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My Name  (Cinq 7 / Wagram)  septembre 2009

Il y a quelques années, le succès du projet Nouvelle Vague (mené par Marc Collin et Olivier Libaux) avait surtout profité à la chanteuse Camille : bête de scène exubérante, elle jouait des coudes et remuait du popotin pour mieux éclipser ses camarades, s’attirant les faveurs des médias à la veille de la parution de son deuxième album (Le Fil, qui allait recueillir tous les suffrages).

Un peu plus en retrait mais tout aussi impliquée dans la réussite du groupe, on découvrait aussi la ravissante Mélanie Pain, dont le timbre de lolita évaporée offrait à l’auditeur un contraste bienvenu avec la voix déménageuse (un peu fatigante) de la future vedette…

Camille enfin partie faire ses pouêt-pouêt ailleurs, Mélanie Pain est ensuite devenue la pièce centrale du projet, au point de se voir confier les morceaux les plus importants de sa troisième et dernière mouture discographique, notamment les duos avec Martin Gore (Depeche Mode) et Ian McCulough (Echo & the Bunnymen).

Forte de cette expérience et auréolée du statut "hype" de ces galettes qui se sont vendues comme des petits pains… la Mélanie du même nom revient aujourd’hui au premier plan, seule (mais bien entourée), avec un premier album que l’on pourrait qualifier de "miraculeux".

Dans un récent numéro de CD D’Aujourd’hui, elle déclarait que l’écriture des chansons s’était étalée sur plus de quatre ans… Pas étonnant, alors, que ce disque ait des allures de petit best-of : les auteurs ont clairement voulu faire de chaque titre une pépite en soi, enfilant un nombre incalculable de perles, presque toutes susceptibles de faire un tube potentiel.

En général, ce genre d’album (qui sonne comme une compilation de 45 tours) pêche par manque de cohésion. Ce n’est pas le cas ici : les ambiances et univers s’enchaînent et se complètent avec une grande fluidité, composant un ensemble très harmonieux.

Comme dans Nouvelle Vague, le parti pris est souvent rétro, mais les influences diffèrent : après le début des 80’s, les années 60 sont ici à l’honneur, avec des compositions originales évoquant certains classiques pop. Par exemple : les couplets de "Celle De Mes 20 Ans" évoquent immanquablement le "I Want You" de Bob Dylan… Tandis que la construction de "Bruises" rappelle certaines ballades soul à la "I’ve Been Loving You To Long" (Otis Redding)…

Mais les références ne durent qu’un temps, et ces morceaux brillamment écrits finissent par éclipser les modèles et nous rester en tête pour leurs qualités propres. En l’occurrence, "Celle De Mes 20 Ans" est une belle évocation du vieillissement (tandis que la voix, ironie cruelle, ne bouge pas d’un iota, toujours aussi "lolita-esque"). Et "Bruises" est à la fois léger et profondément romantique, osant des onomatopées ("wow", "bang bang") pour traduire, mieux que des mots, la force du choc amoureux.

Parmi les autres indubitables réussites rétro, on trouve "Ignore-Moi" (paroles de Jacques Duvall, auteur fétiche d’Alain Chamfort et Lio), "Everything I Know", ou "If You Knew". Sans oublier une reprise d’un titre d’Harry Nillson datant de 1968 ("Little CowBoy").

Cela dit, il ne faudrait pas réduire le disque à ce versant léger et référencé : pour faire contrepoint et ne pas sonner exclusivement comme une compile "Pop à Paris", les autres plages affichent un son plus contemporain et une gravité de bon aloi. "La Cigarette", morceau choisi comme single avant-coureur, est traversé de guitares évoquant les travaux de Dominique A pour Françoiz Breut, ou de Joey Burns pour Marianne Dissard… Et "Helsinki" est un étonnant duo épistolaire avec Julien Doré (de la Nouvelle Star), que l’on n’avait jamais entendu si convaincant.

La majeure partie de l’album est réalisée par (Benoît de) Villeneuve, artiste de son état dont les premières maquettes (avec Mélanie Pain) avaient attiré l’attention de Collin et Libaux sur la voix acidulée de la chanteuse. Dans une interview accordée à Froggy’s Delight en septembre 2005 alors qu’il travaillait déjà sur ce disque, celui-ci déclarait : "les démos sonnent plutôt folk américana, pop et des textes en français avec des mélodies simples. Mélanie est essentiellement interprète. J'écris les musiques et les textes sont principalement écrits par Pap Deziel".

En lisant aujourd’hui les crédits du disque achevé, on est content de voir que Mélanie Pain ne se contente plus d’être une simple interprète : elle a aussi mis la main à la pâte (sic) et co-signé une demie douzaine de titres, principalement au niveau des textes. Parmi les autres intervenants, on retrouve Phoebe Killdeer (qui était dans Nouvelle Vague), et le groupe 1973 (dont le guitariste officiait aussi avec NV, décidément on n’en sort pas).

En conclusion : on recommande vivement ce disque, qui mêle de joyeux tubes pop à des chansons graves et classieuses, alternant des ambiances diverses (toujours chiadées) sans jamais perdre sa cohérence.

Si Mélanie Pain a encore du chemin à parcourir pour se forger une personnalité artistique authentiquement singulière (le mode rétro et l’influence de son Pygmalion sont encore prépondérants), son premier album est tout de même remarquable, et prometteur.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Mélanie Pain
Le Facebook de Mélanie Pain


Nicolas Brulebois         
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"Déshonorée" au Théâtre de l'Opprimé
"Jacob, Jacob" au Théâtre-Sénart
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les reprises :
"Roses" au Théâtre de la Bastille
"Fin de partie" au Théâtre Essaion
"La Mate" au Théâtre du Rond-Point
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"Sa majesté des ombres" de Ghislain Gilberti
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et toujours :
"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
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"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
"War is boring" de David Axe & Matt Bors

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