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Love Gone Bad  (Bonus Tracks Records)  juin 2009

Maintenant que toutes les jeunes étoiles ont cessé de briller et que les queues de comètes ont toutes été soigneusement léchées, on y voit enfin un peu plus clair dans la longue et sombre nuit du rock’n’roll français.

Exit la supposée nouvelle vague des nouveaux flambeurs, seuls les plus téméraires résisteront aux planches qui brûlent. N’est pas rockeur qui veut, dans ce pays qui hésite toujours entre la variété et les guitares qui crient leur nom. Bad Mama Dog, dans ce tonneau des Danaïdes, tire son épingle du jeu avec une telle aisance qu’elle en devient déconcertante.

Mais pas de méprise sur l’identité. S’ils jouent sur le territoire français, les membres de Bad Mama Dog ne sont pas pour autant des clones d’Antoine et des yéyé. Car John, le chanteur, est californien. Les années de galère, on les devine au chant déchiré, aux parties de guitare très héroïques, toutes ces parenthèses de grâce qui parcourent l’échine à l’écoute de ce premier album.

Contraste saisissant avec les productions actuelles, le rock de Bad Mama Dog joue la carte des resto d’autoroute américains, entre le burger et les stations Texaco, quelque chose de terriblement proche du souvenir qu’on s’était fait de ZZ Top, de Led Zeppelin sur ses tournées US, la décadence des 70’ sans la nostalgie. A l’écoute de "Ships of time", c’est tout simplement le grand zeppelin acoustique qui se ressuscite sans incantation. On sait les références toujours piégeuses mais cette fois, promis, on le jure, le groupe est à la hauteur des mentors. Du moins sur cette chanson. Qui évoque tout autant le Jeff Buckley de My sweetheart the drunk, les compositions mal fignolées pas finies, l’équilibre instable sur le fil, plus yoyo que yéyé, encore.

Comme toutes les voix blanches racées, celle de John est noire, de sentiments et d’influences. Il y a du Motown, des cavalcades, l’envie de tomber et un nom d’album qui résume assez bien l’histoire ; Love gone bad. Sous les pavés la plage, l’ensemble de l’album est une merveille comme on entend tous les trois ans, à l’heure des revival quand la jeune génération n’arrive plus à suivre. Sans marquer le lundi d’une pierre blanche, ce premier album du groupe signé chez Bonus Tracks tient exactement sur deux ficelles bien tendues : la voix et la production, signée Yarol Poupaud, dans la grande tradition des parrains 70’. L’exacte période d’après les sixties, les débuts du rock de stade (Eagles, Free) lorsque les guitares grasses n’avaient pas encore été remplacées par des tessons de bouteille (Sex Pistols) et autres synthés. Par ici un clin d’œil à Hendrix ("Low and divine", pastiche subtil de l’Electric Ladyland), par là de vraies compositions originales trempées dans le sable ("Love gone bad", la chanson éponyme) et au centre une voix qui couine, se tord, ondule comme un félin à la nuit tombée.

Les métaphores peuvent bien s’empiler sur le bureau que le constat s’avère déjà définitif : production incroyablement parfaite, groupe au summum, compositions éblouissantes de maturité et rage contenue ; le premier (gros) œuvre de Bad Mama Dog est l’album indispensable d’un été qui s’annonce pluvieux. Rain and tears.

 

En savoir plus :
Le Myspace de Bad Mama Dog


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
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"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
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Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
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"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
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"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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