Le
Musée de la Vie Romantique
présente cet hiver une exposition conçue avec
le Musée du Petit Palais
à partir notamment des collections de ce dernier afférents
aux "Souvenirs d'Italie 1600-1850".
Du 17ème siècle classique au 19ème siècle
romantique, le voyage en Italie constituait, sinon une source
d'inspiration incontournable, du moins une étape initiatique
fort prisée surtout par les candidats au Prix de Rome
qui visaient la résidence à l’Académie
de France à Rome, le 18ème siècle l'ayant
même érigé en pratique éclairée
à laquelle se soumettaient artistes et écrivains.
Sous le commissariat conjoint de Gilles
Chazal, Directeur du Petit Palais, et Daniel
Marchesseau, Directeur du Musée de la Vie romantique,
l'exposition entraîne le visiteur, selon un parcours chronologique,
pour un périple italien pluriséculaire à
travers une centaine d'œuvres, peintures, dessins, estampes
et sculptures, dont de nombreuses inédites qui sont présentées
pour la première fois au public.
A la recherche du Beau
Cette exposition illustre l'engouement récurrent tant
des artistes que de la société pour l'Antiquité
comme source de l'art et du Beau et pour l'Italie, dont la statuaire
a permis à la perfection hellène de traverser
les siècles, comme berceau du classicisme.
Les artistes trouvent à Rome et dans les sites environnants,
des collines de Tivoli aux jardins de la Villa d'Este, des paysages
"pittoresques" en résonance avec l’iconographie
mythologique et regorgeant de vestiges et de ruines qui constituent
leurs thèmes de prédilection.
Parmi les points forts de l'exposition, une belle sélection
de dessins d’après nature qui illustrent les différentes
manières de l'artiste, de la fraîcheur rustique
à l'austérité héroïque du représentant
incontestable du paysage classique pour le 17ème siècle,
le dessinateur et graveur Claude Gellée
dit Le Lorrain.
Sont
également présentes des aquarelles inattendues
de Charles Garnier et une toile exceptionnelle
Camille Corot représentant
un nu ("Marietta").
Pour le 19ème siècle et pour évoquer les
sources de l’Age d’or italien, les amateurs découvriront
quelques pièces du cabinet d’Antiques de la très
riche collection Dutuit détenue par la Musée du
Petit Palais.
L'exposition est riche de pièces exceptionnelles qu'il
appartient au visiteur de découvrir.
Le
point d'orgue de cette exposition, en regard, d'oeuvres de Fragonard
et de Claude-Joseph Vernet, figure
la suite des toiles peintes par Hubert Robert,
un des principaux protagonistes du renouveau de la peinture
de paysage et du néo-classicisme dans la seconde moitié
du 18ème siècle, réalisées pour orner
la résidence de Beaumarchais.
En effet, sont réunies pour la première fois
les 8 panneaux de hautes toiles décoratives aux thèmes
champêtres et exaltant la beauté des ruines romaines
qui illustrent particulièrement la fantaisie poétique
et la touche caractéristique de la manière du
peintre.
Ainsi se clôt une exposition exquise qui transporte dans
un espace spatio-temporel imaginaire et idéalisé. |