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The House That Dirt Built  (Counter)  octobre 2009

La fille est jolie, tu cherches à l'impressionner, un peu. Appuyé sur ton impeccable cinq portes familiale au taux d'émissions carbone écologiquement acceptable, tu fumes ta cigarette avec des airs de biker de l'enfer. Tu es le rock'n roll, tu es le sexe. Tu n'as jamais oublié tes racines blues, ton devenir funk, tes tentations souls. Ta face noire. Animal, tu sors de la jungle avec ce regard étudié de prédateur, par en-dessous.

La bande son ? Pourquoi pas le nouvel album de The Heavy, The house that dirt built ? Vintage dans les sonorités comme dans l'esprit, truffé de petites pépites nostalgiques, jusqu'à cette demi-reprise de Screamin' Jay Hawkins ; "Sixteen", qui récupère l'instrumentation (toujours aussi incroyable tant d'années après) de "I put a spell on you" et, d'autres mots à la bouche, s'en réapproprie le chant.

Deux ans après un premier opus déjà remarquable (Great Vengeance and Furious Fire, 2007), le quatuor grand-breton remet sur les fourneaux sa délicieuse mixture aux goûts authentiques. Très loin du simple tribute band, la formation parvient à produire aujourd'hui les classiques d'hier avec une facilité confondante. "How you like me now ?" et "Oh no ! Not you again !" ont ce côté james-brownsien frénétique, imparable. "What you want me to do ?" sent le blues blanc, anglo-saxon et peut-être même protestant, façon Doors ou Led Zeppelin. "Cause for alarm" s'offre même un pas de côté vers le reggae originel, celui de Marley et ses Wailers, avec ses relents de folk-rock, sans l'affectation d'un genre musical. Ce qui n'empêche pas quelques détours par un rock plus heavy, justement, avec "No Time" par exemple. Bref : tout ce qu'il faut pour te rappeler tes années sauvages. Avant d'être cadre moyen dans un petite/moyenne entreprise, tu étais indomptable. C'est toujours en toi, juste là.

La fille est jolie, te donne des ailes. L'envie d'elle. L'envie de toi, même. Te retrouver pur-sang, le tien ne faisant qu'un tour. Galoper nu dans le vent. L'esprit des plaines, des esclaves, des insurgés. Ses yeux sont sur toi comme tu avances vers elle. Tu sens t'envelopper cette aura de danger. L'envie de lui jeter sort. The Heavy s'en charge pour toi, la voix haut-perchée ET rauque (?!) de Swaby chante "Love like that". Tu es l'amour ; du genre que l'on fait, pas du genre dans lequel on tombe. Tu ne tombes pas dans le panneau. Pas toi. Jamais.

Travelling avant, jusqu'au close-up sur son visage. Elle s'appelle Ursule. Tu lui dis que tu l'as dans la peau. Délicieusement désuet. Elle sourit, cinémascope. Tu lui demandes si elle connaît The Heavy. Vous allez chez toi pour écouter le disque en buvant du whisky-coca. Avec modération ? Baste ! Tu lui montres ta vieille collection de 33t, vous parlez de musique pendant des heures. Bientôt tu te tais, tu l'écoutes te raconter ses années américaines, ses soirées avec Fogerty, Hendrix, Joplin... un continent d'Est en Ouest, jusqu'à l'océan... Qui est cette fille ?!?

The house that dirt built s'ouvre sur un extrait de la bande annonce du film d'horreur (vintage lui aussi !) Don't go in the house (Joseph Ellison, 1980), avertissant l'auditeur qu'il met les pieds en terrain dangereux. L'aura de danger du rock et de tous ses avatars. La démesure, la violence de la passion, l'absence de limites, l'inconnu. N'entre pas dans la maison. La fille est jolie. Mais tu n'es pas de taille. Elle va te bouffer tout cru, ma tante Ursule. Ursule. Dangereusement belle. Négresse blanche. Frisson vaudou, sacrifice de l'âme, machine à sexe – bien trop à rêver, la nuit dernière...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album eponyme de The Heavy Circles
The Heavy en concert au Festival Les Transmusicales 2007 (Jeudi)
The Heavy en concert au Festival Musiques en Stock 2008
The Heavy en concert à L'Aéronef (mardi 30 mars 2010)


En savoir plus :
Le Myspace de The Heavy


Cédric Chort         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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