Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Abécédaire de la bêtise ambiante (Jusqu'où va-t-on descendre ?)
Alain Soral  (Éditions Pocket)  2004

Alain Soral remporta, semble-t-il, un succès en librairie avec Jusqu’où va-t-on descendre ? (nous présentons ici la deuxième édition parue en poche), puisqu’il décida de lui donner une suite par ce livre intitulé Socrate à St-Tropez. Et on se demande bien pourquoi tant Jusqu’où va-t-on descendre ? et Socrate à St-Tropez sont peu dignes de l’auteur de La vie d’un vaurien, Misères du désir ou encore Chute ! Éloge de la disgrâce.

Écrire, en effet, cet "abécédaire de la bêtise ambiante" en deux parties et avec des entrées de quelques lignes ou de quelques pages eût été une bonne idée si l’entreprise ne trahissait pas, en fait, une certaine paresse intellectuelle en raison de l’impossibilité pour le lecteur, une fois refermé Jusqu’où va-t-on descendre ? ou Socrate à St-Tropez, d’en retenir la moindre idée intéressante.

Dans Jusqu’où va-t-on descendre ?, Alain Soral amuse parfois (lire les définitions "Alonso, Isabelle", "Animateur télé", "Star (1)" et "Star (2)"), mais il déçoit davantage par ses partis pris sur les femmes ("Pantalon"), les homosexuels, etc. J’ai même l’impression d’entendre Alain Finkielkraut sur un plateau de télévision, lorsque Soral s’exprime, par exemple, sur les "z’y va" et autres jeunes issus de l’immigration.

Certes, le ton du polémiste peut expliquer certaines approximations. Comme disciple de Lucien Goldmann, Soral ne s’en rend pas moins "traître" à sa fonction de clerc. Comment peut-on rejeter les origines juives du christianisme, comme le laisse entendre Alain Soral dans Jusqu’où va-t-on descendre ?, mais aussi dans Socrate à St-Tropez ? Il s’oppose, en fin de compte, à ses propres idéaux concernant son engagement en faveur du marxisme, marxisme qu’il doit plus à Goldmann et à Henri Lefebvre qu’à Marx. En effet, il est difficile pour Soral de faire le lien entre Christianisme et Démocratie (cette simplification abusive de l’histoire en devenir fait penser au livre de Louis Rougier, Du paradis à l’utopie, qui voyait dans la religion Chrétienne l’annonciatrice du Communisme), tout en niant toute relation entre Ancien et Nouveau Testament : les affirmations de Soral feraient rire n’importe quel historien spécialisé dans l’histoire des religions !

Au-delà de ce point, j’ai l’impression que Soral me prend pour un imbécile, ainsi que son cher petit peuple de France qui lui sert avant tout de reflet. Critiquer le judaïsme, au nom d’un postulat d’universalisme qui se limite, en vérité, à une adhésion à un nationalisme sans faille de type barrésien, ne peut nous abstraire de rechercher la vérité, moins pas une fausse originalité au niveau des idées que par une quête "métaphysique" de l’étant. Bref, Jusqu’où va-t-on descendre ?, à l’instar de Sociologie du dragueur, n’oblige pas l’être humain à s’élever dans une compréhension supérieure de la réalité. C’est un essai comme les intellectuels médiatiques Luc Ferry, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Jacques Attali… en publient chaque semaine (l’humour en moins, peut-être).

Enfin, j’ajoute que si Soral, dans Socrate à St-Tropez, ne voit pas de distinction entre l’écrivain et son engagement dans la vie, il admettra sans doute que son parcours politique qui va du Parti Communiste Français, en passant par Jean-Pierre Chevènement, et jusqu’au Front National de Jean-Marie Le Pen, déteint, hélas, sur son œuvre, et qu’il devrait justement se ressaisir plutôt que de s’acoquiner maintenant avec le comique pas drôle Dieudonné, personnage qu’il avait naguère dénoncé dans Jusqu’où va-t-on descendre ?.

 

Thomas Dreneau         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 janvier 2012 : Le Festival de Cannes

C'est le week-end du Midem à Cannes, l'industrie de la musique oublie la crise et mène grand train pour vendre ses produits. Pendant ce temps, c'est toujours aussi difficile pour les artistes, les artisans de la musique, les labels indépendants qui aident les artistes plutôt que d'essayer de vendre un produit de consommation. Arrêtons avec l'industrie et laissons la place à la culture... En attendant, Shakira est décorée par le sinistre de l'inculture. Pour oublier tout cela, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Lettre de la barbarie ordinaire" de A Backward Glance on a Travel Road,
"Applause" de Balthazar,
"Modern isn't progress" de Deschannel,
"Fold it ! Mold it !" de Random Recipe,
"Pursuit" de Stuck in the Sound,
"Let's get gone" de Parlor Snakes,
SuperBravo en Froggy's Session, en interview autour de leur album "A space without corner",
The Black Keys au Zenith,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"Lettre au père" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Déjà là" au Théâtre de la Colline
"Les femmes savantes" au Théâtre de la Tempête
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La conférence - Emma la clown et Catherine Dolto" à l'Européen
et un spectacle jeune public "La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
Les reprises à ne pas rater :
"Les souffrances de Job" aux Ateliers Berthier
"Poil de carotte" au Studio-Théâtre de la Comédie Française
Toujours à l'affiche :
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Les bonnes" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre 14
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"La dame aux camélias" au Théâtre National de l'Odéon
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Salle d'attente" au Théâtre de la Colline
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens
"Cancrelat" au Théâtre Ouvert
"Rêvez !" au Théâtre Les Déchargeurs
"Le premier" au Théâtre Les déchargeurs
"On est tous portés sur la question" au Théâtre du Mélo d'Amélie
"Premier combat" au Théâtre du Lucernaire

Exposition avec :

Charlie Chaplin - Images d'un mythe" au Palais Lumière à Evian
et dernère ligne droite pour Nicolas Vial - La lecture du monde" au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Requiem pour Mona (Mona Cabriole, 16ème arrondissement)" de Catherine Diran
"Le dernier contrat" de Olivier Maulin
"Culture - Etat d'urgence" de Olivier Poivre d'Arvor
"Super héros, la puissance des masques" de Jean-Marie Lainé

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
et le festival Etoiles Francophones en Ile de France
Les sorties récentes :
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=