Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Disiz la Peste
Disiz the end  (Naïve)  mai 2009

"Une page se tourne sur le rap français" : Disiz la Peste nous annonce que Disiz the end est son dernier album de rap. Alors, énième coup de pub comme c'était le cas pour Jay-Z ou pour Kool Shen (qui finalement annonçait récemment un prochain album) ? Certainement pas, quand on connait Disiz la Peste qui apparaît tel un ovni de sincérité dans le rap francophone. Disiz fait partie de ces rappeurs encore en activité à avoir connu l'âge d'or du rap français. Témoin impuissant du déclin de la créativité du hip-hop français, Disiz restera l’un des grands incompris de ce mouvement. Artiste non reconnu à sa juste valeur alors que son talent aurait pu faire de lui ce que tous recherchent : être le n°1 dans ce qu’est devenu ce rap game qu'il rejette.

Après son tube "Je pète les plombs", issu de l'album Poisson Rouge, en 2000, Disiz s'est rapidement vu mis à l'écart du milieu qui voyait en lui un rigolo, un usurpateur. Si nous avons tous notre définition du hiphop, ne pas reconnaître que Disiz en représente l'ensemble de ses composantes est définitivement de la mauvaise foi. Sans renier les racines revendicatrices du rap, Disiz a su dans tous ses albums réunir des morceaux traitant du quotidien, de l'amour, des fous rires, de la discrimination, de la nostalgie de notre enfance, de quelques égotrips aussi… Bref, TOUS les thèmes possibles ont été traités par Disiz, s'attachant à emmener le rap et ses textes là où ils n'avaient pas l'habitude d'aller pour faire du hip-hop une musique à part entière au même titre que celles qui ont droit de cité dans les médias.

Rendons-nous à l’évidence : le départ de Disiz est une lourde perte pour la diversité et le niveau de notre hip-hop hexagonal, que ce soit pour les textes, le flow, les productions choisies, les messages, mais aussi la simplicité du personnage, son attitude définitivement hiphop et sa sincérité. Ce dernier album va s'avérer très réussi tant dans ses productions que dans ses lyrics et très instructif quant aux adieux rapologiques de l’artiste.

Ne s'enfermant jamais dans des instrus "à l'ancienne", Disiz a toujours utilisé des compositions contemporaines, particulièrement pour débuter ses albums. Avec Canardo et Astronote à la prod de la plupart des morceaux il fallait s'attendre à du très très contemporain ! C'est le cas avec "La fin du début" très south dans ses sonorités, qui nous prouve, si on en doutait, que les sonorités électro peuvent parfaitement s'allier au hip-hop quand le flow lui donne cette dimension définitivement groove. C'est donc en agitant la tête sur ce premier morceau que l'on commence à comprendre pourquoi Disiz se sépare du rap.

"Alors tu veux rapper" nous confirme le parcours du rappeur et le regard qu'il porte sur son art, le tout sur une composition "multi morceaux" étonnante, puisque plusieurs compositions différentes s'enchainent et se croisent, liées par des scratchs et des samples sur ce morceau fort réussi musicalement. A peine le temps de se remettre que l'on tombe sur LE titre qui fait bouncer dans les chaumières : "Bête de bombe 4" où les artistes "Rap & B" à l'autotune en prennent pour leur grade. Dans la foulée vient "C'est la vérité", une énorme production de Canardo digne d'outre-Atlantique, un "a milli" (de Lil Wayne) "à l'africaine" comme le définit Disiz lui-même, avec une pincée de Soulja Boy, dans laquelle l’auteur jette un regard peu flatteur sur ce qu'est devenu le rap français.

On pourrait ainsi commenter tous les morceaux, ce que fait très bien Disiz dans le livret de l'album où figurent aussi de belles photos et les textes, mais retenons que Disiz, comme à son habitude, varie les thèmes : des difficultés sociales de "Quand le peuple va se lever" au bonheur d'être père dans un "Papa Lova" répondant au "Mama Lova" d'Oxmo Puccino. Parmi les différents sujets, on retrouve aussi l'amour, avec "L.O.V.E" dans lequel le rappeur excelle dans l'art de nous émouvoir sans tomber dans le soap ou la soupe, exercice on ne peut plus périlleux dans le rap, un morceau avec Humphrey, fort réussi sur une composition très appropriée d’Astronote.

Les lyrics habilement ficelés nous entrainent davantage dans l'intimité de l'artiste dans le morceau "27 octobre" où Disiz nous narre un des évènements qui a participé à son retrait du rap : la tentative de racket dont il a fait l'objet. Le morceau, construit comme un polar nous tient en haleine du début à la fin. On notera aussi la superbe production "Kanye Westienne" d'Astronote "Il est déjà trop tard" où le flow de l'artiste s'intègre parfaitement au coté électro de la musique. L'album s'achève logiquement par "Disiz the end", une nouvelle superbe composition de Davedaivery partant d'un sample des Doors pour donner un morceau feu d'artifice dont le bouquet final nous donne quelques pistes concernant l'avenir artistique de Disiz.

Habituellement drôle, Disiz l'est nettement moins ici et nous livre un regard rempli de regrets sur son époque et sur ce qu'est devenu le rap français, genre musical pour lequel il avait, plein d'espoirs de créativité, de diversité et d'émancipation. Ce n'est pas pour autant que l'on a pas le droit à quelques clins d'œil humoristiques dont il a le secret ! Cet album est aussi empreint de la sincérité et du naturel qui caractérisent l'homme, ce qui rend le projet d'autant plus appréciable et réussi. Avec ce dernier album rap, Disiz nous confirme qu'il manie les mots avec dextérité, qu'il sait magnifiquement faire passer des émotions tout autant que des messages ou tout simplement l'envie de bouger, et qu'il possède une diversité de flows à faire pâlir ses confrères tout en les adaptant superbement à chacune des compositions qu'il utilise.

Vous l'aurez compris, on ne peut que regretter qu'un artiste qui amenait tant de fraicheur et de diversité quitte le milieu du rap, mais au regard de la tournure que prend le hiphop, il n'est pas étonnant de voir les vrais s'arrêter, usés de devoir rappeler à longueur de temps que le vrai hip-hop n'est pas (que) la description du ghetto. On attend donc avec impatience la suite des évènements et la sortie d'un album de Disiz non étiqueté rap tout en pariant que ses prochaines apparitions discographiques revêtiront certainement une couleur groove liée à toute son histoire musicale.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Disiz la Peste
Le Myspace de Disiz la Peste


Romain Bayart         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=