présence : je parle d’abord de la présence physique, centrale, du chanteur-guitariste Gareth Leddiard, de ses rythmiques tendues aux coins coupants, éclats de nervosité procédant de l’indiscutable influence punk du groupe ; ensuite et surtout l’élan roboratif porté par la basse pleine de relief de Fiona Kitchin, qui n’est jamais aussi dense que dans son dialogue avec la batterie – équilibre subtil, accentué par le retrait des guitares, que la voix cassée, incisive de G. L. ne cesse de tordre, de violenter.

Finalement, culmine en surface la dimension coupante du punk ; et en profondeur les influences perceptibles tendent plus vers le blues, voire le jazz. On pourrait définir le groupe comme le point de jonction possible entre les Sex Pistols, Nick Cave (celui de Bithday Party) et Tom Waits : c’est-à-dire l’esprit d’urgence, la violence des premiers ; la densité mélancolique et l’élégance du second ; les racines jazz et la rugosité du dernier. Pas étonnant d’ailleurs que le groupe fut parrainé par les grands patrons du Rock Indépendant, Sonic Youth, en signant leur dernier album, Havilah (2008) sur leur label ATP.

Du concert on retient essentiellement la pure générosité de l’instant, cette passion du débordement sans doute propres à la scène discrète australienne. Le public en est ressorti régénéré. C’était bien la moindre des choses, pour faire passer la pilule, amère, des deux premières parties.

En premier lieu, Phosphorescent, groupe New Yorkais, a présenté un country-rock plutôt fade, conventionnel, à mille lieues de celui de Bonnie Prince Billy dont le groupe semble pourtant se réclamer. Se calquer sur Will Oldham ? Pourquoi pas, mais déjà la référence est écrasante : la country du "frère Palace"  n’en est pas tout à fait une, tant elle est dérangée, déréglée −  folk inspiré qui a acquis ses lettres de noblesse à l’école du troisième Velvet, ou du premier et du meilleur Dylan (celui de Blonde on Blonde). Ici, Phosphorescent tombe dans la caricature, se contentant de répéter pendant trois quarts d’heure la même chanson, la même tonalité ; et plutôt que de lancer plus loin la flèche désirante des influences, la projette loin en arrière, et réalise une régression pour le moins surprenante. Il s’agirait bien d’un Rock Régressif que je définirais comme rock conservateur, sans style, trouvant son unique raison dans l’imitation systématique.

La pop-country désabusée de Great Lake Swimmers en constitue d’ailleurs le paradigme. Que dire de plus de ce groupe canadien ? Des sombres comptines entraînantes ? Une noirceur à fleur de peau ? Des mélodies belles à pleurer ? Un esprit folk joyeusement désinvolte ? Non pas, rien qu’un avachissement diffus, rythmé par l’ennui et la lassitude.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Ongiara de Great Lake Swimmers
La chronique de l'album Lost Channel de Great Lake Swimmers
Great Lake Swimmers en concert à L'International (26 mai 2009)
L'interview de Great Lake Swimmers (mai 2009)
La chronique de l'album Here's to taking it easy de Phosphorescent

En savoir plus :
Le Myspace de Great Lake Swimmers
Le Myspace de The Drones
Le Myspace de Phosphorescent


        
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A voir aussi sur Taste of Indie :

Galerie de Phosphorescent

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

Great Lake Swimmers (26 mai 2009)


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=