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puce Festival Les Eurockéennes de Belfort #21 (2009)
Presqu’île du Malsaucy  (Territoire de Belfort)  dimanche 5 juillet 2009

La dernière Journée, comme les autres, commence avec un soleil plombant. On sent une certaine fatigue sur le visage des festivaliers là depuis le début.

Heureusement pour ce dimanche, il semble qu’une bonne partie de la population ait été renouvelée. En effet, des rangers, des piques en tout sens, des T-shirts noirs aux symboles démoniaques sont apparus en nombre depuis la veille. Les corbeaux sont sortis sur les Eurockéennes pour voir deux grands noms du métal : Slipknot et Gojira.

On commence dès 15h avec Stuck in the sound. Un groupe qui a pour ainsi dire fait carrière aux Eurockéennes comme l’a rappelé le chanteur José Reis Fontao : le groupe a démarré en tant que spectateur il y a quatre ans, puis sur la petite scène il y a deux ans, et enfin sous le chapiteau cette année. Le quatuor de rock indé travaille une image décontractée de rockeur de banlieue loin des habitudes branchouilles parisiennes. Mais derrière l’attitude désinvolte, on sent que la pression d’une grande scène est là. Le son lors des deux premiers morceaux est quelque peu brouillon et on a l’impression d’avoir un groupe de punk-rock arraché en face de soi.

Par la suite, le son s’améliore et l’on découvre du rock énervé, entrainant. Le groupe est bien français contrairement à ce que pourrait nous faire croire le caractère très anglo-saxon de leur musique. La voix aiguë du chanteur fonctionne parfaitement avec son côté un brin déchiré.

Leur musique manque certainement d’originalité mais elle est efficace, il y a tous les ingrédients pour une réussite commerciale. Le chanteur nous remercie beaucoup et nous fait crier "Beeeel-fort" assez souvent ce qui crée rapidement un climat chaleureux. En conclusion, les Stuck in the sound effectue un excellent tour de chauffe pour la soirée à venir.

Sous un ciel changeant, c’est vers Rodrigo y Gabriela que mes pas me dirigent. Le duo mexicain de flamenco-rock démarre leur set sans attendre une seconde.

Et la foule se retrouve rapidement bouche bée devant le talent dont font preuve les deux guitaristes. Je vous ferai grâce des termes techniques que j’ignore pour reprendre une citation d’un spectateur anonyme : "bordel, ils jouent vraiment comme des dieux !".

Entre chaque morceau s’ensuit une pluie d’applaudissements. Les chansons sont dénuées de paroles, mais c’est vraiment par leur guitare acoustique que les guitareros transmettent leurs émotions. Chacun leur tour, les guitaristes s’éloignent de la scène pour laisser l’autre effectuer un solo démentiel.

Comme dans le flamenco, les deux musiciens jouent de leur guitare de manière totale : Gabriela nous joue des rythmes de percussions indécents sur toutes les parties de la guitare qui valent de nouvelles acclamations du public. Rodrigo, quant à lui, joue de la pédale d’effet et nous place quelques reprises comme "One" de Metallica ou "Starway to heaven" de Led Zep. Le public est littéralement envoûté et on comprend pourquoi. Rodrigo et Gabriela forme un véritable pont entre le flamenco et le rock. Espérons que cela puisse réussir à faire connaître un peu plus ce style formidable qu’est le flamenco.

A l’heure de l’apéro, c’est au tour des stars du métal français de Gojira de se mettre en place sur la grande scène. Une immense peinture de squelette trône au fond de la scène. Le groupe landais à la renommée désormais internationale lance avec puissance et sobriété son premier morceau.

La voix gutturale du chanteur en impose. Les guitares distos et saturés envoient des vagues de riffs violentes comme des bulldozers. Le bassiste déchainé saute dans tous les sens, les guitaristes alternent entre phases statiques et head banging. Le chanteur tente de faire réagir le public mais la réussite est plutôt mitigée, toutefois le noyau dur pogotte sauvagement. Les morceaux sont carrés, imposants mais un peu trop lisses. On aimerait les voir se lâcher un peu plus ou plutôt animer un peu plus la scène pour être plus en accord avec la violence des morceaux. Le côté placide est peut-être dû à la plage horaire, il est vrai que jouer entre 18h et 19h n’est pas le meilleur cadeau. Le concert reste un vrai plaisir pour les fans de métal.

Changement radical d’ambiance. Des rebondissements en chaine ont animés l’organisation du festival. Après l’annulation de NTM, c’est au tour de Mos Def de faire faux bon. Au pied levé, Kool Shen et sa bande le remplacent. Nous avons donc la chance de voir une partie du Suprême sur scène.

Le spectacle commence avec un morceau des deux Djs DJ James et Naughty J. Au bout de celui-ci, Kool  débarque et met instantanément le feu au chapiteau. Il est accompagné d’un autre rappeur dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom. L’inconnu a une tendance étrange à coller Kool Shen comme son ombre tout en gardant les yeux fixés sur lui, on ne peut pas dire qu’il maîtrise le contact avec le public. Heureusement, Kool Shen est là pour deux. De manière très autoritaire, il sait faire crier le public, le punissant même lorsqu’il ne crie pas assez en lui forçant à écouter un immonde morceau de variété française.

Les tubes de la grande époque NTM résonnent sous le chapiteau qui débordent de monde. Sur un morceau, il fait venir Salif un rappeur relativement connu. Une sorte de promo live pour l’outsider. Kool Shen se permet de revenir sur l’événement judiciaire qui empêcha Joey Starr de sortir de prison exceptionnellement pour le concert qui fait lever à nouveau les acclamations du public.

Le NTM du haut de ses 42 ans garde la fougue et la ferveur des débuts. Un morceau plus calme et soul à la mémoire de sa femme disparu il y a 9 ans vient s’intercaler sans pour autant faire baisser l’ambiance. A la fin du concert, la foule hurle pour un rappel et l’obtient ! Ce concert fut un grand moment du festival.

Pour une transition entre rap et métal, quoi de mieux que le featuring entre le groupe de rock noise Zone libre et les rappeurs de la Rumeur Casey et Hamé ?

Zone libre est un projet qui rassemble des pointures comme Serge Teyssot-Gay de Noir Désir ou encore Cyril Bilbeaud du groupe de Yann Tiersen. Après quelques cafouillages techniques, le groupe lance la sauce. Les guitares rock noisy sont hypnotiques et assassins.

Elles sont le parfait décor pour les lyrics acides et incisifs des rappeurs. Ils sont comme le reflet du cri du béton, du malaise des populations qui y grandissent. Le propos sérieux et radical n’empêche pas les morceaux d’être terriblement accrocheurs. L’authenticité de ce groupe en marge des médias classiques est un vrai bonheur.

Voici l’heure avec un peu de retard du grand nom de ce soir : Slipknot ! Les timbrés de l’Iowa sont de retour à Belfort. Et le spectacle n’est en rien comparable à celui de Gojira. C’est un véritable show à l’américaine auquel nous avons droit. Un grand drapeau aux insignes du groupe monte lentement entrainant une hystérie collective dans les rangs du public. Le chanteur arrive le premier "armé" d’un porte-manteau métallique. Il laisse le public hurler à la mort, prenant la pause et savourant le moment. Son masque a un air de petit hellokitty gothique qui donne le ton. Le reste du groupe arrive et lance la sauce. Le son est lourd, très lourd, très intense.

Les deux percussionnistes qui viennent amplifier le son de la batterie y jouent autant que les guitares aux riffs destructeurs. Les tubes les plus vieux comment les plus récents s’enchaînent avec la même brutalité.

Les percussionnistes animent la scène, courant à droite, à gauche ou jouant les chœurs. Ils arrivent même de frapper un fût de bière avec un batte de baseball, vestige d’une inspiration alcoolisée. Pendant que le clown filme, le chanteur donne quelques mots en français et enjoint la foule à se baisser. Le public métal est cette fois-ci bien plus docile que celui de Prodigy et s’exécutent immédiatement. Au signal, toute la foule bondit pour un effet terrible. Jouant sur le timing du festival, les Slipknot offre deux chansons de rappel dont la célèbre "Spit it out". De manière générale, le public a été réactif mais pas autant que sur d’autres noms comme Kool Shen ou Prodigy. Même si c’est une musique de "kids", les Slipknot ont su offrir un grand show.

Alors que les métalleux rentrent au bercail, il se trame encore quelque chose sous le chapiteau. Laurent Garnier et ses sbires sont là ! DJ touche à tout éclectique, il nous prouve encore ce soir son talent dans le domaine. En effet, il n’est pas seul derrière ses platines : des cuivres, un piano ou une guitare électrique l’accompagnent sur ses morceaux. Pendant qu’il remixe ses morceaux sur ses platines, les musiciens conventionnels l’accompagnent et donnent une dimension toute particulière au son dancefloor qu’il fournit.

Laurent nous donne quelques commentaires entre les morceaux pas forcément très inspirés mais qui créent au moins un lien amical avec le public. La foule, elle, danse à corps perdu sur des rythmes endiablés.

Peu de personnes auraient pu faire réussir cette fusion si brillamment. Laurent Garnier fait partie de ceux-là et prend un rôle de chef d’orchestre pour diriger ses musiciens au fil des morceaux, comme des samples qu’il active en live, il garde le contrôle complet sur le son. Laurent offre ainsi un spectacle de clôture parfait, sorte de synthèse incandescente de tout ce qui a pu être entendu durant ce festival.

Dimanche oblige la fin de la soirée se déroulera au camping pour les plus fougueux. Il me faudra bien une journée complète pour me remettre du festival, mais que de bons souvenirs, que de superbes concerts ! Quelques jours après, je suis déjà en train de me demander quelle sera la programmation de l’année prochaine. Je m’avance peut-être de manière présomptueuse en disant ceci mais je pense que les eurockéennes de Belfort furent le festival à ne pas rater de cet été.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival Les Eurockéennes de Belfort
Le Myspace du festival Les Eurockéennes de Belfort

Crédits photos : Vincent Courtois (Toute la série sur Taste of Indie)


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