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puce Festival La Route du Rock 2009 (vendredi)
The Delano Orchestra - Magnetic Friends - Crystal Stilts - Deerhunter - Tortoise - My Bloody Valentine - A place to bury Strangers  (Saint-Malo, Fort de Saint-Père)  vendredi 14 août 2009

Vendredi 14 août, je m’avance à  l’abordage. Je navigue un peu à  vue. Je n’y comprends rien, la gare de Saint-Malo et tous ces festivaliers échoués sur l’esplanade. Il est trop tôt 11h30, on ne sait quel bus prendre.

Le programme téléchargé informe : Kütu folk et The Delano Orchestra à la plage du Bon Secours. Je ne sais pas où c’est. Je connais bien les artistes de Kütu Folk pour avoir été au Nouveau Casino à Paris, lors d’une spéciale organisée par la coopérative de Mai, scène de Clermont-Ferrand. Et je les retrouve squattant pendant les trois jours du festival le stand des labels indépendants. Je n’ai pas de regrets, je me dirige vers le Fort de Saint-Père, à vingt minutes de Saint-Malo en navette, dans la campagne reculée. Cela se mérite. Il y a naturellement camping et parking à proximité. La tente à installer en 2 secondes est sans conteste la meilleure amie du festivalier.

Le Fort de Saint-Père, vendredi 14 août ouvre ses portes avec les mix de Magnetic Friends : alliances imparables et catapultages d’époques, nous ne nous ennuierons pas un seul instant quand ils assurent les mi-temps de changements de plateau.

Le premier groupe est Crystal Stilts. Electrisés par une scène qui accueillera plus tard Tortoise et My Bloody Valentine, ils n’en produisent pas moins une prestation assez comique.

Le chanteur ne quitte pas ses Ray Ban et chante comme un automate qu’on aurait remonté juste avant et le gars aux claviers lance des blagues.

Côté musique, le son n’est pas bon, le chant est bancal. Seul le guitariste sous ses cheveux, un peu à l’extérieur du désastre, sur la gauche, peut garder la tête haute. Un jeu rapide et expert lui vaut d’être sauvé à l’heure du jugement dernier. Quant aux autres, pas de quartier, on les jette à la mer.

Les suivants Deerhunter ont des allures de professionnels à peu de frais. Le son est bien meilleur. Chacun est en place, les morceaux se sont succédés de façon un peu monotone.

On sent bien que tout le monde patiente, on attend les vétérans. Deerhunter se limite à occuper l’heure d’avant. Programmés trop tôt ou manquant d’audace et de cœur, Deerhunter ne laisse pas un grand souvenir.

Tortoise arrive, la nuit est tombée et sied davantage à leurs ambiances de caractère.

Cela fait plus d’une dizaine d’années que Tortoise expérimente et marie les styles pour une musique de connaisseurs.

Pas de mélodies accrocheuses, pas de voix, autant dire pas de concessions à l’air du temps, pas la moindre œillade en direction du public. Ils creusent leur sillon avec la même technicité pour les fervents d’un rock plutôt élitiste.

A l’arrière plan, des images de formes abstraites, des recherches de formes qui rappellent Kandinski, des dessins japonais.

Tortoise continue son exploration qui les oriente cette fois-ci nettement vers le free jazz, qui conduit comme souvent à une certaine stérilité, une absence d’émotion, un numéro de cirque : sérieux, trop sérieux.

My Bloody Valentine, comme Tortoise ne sont pas programmés en France hormis à la Route du Rock. L’attente est forte, provoquant un petit exode en provenance du Royaume-Uni ou de Doulce France.

My Bloody Valentine commence par un extrait de Loveless, volume à fond. François Floret dira qu’ils ont dû négocier pour qu’ils respectent la législation et rester à 10 décibels en dessous du seuil (qui conduit à la douleur). Les voix de Kevin Shields, de Bilinda Butcher sont littéralement perdus dans ce mur de bruit. Du bruit pour du bruit. Comme l’art pour l’Art. Tout le monde est décontenancé. Il voulait que ce soit fort, mais saignant à ce point, jamais !

Alors ces quelques minutes interminables aux guitares électriques, blitzkrieg moderne, pour quoi ? Pour faire exploser la scène, je croyais bien que quelque chose allait bien péter quelque part : un projecteur, une structure, un ampli.

Pourtant, tout a tenu bon, et même les cœurs sont restés bien accrochés malgré les résonances qui nous martelaient la peau. Un ersatz de fin du monde, de guerre nucléaire, d’enfer sur terre. De la musique ? C’était finalement bien autre chose, un crash test, un ultime snipper des Bloody Valentine qu’on attendait tous bien pépères à l’image de leurs albums, qu’on aurait voulu angéliques et réconciliés. Mais indomptés et indomptables, ils se sont comportés comme des barbares, sans aucune pitié pour leur public/victimes. Jamais dans l’histoire de la Route du Rock, le son n’est allé aussi loin, je veux dire, des kilomètres et des kilomètres alentours.

Quand je pense qu’on nous encourage (c’est la mode), au "Faites du bruit" pour supporter telle cause, lutter contre tel fléau et qu’on se retrouve comme des cons, s’égosillant et tapant des mains et des pieds jusqu’à la lune…

Sans motivation apparente, sans colère politique, sans un mot, les Bloody ont eux, fait du bruit. Et bizarrement ça n’a pas plu. Une provocation qui claque comme une injure, aussi punk qu’un crachat de Johnny Rotten. Après ça, il n’y a plus qu’à se retirer, tout à sa perplexité, la curiosité ravivée pour ce groupe revenu des années 80 et "happy to be here" comme le dit Kevin Shields.

Je laisse A place to bury Strangers et son leader qui s’est fait une réputation à vendre et fignoler des pédales à effets pour guitares.

On aimerait connaître la raison d’un nom pareil et le rapport avec la quincaillerie.

Je rentre quand même à l’hôtel.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival La Route du Rock
Le Myspace du festival La Route du Rock

Crédits photos : Fred (Toute la série sur Taste of Indie)


Sandrine Gaillard         
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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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