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Kenny Ortega  octobre 2009

Réalisé par Kenny Ortega. Etats-Unis. 2009. Documentaire musical. Avec Michael Jackson.

This Is It : le dernier Moonwalk de Michael Jackson

Oui, bien entendu : This Is It n'est que le début de la longue et lucrative exploitation de la mort de Michael Jackson.

Oui, ce film, construit à partir des enregistrements des répétitions à Los Angeles, ne remplacera jamais le concert en lui-même.

Non, il ne consolera pas les fans transis (puis refroidis) qui possédaient un billet pour les shows prévus l'été dernier à l'O2 Arena de Londres. Ni ceux qui espéraient un passage du chanteur dans leur pays.

Oui, on est allé voir le film faute de mieux, pour se donner une idée de ce qu'aurait pu être ce show. Par curiosité.

Oui, on pouvait craindre le pire : du sentimentalisme à l'Américaine, des témoignages de fans inconsolables, ou encore une mise en scène larmoyante des dernières images de Michael.

Rien de tout ça. This Is It est avant tout un superbe et émouvant hommage au King Of Pop, d'une élégante sobriété. Il nous montre le chanteur sans fard, dans son élément. Il le révèle tel qu'il est : passionné et passionnant. On découvre un Michael Jackson touchant, en grande forme, et régulièrement impressionnant. On a du mal à l'imaginer dans un cercueil peu de temps après.

En le voyant en action, c'est l'évidence même : à 50 ans, Michael maîtrisait totalement son sujet. Il était le dernier artiste total, un touche-à-tout génial qui savait exactement ce qu'il voulait et qui maîtrisait tous les aspects de son art sur le bout des doigts. Si ses pas de danse n'ont plus tout à fait l'agilité de ses 20 ans, on continue de les regarder bouche bée, avec des yeux d'enfants. Il en est de même de ses performances vocales - quoi qu'en dise Michael (qui répète à qui veut l'entendre qu'il retient sa voix pour l'économiser). Il faut aussi le voir donner ses consignes aux musiciens, diriger ses danseurs, donner son avis sur tout, guider et motiver sa troupe avec virtuosité et une énergie communicative. Le tout avec une douceur et une gentillesse incomparables.

L'admiration que lui voue sa troupe - dévouée corps et âmes - semble sans borne. A ce titre, la scène où Michael répète "Billie Jean" devant un parterre de danseurs en extase est révélatrice de son aura. On prend encore plus conscience de l'impact qu'a eu ce gamin génial coincé dans un corps d'adulte sur plusieurs générations d'ados. Non content d'avoir signé une poignée de singles irrésistibles et deux albums intemporels (Off The Wall et Thriller), il a au passage révolutionné le rapport de la musique à l'image, propulsé les shows musicaux dans une autre dimension, pratiqué avec succès et ingéniosité le mélange des genres musicaux, et prouvé à la terre entière qu'un artiste noir pouvait aussi devenir une pop star. Mieux : la pop star ultime.

Ce besoin viscéral de repousser les limites et de viser la perfection absolue, on le ressent profondément lors de ces répétitions : Michael ne lâche pas sa troupe d'une semelle, la recadre quand il faut, la pousse toujours plus haut. Voir le spectacle prendre forme sous nos yeux est une expérience marquante. Tout transpire ici l'envie de donner et de prendre le maximum de plaisir. Michael, qui nous sert du "God" et du "Love" à la pelle (seul aspect irritant du film), ne ménage pas sa peine en ce sens.

This Is It est une bizarrerie cinématographique qu'on regarde avec des étoiles dans les yeux, même si le tableau est noirci par des regrets éternels que plus rien ne pourra combler. Le concert que Michael Jackson et son équipe nous concoctaient s'annonçait grandiose. Le plaisir qu'il y prenait visiblement rend l'issue de l'histoire encore plus triste.

Mettez de côté vos a priori, oubliez l'image de monstre excentrique à laquelle on a trop tendance à réduire Michael Jackson, et courrez voir ce film. This Is It permet de rappeler à ceux qui auraient la mémoire courte la sidérante maîtrise musicale de ce prodigieux danseur, qui frôle régulièrement ici le génie à l'état pur. "Qu'est-ce que j'aurais donné pour voir ça !" est la phrase qui nous assaille tout au long du film, à sa sortie, et qui continuera à nous hanter longtemps après encore.

 

Durée : 1h52

En savoir plus :
Le site officiel du film
Le Blog de Pierre


Pierre Baubeau         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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