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Evenfall  (Village Vert)  mai 2009

Planant, atmosphérique, éthéré, nuageux, cotonneux, douillet, ouaté, enveloppant, reposant, calme, luxueux, chiadé, méticuleux, ambitieux, prétentieux, précieux, joli, joliet, doucereux, lancinant, répétitif,  maladif, etc.

Comme le chantait délicieusement Brigitte Bardot : "Je manque d’adjectifs" pour qualifier ce deuxième album de l’esthète Sébastien Schuller

Adoubé par la "revue pop moderne" Magic (il fait la une du dernier numéro), le musicien français récemment exilé aux Etats-Unis pratique une sorte de chanson électro-symphonique, si ce n’est "progressive", du moins très très sophistiquée…

Si Radiohead a évidemment fait partie de ses amours de jeunesse, l’influence majeure revendiquée par Sébastien Schuller reste le Talk Talk de Mark Hollis,  dont Laughing Stock est devenu LE mètre étalon de tout disque un tant soit peu ambitieux (on se rappelle que L’Imprudence de Bashung, y avait souvent été comparé). Pour les ambiances folk-éthéré de son nouvel album, on range aussi volontiers Schuller aux côtés de Beirut ou Sufjan Stefens. Et il a reconnu lui-même que le choc Arcade Fire l’avait récemment aidé à progresser dans son écriture.

Au final, toutes ces connexions artistiques vont dans le même sens : celui d’une musique de plus en plus chiadée, de plus en plus savante, et visant de plus en plus haut. Un art qui, à force de chercher à éviter la vulgarité, tutoie en quelque sorte les cimes… mais finit aussi par perdre contact avec la réalité.

En fin de compte, la musique telle que Sébastien Schuller la pratique n’a plus grand chose à voir avec cette dénomination "pop" revendiquée par Magic… et c’est sans doute ce qui nous empêche d’y adhérer complètement. Certes, il n’y a pas de mal à peindre sa mélancolie sous des couleurs sophistiquées. Cela peut s’avérer très réussi (et objectivement, ce disque frôle assez souvent la magnificence sonore).

Mais on aime la chanson quand elle nous parle un peu de nous, de notre temps et notre monde. Celle de Sébastien Schuller semble se contempler elle-même en train de faire du beau style. Elle fait penser à un écrivain du XXIe siècle qui se donnerait toutes les peines du monde pour écrire encore comme au XIXe, alors que la réalité alentour a changé et qu’il serait temps de se mettre au diapason.

Evenfall nous évoque les atermoiements d’un musicien surdoué, rêvant d’un nouveau Floyd, et pris de neurasthénie devant ses beaux claviers neufs. Un surfeur immobile passant plus de temps à attendre la bonne vague (de synthé) qu’à fréquenter la terre ferme et se coltiner son époque ! Créature artistique purement cérébrale, négligeant tout l’aspect physique ou animal apporté par le rock à la musique moderne.

De notre côté, on aime aussi la chanson "pop" quand elle ose faire la pouf’ et se dandiner maquillée comme un camion. A cet égard, les musiciens de Air, qui partagent plus d’un trait stylistique avec Schuller (même amour des atmosphères planantes et synthés cotonneux), ont encore le talent de proposer certains gimmicks tout bêtes qui visent en dessous de la ceinture et peuvent faire chavirer les cœurs. En osant parfois une saine vulgarité, ils mettent aussi (paradoxalement) en valeur les aspects plus ambitieux du reste de leur musique.

C’est aussi là que le bât blesse sur Evenfall : le contraste est une donnée importante de la réussite d’un disque ; et celui-ci, aussi soigné soit-il, ne parvient pas à éviter la redondance : d’où cette impression, un peu désagréable, d’écouter toujours le même morceau, la même ambiance… un même motif de piano neurasthénique, répété ad vita aeternam.

"Tant mieux pour la cohérence du projet", diront les plus magnanimes. "Tant pis pour l’ennui", bâilleront les plus râleurs…

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Happiness de Sébastien Schuller
La chronique de l'album Heat Wave de Sebastien Schuller
Sébastien Schuller en concert au Festival Fnac Indétendances 2005
Sébastien Schuller en concert au Festival La Route du Rock 2007 (vendredi)
Sébastien Schuller en concert à La Cigale (18 juin 2009)
La conférence de presse de Sébastien Schuller (13 août 2005)
L'interview de Sébastien Schuller (avril 2009)

En savoir plus :
Le Myspace de Sébastien Schuller


Nicolas Brulebois         
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# 9 mai 2021 : Toujours plus proche de la sortie

On apprend par coeur le calendrier de dé-confinement, on espère les vaccins au plus vite, retrouver les salles de spectacles, les restos, bref on serait presque heureux. Pour le moment, voici le sommaire de la semaine avec la Mare Aux Grenouilles #27 samedi et un concert/interview de La Reine Garçon le 22 mai. Suivez la chaine Twitch.

Du côté de la musique :

"Flux flou de la foule" de Françoiz Breut
"Eiskeller" de Rover qui nous en parle en interview
"Let's do porn" de Captain Obvious
"The moon and stars : prescriptions for dreamers" de Valérie June
"Van Weezer" de Weezer
"Le grand secret des oiseaux de sable" de Ceylon
"Electron libre" de Hae-Sun Kang
"Chronicles of an inevitable outcome" de Intraveineuse
"Autobiographie Pirate" de Lady Arlette
"Vous écoutez quoi en travaillant ?" la 10ème émission de la saison 2 de Listen In Bed avec Guillaume Long, Flavien Girard et Francis Bourganel
"Augustin Pfleger : the life and passion of the christ" de Orkester Nord et Martin Wahlberg
"Beneath" de Tremor Ama
et toujours :
"Once" de Maxwell Farrington & Le Superhomard
"Drôles de dames" de Fabrice Martinez, Laurent Bardainne et Thomas de Pourquery
"Statistic ego", de Fauxx
"Fallen chrome" de Jac Berrocal & Riverdog
"Nikolai Tcherepnin : Le Pavillon d'Armide op 29" de Henry Shek & Moscow Symphony Orchestra
"Bal Kabar" de David Sicard
"Surrounding structures" de Veik
"Amnésique, mais d'une bonne manière (avec Francis Bourganel, Guillaume Long et Flavien Girard)" 9ème émission de Listen In Bed saison 2
"A Tania Maria journey" de Thierry Peala & Verioca Lherm
"Can't wait to be fine" de We Hate You You Please Die

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La Mélancolie des dragons" de Philippe Quesne
"Richard III - Loyauté me lie" de Jean Lambert-wild
"Bestie di scena" de Emma Dante
"Ali Baba" de Macha Makeïeff
"Noire" de Tania de Montaigne
"On ne voyait que le bonheur par Grégori Baquet
"Aimez-moi" de Pierre Palmade

Expositions :

en virtuel :
"Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880-1940" au Musée des Beaux-Arts de Limoges
"Matisse, comme un roman" au Centre Pompidou
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Luxes" au Musée des Arst Décoratifs
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre

Cinéma :

at home :
"Les Beaux Jours" de Marion Vernoux
"Les Garçons sauvages" de Bertrand Mandico
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Hyènes" de Djibril Diop Mambéty
"De bruit et de fureur" de Bertrand Mandico
"Cosmos" de Andrzej Zulawski
"Cria Cuervos" de Carlos Saura

Lecture avec :

"Une toute petite minute" de Laurence Peyrin
"Rome, naissance d'un empire" de Stéphane Bourdin & Catherine Virlouvet
Rencontre avec Olivier Bal auteur de "La forêt des disparus"
"Le mari de mon frère" de Gengoroh Tagame
"Le bal des folles" de Victoria Mas et "Ici n'est plus ici" de Tommy Orange
et toujours :
"Patti Smith : Horses" de Véronique Bergen
"Les sorcières de la littérature" de Taisia Kitaiskaia & Katy Horan
"Je ne suis pas encore morte" de Lacy M. Johnson
"La famille" de Suzanne Privat
"Le brutaliste" de Matthieu Garrigou-Lagrange
"Les fossoyeuses" de Taina Tervonen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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