Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Electrelane
Interview  (Nouveau Casino)  10 mars 2004

Vous le savez depuis février, date de la sortie de leur dernier album The power out , elles sont incroyables, adulées, engagées, leur musique est envoûtante, entêtante, rappelle aux plus "j-ai-un-peu-roulé-ma-bosse-et-mes-oreilles-partout-dans-le-rock-depuis-20-ans" d’entre nous, les meilleurs moments de Baroque Bordello ou encore de Corman et Tuscadu , ces groupes qui nous ont fait du bien, parce qu’ils osaient, surprenaient à chaque chanson, chaque note et chaque trémolo… Parce qu’ils font partie de ces groupes qui réinventent le rock constamment, souvent avec bonheur, parfois maladresse, mais toujours enthousiasme.

La tête farcie des chansons de Power out, nous les avonsrencontrées quelques heures avant leur concert au Nouveau Casino, curieux de comprendre, savoir et découvrir les personnalités qui forment Electrelane, leurs rêves, leurs ambitions, leurs déceptions…

Il y a la belle Emma Gaze (batterie) et l’évanescente Verity Susman (claviers, voix, guitare, sax et paroles), les deux fondatrices du groupe, avec la silencieuse Rachel Dalley (basse) et la fougueuse Mia Clarke (guitare). Elles sont sereines, auréolées du buzz qu’a suscité leur précédent passage à Paris au Tryptique et de l’accueil fait à The power Out.

"On nous avait prévenues, lance Emma, le public français est vraiment difficile. Des conneries ! On a rarement été aussi bien accueillies !"

Le ton est donné ! En route…

On ne peut pas résister : un groupe de filles, ça se dispute forcément ; comment est l’ambiance au sein d’Electrelane ?

Electrelane : Aucun problème ! Depuis que nous jouons ensemble (1998), nous n’avons eu que deux moments … "délicats". Aucune de nous n’aime l’agressivité et on se respecte bien trop pour dépasser les limites. Quand un problème se présente, on s’assied et on en discute. Comme des adultes.

Votre premier album, Rock It to the Moon, était franchement instrumental, alors que The power Out fait la part belle aux textes et aux mélodies. Comment qualifiez-vous cette évolution ?

Electrelane : Pour être honnête, ça n’a pas été volontaire : simplement, les mélodies se développaient plus naturellement et plus facilement que les lignes instrumentales alors que nous travaillions sur l’album et du coup, les chansons "sonnaient" . Je ne sais pas comment les autres groupes travaillent, mais pour nous tout arrive alors que nous jouons toutes les quatre ensemble : chacune concentrée sur son ou ses instruments, faisant évoluer une ligne, tête baissée et d’un seul coup c’est là… on relève la tête, on sourit. C’est un moment fragile et magique, mais ça arrive à chaque fois. On n’a pas vraiment l’angoisse de la panne d’inspiration !
C’est comme ça que le chant s’est installé dans The Power Out. Cela dit, notre prochain album, que l’on espère enregistrer vers novembre 2004 (pour une sortie possible au printemps 2005) sera plus instrumental, en ce sens plus proche du premier, mais avec des sons franchement différents.

Parce que vous vous laissez séduire pas l’electro ?

Electrelane : Ah non, pas du tout ! Nous avons pu lire des commentaires dans ce sens dans la presse, mais non, franchement ça ne nous intéresse pas. On est et reste dans le rock "classique".

Dans les chansons de The Power Out, on navigue d’ambiances baroques à des balades, en passant par des passages quasiment symphoniques. Le tout adossé à de l’anglais, du français, de l’allemand,… C’est la découverte de la voix, des textes qui permet cette diversité ?

Electrelane (Verity): Je ne sais pas bien répondre… Sinon à dire que chaque langue a en soi une mélodie différente. Il est parfois insensé de tenter un texte anglais sur une mélodie qui est évidemment faite pour l’allemand ou le français. Et puis il y a aussi l’émotion des textes. Finalement, je crois que j’ai utilisé la voix au même titre qu’un autre instrument. Ni plus ni moins. De même, pour les textes : il y a certes une émotion qui est à l’origine du choix, mais le message est secondaire.

Vous parlez déjà du prochain album, alors qu’il y a plus de 2 ans entre vos deux premiers albums. Que s’est-il passé ?

Electrelane : Le temps qui s’est écoulé entre nos deux premiers albums est complètement indépendant de notre volonté ! En fait, nous avons changé de maison de disque entre les deux albums, nous avons fini nos études, changé de manager… Bref, beaucoup de choses !
Cela dit, nous avons pu sortir des minis (I Want to be the President – 2002 ; On Parade - 2003) pendant cette période qui nous ont permis de clarifier les directions que nous voulions prendre et celles dont nous voulions nous éloigner… Ce temps était finalement important… Bien que nous ayons écrit The power Out en à peine trois mois !

Vous avez enregistré The Power Out avec Steve Albini. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Electrelane : En fait, nous lui avons fait parvenir une copie de Rock It to the Moon, car il était impliqué dans la programmation du festival anglais All tomorrow’s Parties et nous étions à la recherche de dates de concert. Et puis on a reçu un e-mail : "J’adore ce que vous faites. Si vous voulez faire un second album, j’aimerais bien le produire."
On a cru que c’était une blague !

Steve Albini est connu pour son "son". A-t-il influencé celui de The Power Out ?

Electrelane : En fait, on n’a eu aucun problème. Tout était discuté. A aucun moment, Steve n’a tenté ou voulu influencer un morceau, ni sur son contenu ni dans sa structure. Il suffisait que nous lui disions "on voudrait que la caisse claire sonne plus comme ça, ou que la guitare ait un son plus bidule" , il poussait deux ou trois boutons et en 5 secondes, mais vraiment CINQ SECONDES, le tour était joué et on passait à autre chose. On a progressé à une allure folle, sans temps mort, ça a vraiment été génial. J’avais lu un interview des Breeders (également produit par Albini) et les sœurs Deal disaient exactement la même chose. Ca m’avait paru difficile à croire, mais maintenant que nous l’avons vécu, je peux confirmer : il a un grand respect du groupe avec lequel il travaille et se met à son service… il met tout son talent à son service.
Evidemment, si on peut faire le prochain album avec lui, on serait ravies !

Dans tout ce que vous avez lu et entendu sur Electrelane , qu’est-ce qui vous énerve vraiment ?

Electrelane : Arrêtez de nous comparer à Stereolab ! Ce sont les journalistes qui véhiculent cette comparaison et le paradoxe de la situation est que certains vont jusqu’à écrire "Electrelane ne se sortira jamais de cette comparaison" , alors même qu’il faudrait que ces mêmes journalistes arrêtent d’en parler ! Et écoutent Electrelane et Stereolab aujourd’hui : notre musique est beaucoup plus "lourde" et sombre ; celle de Stereolab ressemble à de la musique pour bébés ! Alors STOP ! ! !

Et qu’est-ce qui vous a fait le plus plaisir ?

Electrelane: Nous avons lu des allusions et comparaisons à New Order et au Velvet Underground. On en a été très fières !

Vous sentez-vous les héritières du Punk ?

Electrelane : Euh… Si on considère Patty Smith, comme du punk, alors oui, sinon, pas vraiment.

...des Riot Grrrls, alors ?

Electrelane : Encore une foi, non. Par contre on respecte profondément leur engagement et tout ce qu’elles ont fait. Et même si certaines de leurs idées politiques sont proches de nous, elles sont un peu trop exclusives pour nous : tu ne peux pas être acceptée si tu prononces le mot "salope", alors que c’est juste un mot.
En outre, leur approche de la musique est très différente de la nôtre : elles ont tendance à considérer leur instrument d’un point de vue "anti". Elles ne sont pas intéressées par la maîtrise de leur instrument et bien souvent, leur musique est assez difficile à écouter.

La musique doit-elle être politique ?

Electrelane :Tout dépend de ce qui se passe dans le monde et autour de toi à ce moment-là. Et autant on n’a pas une passion pour les groupes qui "prêchent", autant on pense qu’il est possible de faire passer des idées par la musique… mais seulement si on arrive à émouvoir par la musique.

Qu’est-ce que ça vous apporte de jouer de la musique ?

Electrelane : Du plaisir. Tu te rends compte qu’on avait 17/18 ans, on a commencé à s’amuser dans la chambre d’une d’entre nous et aujourd’hui, on est là à Paris ! c’est génial !
Et plus on joue ensemble, plus on découvre de nouveaux sons, de nouvelles sensations, aussi bien dans la maîtrise de nos instruments que dans la naissance des mélodies et leur diversité. Comme on le disait, aucune angoisse de la "page blanche" ; c’est même le contraire. Dès que l’on commence à jouer on sait qu’il va se passer quelque chose… c’est énorme !
Et puis on a l’impression d’avancer, de découvrir… et visiblement on arrive à communiquer ce sentiment sur nos albums, aussi bien qu’en concert. C’est génial !
D’ailleurs on joue ce soir et on est de plus en plus pressées d’y être : on garde un tel souvenir du public français !

Allez-vous projeter un film pendant le concert, ce soir ?

Electrelane : Non. En fait cette histoire vient du concert que nous avions donné au Centre Pompidou. Une amie à nous, Frances Young avait réalisé un film abstrait que nous trouvions très bien. En outre, pour être honnêtes, on s’est un peu cachées derrière ça au début. Puis on a arrêté parce que l’on se sent mieux sur scène et certainement aussi parce que notre ancien manager nous a dit un jour "vous êtes tellement inintéressantes à regarder sur scène, qu’il vaut mieux projeter quelque chose pendant que vous jouez" . On a eu une sorte de réaction de colère…

vous avez créé votre propre label – Vous souhaitez produire d’autres artistes ?

Electrelane (Verity et Emma) : Absolument ! dès qu’on aura de l’argent !

Si vous deviez définir votre musique en trois mots ?

Electrelane : experimental, international, euh… voilà.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album The Power out de Electrelane
La chronique de l'album Axes de Electrelane
La chronique de l'album No shouts, No calls de Electrelane
Electrelane en concert au Festival Rock en Seine 2004
Electrelane en concert au Festival Les Nuits Secrètes 2005
Electrelane en concert à l'Ubu (10 octobre 2005)
Electrelane en concert à l'Olympia (19 mars 2007)
Electrelane en concert au Festival Les Femmes S'en Mêlent 2007
Electrelane en concert au Festival Summercase 2007 (samedi)
Electrelane en concert au Festival La Route du Rock 2007 (vendredi)
Electrelane en concert au Festival La Route du Rock #21 (vendredi 12 août 2011)



Note du chroniqueur : Ca doit être pour ça qu’il faut détruire Carthage.

Delenda         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 22 septembre 2019 : Fin d'été

Fin d'été c'est le titre du nouvel album de Samir Barris, on vous en parle en ces premiers jours d'automne, tout comme les autres sorties musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques et muséales qui ont retenu notre attention cette semaine. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Corpse flower" de Mike Patton & Jean Claude Vannier
Rencontre avec Joseph Fisher autour de "Chemin Vert", assortie d'une session acoustique à découvrir ici
"Prokofiev : Visions fugitives" de Florian Noack
"The basement tapes" de Mister Moonlight
"The uncompleted works volume 1, 2 & 3" de Nantucket Nurse
"Là-Haut" de Gérald Genty
"Ilel" de Hildebrandt
"Buxton palace hotel" de Studio Electrophonique
"Vian" par Debout sur le Zinc
"Impressions d'Afrique" de Quatuor Béia & Moriba Koita
"Fin d'été" de Samir Barris
et toujours :
"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Le Misanthrope" à l'Espace Cardin
"L'Animal imaginaire" au Théâtre de la Colline
"Data Mossoul" au Théâtre de la Colline
"Danser à la Lughnasa" au Théâtre 13/Jardin
"Le Frigo" au Théâtre de la Tempête
"A deux heures du matin" au Théâtre L'Atalante
"La Veuve Champagne" au Théâtre de la Huchette
"Le Square" au Lavoir Moderne Parisien
"Jo" au Théâtre du Gymnase
"Jean-Marie Galey - Ma Comédie française" au Lavoir Moderne Parisien
"Ah ! Félix" à l'Eglise Sainte-Eustache
"Le Voyage musical des Soeurs Papilles" à la Comédie des 3 Bornes
"Lucie Carbone - Badaboum" à la Comédie des 3 Bornes
"Casse-toi diva" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Nora Hamzawi" au Théâtre du Rond-Point
des reprises
"Letzlove - Portrait(s) Foucault" aux Plateaux Sauvages
"One night with Holly Woodlawn" aux Plateaux Sauvages
"Diva sur Divan" à la Comédie Bastille
"La Liste de mes envies" au Théâtre Lepic
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"L'Age d'or de la peinture anglaise - De Reynolds à Turner" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

"Ne croyez surtout pas que je hurle" de Franck Beauvais
Oldies but Goodies avec "Marie pour mémoire" de Philippe Garrel

et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Barbarossa : 1941. La guerre absolue" de Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri
"Bête noire" de Anthony Neil Smith
"Dictionnaire égoiste de la littérature mondiale" de Charles Dantzig
"Gaeska" de Elrikur Orn Norddahl
"Les refuges" de Jérôme Loubry
"Liquide inflammable" de Robert Bryndza
et toujours :
"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=