Pièce
lyrique de théâtre conçue et mise en scène
par Agathe Thalazac, avec Thomas Nucci, Eva Dumont, Slimane
Majdi, Thibault Pinson, Katarina Apostolopoulou, Blaise Poujad,
Christophe Charrier, Sylvain Begert, Aïda Asgharzadeh,
France Renard et Amélie Manet.
Avec "L'appel de la pompe à
feu", Agathe Thalazac,
auteur, illustratrice, costumière et scénariste,
a concocté, de l'écriture à la mise en
scène en passant par la scénographie et les costumes,
un spectacle qui se révèle singulier et à
nul autre pareil, conçu à la fois comme un hommage
au musicien Erik Satie et une immersion dans l'effervescence
artistique et le bouillonnement métaphysique revisités
des avant gardes du début du 20ème siècle,
des surréalistes aux cubistes en passant par les fauves
et les futuristes, de Dali à Picasso, de Picabia à
Matisse.
A la manière des dadaistes, elle a jeté les noms
et les univers de ceux qui ont contribué à ce
foisonnement exceptionnel et, à ce jour, inégalé
dans une étrange marmite cosmogonique qui a accouché
d'une fantaisie lyrique débridée qui tient à
la fois de l'opéra bouffe mettant en scène un
Satierik halluciné, de la l'esthétique chorégraphique
des Ballets russes, il y est question du fameux ballet "Relâche"
mis en musique par Satie pour les ballets éponymes de
Serge Diaghilev dont on fête le centenaire cette année,
et de l'épopée ubuesque, avec les péripéties
rencontrées pour monter ledit ballet.
Drolatique, burlesque et jubilatoire, la décoction alchimique
est fort réussie pour ceux qui sont prêts à
toutes les extravagances et à se délecter de jus
de fuschia.
Alors, en avant toute, dans des décors qui évoquent
le vocabulaire pictural et la palette chromatique de Sonia Delaunay
et sur une partition de musique objective originale, aux réminiscences
gymnopédiennes mais sans toutefois les pasticher, composée
par Paolo Furlani et exécutée
en direct par un délicieux quatuor, Stefano
Bulfon, Louise Levend, Lise
Schmitt et Fabien Lauer.
Emmenés par les remarquables Thomas
Nucci et Eva Dumont, dans les
rôles principaux de Satierik et de son égérie
l'enchanteresse Isaure, dans les rôles principaux de Satierik
et de son égérie l'enchanteresse Isaure, les jeunes
comédiens, presque tous issus de l'Ecole du Sudden, donnent
vie à d’étranges personnages faunesques
qui naviguent au gré d’une chorégraphie
mécanicienne de boîte à musique pour retrouver
le bonheur simple de s’émerveiller.
Ils forment une épatante troupe chorale et totalement
investie dans cette aventure fantasque et passionnante qui rappelle,
une fois encore et ce n'est jamais trop, qu'il faut croquer
la vie à pleines dents et s'amuser pour leurrer la Belle
Mort insatiable et toujours en embuscade. |