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Interview  (Paris)  29 juillet 2009

Alors que sort son nouvel album El Radio, nous avons rencontré, un peu plus tôt cet été, l’américain Chris Garneau. Entre anglais et français, le jeune homme nous raconte la genèse de son disque, ses envies et ses ambitions tout en nous faisant profiter de ses talents lors d’une session acoustique en compagnie de sa violoncelliste…

On te connait en France depuis ton premier album Music for Tourist qui est sorti il y a un an mais cet album est en fait bien plus ancien, je crois ?

Chris Garneau : Oui, il est sorti un an avant aux Etats-Unis.

Est-ce que celui-ci subit le même sort ?

Chris Garneau : Non, il sort presque en même temps, il y a seulement 2 mois de décalage environ. Il est aussi sorti au Japon et quelques autres pays.

Et ce deuxième album est un album avec ton travail récent ou alors, du fait que Music for Tourist commence à être ancien, ce sont des chansons que tu as composé, il y a 1 ou 2 ans ?

Chris Garneau : Ce n’est pas vraiment nouveau, mais c’est un travail qui m’a demandé du temps. J’y travaille depuis en fait 2 ans et demi, depuis 2007 donc. Finalement presque avant même la sortie de Music for Tourist. Nous avons tout d’abord un EP (Seaside), 6 mois après avoir commencé à travailler sur ce disque. C’était avec des arrangements différents, plus proche de Music for Tourist. C’était en fait le lien parfait entre l’ancien et le nouvel album. Par contre, sur le plan des paroles, c’est relativement différent de Music for Tourist, cela parce que bien entendu. C’est assez introspectif.

Cet album s’appelle El Radio, le précédent Music for Tourist, tu as besoin de cette référence à la musique dans les titres de tes albums ? D’où vient ce curieux titre El Radio ?

Chris Garneau : "El" est en fait une référence à ma grand-mère qui s’appelle Eléonore. Elle est décédée peu de temps après que nous ayons commencé à travailler sur cet album et son énergie s’est propagée en moi en quelque sorte et m’a permis d’ouvrir mon esprit à d’autres choses. Ce sont des choses inconscientes mais que je ressens néanmoins. Je pense que cela a beaucoup influencé ma façon d’écrire. El Radio, c’est simplement, sans prétention, la possibilité de diffuser ma musique, mes mots, au plus de gens possible. C’est symbolique des choses que l’on voudrait faire passer aux autres, aux émotions que l’on veut faire passer.

Ton premier album était assez minimaliste, essentiellement composé en piano voix, celui-ci est plus arrangé, il y a plus d’instruments et tu joues également avec Scary Mansion…

Chris Garneau : Oui mais pas sur l’album car lorsque je l’ai enregistré, on ne se connaissait pas encore. En fait avec Scary Mansion, nous jouons ensemble sur scène seulement pour le moment.

Tu as donc encore une fois tout fait seul sur cet album ?

Chris Garneau : Non je l’ai fait avec un ami, Saul Simon McWilliams. Nous l’avons produit tout les deux. On est allé dans le New Hampshire, nous avons pris quelques mois, pour enregistrer cela dans notre studio et plein d’amis sont venus jouer avec moi. De retour nous avons fait tous les arrangements ensemble et avec d’autres amis également. Nous avons même rencontré de nouvelles personnes qui se sont jointes à nous…C’était vraiment différent par rapport à ce que j’avais pu faire sur Music for Tourist. A l’époque, il s’agissait surtout de session live que j’avais mises sur un disque qui regroupait une série de chansons. Avec El Radio, c’est plus réfléchi, préparé. Mais cela reste très organique, plein d’expérimentations car c’est cela qui me plait.

Le piano est assez présent, c’est ton instrument de prédilection ?

Chris Garneau : Oui, j’ai commencé le piano classique quand j’avais 5 ans, et j’en ai joué jusqu’à l’âge de 15 ans environ. Mais effectivement, cela reste mon instrument préféré. D’ailleurs, je ne sais jouer que de cela (rires). Non c’est vrai que je sais jouer de pas mal de claviers différents mais je ne sais pour ainsi dire pas jouer de guitare vraiment. J’apprends mais pour l’instant, je ne suis pas capable de changer d’instrument aussi facilement que je le souhaiterais. Mais c’est clair que m’assoir à un piano pour jouer, c’est vraiment ma passion première.

Tu composes tes chansons uniquement au piano ?

Chris Garneau :  Pour la plupart oui. J’ai composé deux des chansons sur un harmonium…

Cela reste quand même un clavier…

Chris Garneau :  Oui oui, carrément (rires)

Mais il y a cette volonté de t’éloigner des compositions piano/voix dans ton album, et en live tu joues avec Scary Mansion qui est aussi dans un univers musical assez éloigné de cela.

Chris Garneau : Oui, on a essayé de faire quelque chose ensemble pour transformer cet album en quelque chose de plus adapté à la scène. Je les ai rencontrés il y a quelques temps et nous avons commencé à partager la scène il y a peu de temps finalement. Le resultat est assez amusant, et c’est plus facile que je ne l’aurais imaginé. Ca se passe de façon assez naturelle.

On compare de ci et de là ton album avec une année en le découpant en 4 saisons. Que penses-tu de cela ?

Chris Garneau : C’est une chouette comparaison, cela me plait bien. Nous avons commencé à travailler pendant 3 mois sur le disque et puis vers novembre, nous avons décidé de rentrer à New-York, parce qu’il commençait à faire froid. C’est vrai que les saisons ont des effets sur votre comportement et votre humeur selon que vous avez froid, chaud, etc. Donc peut-être que cela a eu une influence sur la couleur des compositions… (sourires)

Il y a un titre de chanson en français sur l’album…

Chris Garneau : "Les Lucioles", c’est un titre que je faisais en live souvent en le chantant en français (traduction de la chanson "Fireflies"). Et j’ai décidé de faire cette version au piano seulement, en gardant le titre français, je trouvais ça chouette. Je dois dire que j’aime beaucoup la France. Je suis très attaché à ce pays et je m’y sens bien.

Tu as une façon de chanter assez particulière avec des mots qui se détachent les uns des autres et une diction assez lente. C’est un choix, ou c’est une façon naturelle de chanter ? Tu aimes raconter des histoires autant que chanter ?

Chris Garneau : Oui c’est naturel, car quand je chante, je fais mon possible… En fait non, je le fais, c’est comme ça, pour chanter de la même façon que je suis en train de parler (ndr : il parle lentement et très distinctement).

Quand  j’ai commencé à chanter et à écrire, j’ai pris des cours et j’ai essayé de garder ce côté naturel et, disons unique pour chacun, propre à ma voix. Chanter cela peut être très naturel mais aussi très différent de notre façon de parler. Parfois, c’est super et parfois c’est vraiment affreux. Je me souviens d’avoir écouter ces chansons des années 70 où les chansons étaient tellement épiques, dramatiques, théâtrales. J’essaie pour ma part de chanter de la façon qui me parait vraiment la plus naturelle pour moi.

C’est aussi une façon de donner de l’importance aux textes ?

Chris Garneau : Oui bien sûr. Mais c’est un ensemble, la façon dont la mélodie est faite, dont le morceau se déroule.

Est-ce que tu te sens plus proche de la musique de Elliot Smith ou de celle de Mercury Rev ?

Chris Garneau : Elliot Smith. C’est une grande influence pour moi. La chanson que j’ai reprise sur mon premier album, est une des premières chansons que j’ai jouées. Malgré qu’il soit décédé, il reste pour moi une de "coach" pour ma musique.

Pour continuer dans la comparaison, musique épique/musique folk, es-tu plutôt Divine Comedy ou Rufus Wainwright ?

Chris Garneau : Je ne me sens pas particulièrement proche de l’un comme de l’autre. Divine Comedy, je ne connais pas super bien en fait. Si on prend en compte le travail de production et le bon goût (rires), je préfère Divine Comedy. En ce qui concerne Rufus, c’est un peu la lutte… Je ne peux pas nier qu’il a une certaine influence sur moi (j’avais 16 ans quand il a sorti son disque). Mais pour quelque raison que ce soit, je ne suis pas forcément très fortement sensible à sa musique.

Quelle sera la suite de l’aventure Chris Garneau après la sortie de cet album ?

Chris Garneau : J’ai un nouveau projet qui n’en est qu’à ses débuts et je ne sais pas encore exactement où cela va me mener mais j’ai commencé à demander à mes amis très proches, à ma famille de m’écrire quelques mots à propos de leurs souvenirs d’enfance durant l’hiver (l’hiver est vraiment ma saison préférée) et j’ai commencé à récupérer ces textes. Je ne sais pas encore ce que je vais exactement en faire, mais ce sera la base de mon prochain album.

Musicalement tu ne sais donc pas encore vers quoi cela va aller ?

Chris Garneau : Et bien en fait, je pense que ce sera un album de pur Hip hop ! Non non je plaisante (rires). Non pour l'instant, je ne sais pas si ce n'est que je voudrais que l'enregistrement se passe de façon assez "fun". Avec plus de gens qui jouent ensemble, qui expérimentent, qui mélangent leur énergie. C'est cela le but, mais je ne sais pas encore quelle direction cela prendra.

Retrouvez Chris Garneau
en Froggy's Session
pour 2 titres acoustiques en cliquant ici !

 

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En savoir plus :
Le Myspace de Chris Garneau

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Chris Garneau (29 juillet 2009)


# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
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"So cold streams" de Frustration
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