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L'Aéronef  (Lille)  vendredi 13 novembre 2009

Rodrigo_GabrielaDepuis 2006 et la sortie de son troisième album, le duo de guitaristes mexicains Rodrigo y Gabriela s’est construit une notoriété croissante, visible à sa capacité d’étonner, de stimuler les foules. Sur la scène de l’Aéronef, avant l’arrivée des deux musiciens, on ne remarquait aucun instrument sur scène. L’électricité est une idée ancienne en Europe: l’audace consiste à la diminuer le plus possible, sans pour autant réduire la puissance musicale.

 La méthode du groupe est de conserver la vigueur du rock, du hard et du heavy-metal, en les dépouillant de leur caractère trop explicite, et en les reportant sur une structure acoustique minimaliste. Le flamenco sert de base à leur architecture musicale ; un flamenco enrichi par une rythmique salsa et jazz, sur laquelle viennent s’appuyer les influences aussi variées que Pink Floyd, Santana, Hendrix, Metallica. Les sonorités gagnent ainsi en richesse et en profondeur, par leur caractère hybride, et par le travail rythmique qui leur sert de base. Les traditions latines en sortent bousculées.

On vérifie alors que l’impact de cette musique procède de ce qu’elle retient, de ce qu’elle enlève et supprime : ce n’est pas avec une Fender chauffée à blanc que le groupe a imposé son jeu, mais avec la précision d’une rythmique implacable. Gabriela Quintero se charge à elle-seule des parties rythmiques et harmoniques tout en assurant le travail des percussions, effectué à même la caisse ; Rodrigo Sanchez, lui, s’occupe de la guitare solo dont le jeu rapide oriente la construction harmonique de sa partenaire. Sur scène se répondent ainsi deux forcenés du rythme, qui arrêtent leurs pas là où la virtuosité commence.

Pas question ici d’enclencher la mécanique, tape-à-l’œil, de la démonstration, ou de la performance. Les deux mexicains privilégient l’émotion à la technique, et la simplicité à l’attitude. Une rythmique ne fonctionne que par sa capacité à se transmettre dans l’espace sans brusquer le Corps du public, sans imposer sa dynamique. Elle se fait par propagation, de proche en proche. Des titres comme "Hanuman" (dont l’ossature provient d’un morceau de Carlos Santana), "Buster Voodoo"  (sa résonance fortement hendrixienne) ou encore "Orion" (et ses réminiscences de Metallica) réconcilient à la fois les amateurs de hard, de rock, et de jazz, dans un même mouvement. Il n’en fallait pas plus pour convaincre le public.

Le premier groupe des deux musiciens, Tierra Acida, hautement imprégné par le heavy metal,  ne cesse d’habiter ces compositions à deux vitesses: en surface le flamenco semble s’imposer ; en profondeur se déroulent en demi-teinte des fragments, cycliques, de Megadeth ou Pantera. Plus loin, c’est le contraire qui se produit : les riffs métalliques ne sont là que pour mieux révéler les subtilités du tango ou de la rumba catalane. Par un agencement complexe, la structure des morceaux évolue selon plusieurs couches de lecture. Plusieurs écoutes seront nécessaires pour déchiffrer et reconnaître les nombreuses allusions musicales, véritables marques de fabrique de la formation.

Rodrigo Y Gabriela ont assurément créé un nouveau langage musical, qui soumet le bois des guitares à la seule arithmétique du plaisir. Ce qui explique leur accessibilité, et leur succès. Nous pouvons gager que celui-ci sera durable, pour la raison que l’inventivité l’emportera toujours sur l’imitation. Contrairement à ce qu’on peut penser, la singularité, l’originalité ne divisent pas, mais rassemblent. C’est en tout cas la bonne nouvelle que nous a apporté ce groupe.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Rodrigo y Gabriela
Le Myspace de Rodrigo y Gabriela

Crédits photos : Marion Agé (Toute la série sur Taste of Indie)


David Falkowicz         
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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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