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Interview  (Paris)  12 otobre 2009

Lundi 12 octobre, les quatre garçons de Wild Beasts étaient de passage à Paris pour un concert en Black Session à la Maison de la radio. L’occasion pour eux de nous dévoiler les titres de leur excellent deuxième album, Two Dancers. Et l’occasion idéale pour nous, de leur poser quelques questions. C’est dans le calme et le feutré du studio 105 que nous les retrouvons pour bavarder un peu…

Quand êtes-vous arrivés à Paris ?

Tom : Aujourd’hui.
Hayden : Ce matin exactement.

Avez-vous eu le temps d’en profiter ?

Tom : Non, on n’a pas eu le temps de faire quoique ce soit, d’ailleurs ça fait un bail qu’on ne profite de rien !
Hayden : On est restés dans le bâtiment toute la journée. On est crevés.

Ok, alors je vais essayer de ne pas trop vous fatiguer ! Je commence par une question super simple. Pourriez-vous, chacun, vous présenter ?

Hayden : Je suis Hayden de Wild Beasts, chanteur et guitariste.
Tom : Je suis Tom de Wild Beasts, chanteur et bassiste.
Chris : Je suis Chris de Wild Beasts, batteur.
Ben : Je suis Ben de Wild Beasts, guitariste.

Parfait ! J’avais eu le grand plaisir de vous découvrir au dernier Festival des Inrocks en novembre dernier, vous aviez joué aux côtés de Seasick Steve, des Virgins, de Friendly Fires, de Foals… Vous vous souvenez de tout ça ?

Ensemble (enthousiastes) : Oui très bien, c’était un super festival !
Hayden : C’était très excitant et la programmation était incroyable.
Ben : Seasick Steve a été génial.
Tom : L’ensemble de la tournée a été génial. A Paris, comme à Lille, Nantes, Bordeaux et Toulouse. Fantastique !

Pour revenir au groupe, votre nom était originellement en français  "Fauve", que vous avez finalement traduit en "Wild Beasts". Ce terme "fauve" rappelle évidemment ce célèbre mouvement qu’est le fauvisme. Y-a-t-il un rapport ?

Hayden : Oui bien sûr. D’ailleurs le terme en français "fauve"  est, de loin, bien plutôt joli que sa traduction anglaise, qui est elle, grossière. Mais on aime cette idée de quelque chose de beau qui devient laid. Du coup, on a décidé de garder les choses ainsi.

Peut-être savez-vous également qu’il n’existe pas de définition claire quant à ce mouvement artistique… un peu comme votre univers musical, il est assez difficile à définir…

Tom : Merci ! On vient d’endroits très différents et là où nous nous rencontrons, c’est à travers la musique que nous faisons tous ensemble.
C’est important d’écouter beaucoup de musiques, de styles différents si tu veux faire de la musique… même écouter de la musique que tu n’écouterais pas habituellement. On veut juste créer un son qui nous ressemble, c’est la façon la plus responsable de faire les choses, être au plus proche de ce que tu peux être. Après ce n’est pas à nous de décider si nous sommes bons ou non.
Hayden : On a commencé de manière tout à fait innocente, notre son était celui-ci de Wild Beasts, on n’a pas tellement cherché à cadrer quoique ce soit. On n’avait pas vraiment de base comme d’autres groupes ont. On s’est construits au fur et à mesure.

Avez-vous entendu parler du terme "pop-opéra" à propos de votre musique ?

Tom : Sur le 1er album effectivement, il y avait beaucoup de place pour les voix, pour le chant. Mais je pense que cette fois-ci, il y a plus de place pour le rythme, c’est plus l’album d’un groupe si tu vois ce que je veux dire, plutôt qu’un album de voix.

A propos de vos voix justement, elles sont toutes différentes mais aussi incroyables : falsetto, baryton, tenor. Avez-vous un passé musical classique ?

Tom : Oui et non. Comme je disais, on vient tous d’endroits différents avec notre passif mais finalement ce qu’on a appris, on l’a appris sur le tas. On a appris ensemble, en répétant, en jouant.
Hayden : En fait quand on a commencé, on croyait savoir ce qu’on allait devenir et ce qu’on voulait faire. A 18 ans tu te rebelles, tu crois savoir les choses mieux que tout le monde. Des fois ça marche mais des fois non, et on a évidemment plus appris dans les moments difficiles.

Il vous a fallu 5 ans pour sortir votre premier album et seulement 1 an pour celui-ci, vous étiez pressés ?!

(rires)

Hayden : Oui c’est pas faux ! Tu sais dans ce business, les choses vont très vite, on t’oublie vite.
Ben : Les circonstances étaient tout à fait différentes. Le premier a été un énorme projet. Pour celui-ci, on était en studio, on s’est volontairement mis la pression, c’était plutôt intense.
Tom : Pour le premier nous avions vraiment beaucoup d’idées et nous devions beaucoup travailler encore. On a beaucoup appris, aussi bien sur l’écriture des chansons, que faire un disque. Quand tu travailles sur ton premier disque, c’est tellement de boulot. Ton disque, TON premier disque, tu essayes d’en faire la meilleure expression de ce que tu es, évidemment c’est plutôt dur ! Pour le deuxième, tu dois suivre ton instinct et te faire confiance, tu ne peux plus te prouver que tu es bon mais tu dois l’assumer « ok, oui, je suis bon dans ce que je fais ». C’est pas simple mais tu dois aller en studio confiant et écrire des chansons.

Effectivement, d’après ce que j’ai pu lire, vous vous êtes autorisés d’être plus aventureux sur cet album…

Hayden : En fait entre notre premier album et celui-ci, l’industrie du disque s’est bien cassé la gueule, on s’est donc dit qu’on avait rien à perdre et on s’est autorisé à faire ce qu’on voulait faire, sans peur. On s’est autorisé à s’amuser aussi. Et en fait je crois que la plupart des groupes que nous aimons ont ce plaisir à jouer ensemble.
Chris : Le premier album, nous l’avons fait de manière très traditionnelle, guitare, basse, batterie, nous avions fait les choses simplement.

Et désormais, lorsque vous composez, comment les choses se passent ?

Hayden : Il n’y a pas de règles.

A part celle de s’amuser ?

Hayden : Exactement, s’amuser et surtout ne rien s’interdire. La personne avec qui on a fait le disque a été très importante. Il nous a toujours encouragé à faire les choses autrement. Rien n’a été perdu, puisqu’on avait pas le temps d’en perdre.
Tom : On s’enrichit aussi les uns avec les autres, je pense que c’est le propre d’un groupe, chacun apporte aux autres.

Vous avez enregistré ce nouvel album avec Tore Johansson, en Suède. Comment s’est passé cette expérience ?

Tom : C’était pour le premier album.

Oups !

Tom : C’était un peu "les quatre jeunes garçons qui allaient en studio pour faire un album !". C’était une super expérience, on a beaucoup appris, mais pour celui-ci, c’était complètement différent. C’était à une échelle plus petite. Tore n’a pas produit ce deuxième disque mais il y est malgré tout, puisqu’il nous a appris beaucoup.
Hayden : J’ai aussi ce sentiment. C’est un peu comme quand tu vas à l’université, tu désignes un endroit sur une carte, juste pour t’éloigner de ce que tu connais, de ce qui t’est familier. Tu veux absorber de nouvelles choses, t’éclairer l’esprit. ça été cette sorte d’aventure.

Vous êtes signés sur label prestigieux, Domino Records. Des groupes tout aussi prestigieux y sont également signés. Ce doit être grisant non ?

Tom : Oui c’est certain ! En plus c’est une très belle année pour Domino, puisque beaucoup de très bons albums sont sortis. C’est vraiment chouette de faire partie de tout ça. En fait avant d’être signés, on se fichait pas mal des labels, mais dès que tu es signés tu te rends compte à quel point le nom, la notoriété de ton label compte. Et aussi, ils nous ont toujours laissés faire ce qu’on voulait artistiquement faire. Il y a un respect très fort.

A propos de "All king’s men", un des titres présents sur votre nouvel album, il rappelle un peu Animal Collective dans ses sonorités tribales. Est-ce un groupe que vous aimez, que vous écoutez ?

Tom : Oui, on aime beaucoup. Effectivement, c’est juste.
Hayden : Oui, la boucle de batterie d’une certaine manière.

Le partie de chant aussi, non ?

Hayden : Oui aussi oui.

Et à propos de "The Fun Powder Plot", ce titre fait référence à une action politique et sociale (ndlr : Fathers 4 Justice (Pères pour la Justice en français) est un groupe mondial de pression politique disposant de branches au Royaume Uni et dans plusieurs autres pays. Parmi les opérations les plus spectaculaires, une poignée de militants réussit à s’introduire en mai 2004 à la Chambre des communes, dans le Palais de Westminster, et à lancer sur le Premier ministre Tony Blair deux préservatifs remplis de farine teinte en mauve.)

Hayden : Oui en fait, après notre premier album, on a vraiment réalisé que ce que tu racontes peut avoir un réel impact sur les gens, ils retiennent vraiment ce dont tu parles. On a repris ce sujet parce que c’est une partie de l’histoire anglaise très connue et importante.

Quels sont les autres sujets qui vous ont inspirés pour l’écriture de cet album ?

Tom : La dance music, vraiment. La batterie, le rythme sont au centre de notre album. Le titre Two Dancers fait référence à ça, à la musique qui fait danser. Il y aussi quelque chose de sexuel. Le désir, les corps, la musique électronique a ça en elle et c’est ce qu’elle transmet.

Deuxième album, nouvelle tournée, vous devez commencer à vous habituer à être tout le temps sur la route ?

(rires)

Ensemble : Oh oui !

Vous aimez cette part du "boulot"  ?

Tom : Oui, on aime beaucoup, mais on est vraiment crevés !
Hayden : C’est quelque chose que j’ai appris à aimer. Au départ, j’aimais simplement jouer et composer avec les autres.
Chris : On avait pris l’habitude d’être en studio, moi ça m’allait bien mais on ne peut tout simplement pas faire que ça. On doit tourner.
Ben : C’est quelque chose d’étrange parce qu’en fait c’est seulement 1 heure, 1 heure 30 pendant la journée où tu es sur scène. Tu traînes un peu toute la journée et puis tout d’un coup tu prends un grand coup de pression.
Tom : En même temps, jouer pour le public c’est génial, tu te demandes ce qu’il pense de toi. Et finalement quand tu as fini, tu as hâte que ça recommence.

Justement, pouvez-vous décrire un petit votre public ? Parce qu’il est aussi le reflet de la musique…

Hayden : Effectivement, certaines musiques sont faites/ designées pour certaines personnes. Quand on a commencé, c’est vrai qu’on s’est demandé où on voulait aller. Et en fait maintenant, quand on regarde notre public, il y a vraiment des gens très différents.
Tom : Moi ce que j’aime particulièrement, c’est quand je vois des couples et qu’il chante tous les deux nos chansons, c’est un peu comme si on faisait partie de leur relation ! (rires) C’est génial, c’est très touchant.

Parlons un peu musique ! Quel album récent recommanderiez-vous tout particulièrement ?

Hayden : Le dernier Dirty Projectors, qui sont aussi sur Domino. Un album sorti cette année et vraiment excellent.
Ben : Junior Boys sur Domino aussi.

Et quel album culte recommanderiez-vous tout particulièrement ?

Tom : Les albums d’Angels Of Light. Le chanteur est aussi l’auteur. Il fait des chansons incroyables, il chante sur les gens, ce sont des espèces de chansons/portraits . Il y a quelque chose de gothique mais les morceaux sont très orchestrés, il y a toujours beaucoup d’instruments. J’aime tous ses morceaux.
Ben : J’aime beaucoup Neutral Milk Hotel.
Hayden : Un mec appelé Son Lux. Ce qu’il fait est incroyable. Il utilise simplement des cordes et des machines. Il est basé à New York.

Et quel groupe recommanderiez-vous de voir en concert ?

Ben : Foals !
Tom : En fait, on a beaucoup tourné avec eux. Ils nous ont beaucoup appris sur le fait de jouer live, sur l’énergie qui peut s’en dégager. C’est un groupe vraiment étrange qui est aussi très populaire… et aussi « fashion ». C’était un bon challenge pour nous de jouer avec eux.

Ce soir vous jouez dans le cadre d’une Black Session de Bernard Lenoir. Est-ce que vous savez un petit peu qui est ce monsieur ? On dit de lui qu’il est le "french John Peel"  ?

Ensemble (enthousiastes): Oui oui on nous a dit ! C’est un honneur d’être ici !

Et la dernière question sera pour Hayden ! La moustache, c’est fini ?!

Ensemble (rires)

Hayden : En fait, j’avais une barbe dernièrement mais je l’ai rasée ce week-end. Quand tu es un jeune homme, tu as besoin de faire tes propres expériences de look, la moustache en était une ! Peut-être pas la meilleure !

Retrouvez Wild Beasts en Froggy's Session
pour 2 titres acoustiques en cliquant ici !

 

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La chronique de l'album Hooting & Howling EP de Wild Beasts
La chronique de l'album Two Dancers de Wild Beasts

En savoir plus :
Le Myspace de Wild Beasts

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Wild Beasts (12 octobre 2009)


# 16 février 2020 : Pour les amoureux de culture

La Saint Valentin est passée. Nous espérons que vous avez pioché des idées de cadeaux culturels dans notre sélection de la semaine dernière. Ceci dit il n'y a jamais assez d'occasions de faire plaisir, alors voici une nouvelle sélection qui saura vous séduire. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne
et toujours :
"I become a beast" de Caesaria
"Hopetown" de Claudial Solal et Benoit Delbecq
"L'îlot" de Cyril Adda, à retrouver aussi en session
"Granados Goyescas" de Jean Philippe Colard
"On both sides of the atlantic" de Jon Bouteiller
"Lovers" de Kid Francescoli
"Ooh Hah" le mix numéro 10 de Listen in Bed
"Show no mercy" de Loki Lonestar
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Simido" de Moonlight Benjamin

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"La Collection" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Correspondance avec la mouette" au Théâtre Les Déchargeurs
"Ni couronne ni plaque" au Théâtre de Belleville
"Dans les forêts de Sibérie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Hedda" au Théâtre de Belleville
"Roi du silence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aime-moi" au Théâtre de Belleville
"Mon Olympe" au Théâtre de Belleville
"Ciel, mon Paris !" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Faucheuses" à la Comédie Nation
"Le petit résistant illustré" au Théâtre Essaion
des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"What is love" à la Divine Comédie
"Ah ! Félix (n'est pas le bon titre)" au Trois Baudets
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Picasso - Tableaux magiques" au Musée national Picasso
"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais
"Le Rêveur de la forêt" au Musée Zadline
"Du Douanier Rousseau à Séraphine - Les grands maîtres naïfs" au Musée Maillol
"Le Marché de Art sous l'Occupation 1940-1944" au Mémorial de la Shoah

Cinéma avec :

"Sortilège" de Ala Eddine Slim
Oldies but Goodies avec "Les Vertes Années" de Paulo Rocha
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox
et toujours :
"Alt life" de Joseph Falzon & Thomas Cadène
"Ce qui est nommé reste en vie" de Claire Fercak
"Dévorer les ténèbres" de Richard Lloyd Parry
"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard
"L'homme qui n'est jamais mort" de Olivier Margot
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"Le livre de Sarah" de Scoot McClanahan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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