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Dying in time  (De bruit & de silence)  octobre 2009

C'est toujours un plaisir de retrouver au fil des années des formations comme celle-ci, dont la confidentialité et les exigences hypothèquent toujours les chances de survie dans un monde qui ne roule que pour l'easy – easy-listening, easy-money, easy-business ; poison easy.... Pour Port Royal, la recette n'a pas varié : formé en 2000, deux (et maintenant trois) albums, quelques EP, une collection de remixes plus tard, le quartet est toujours debout, contre vents et marées, pour proposer de longues croisières musicales rock-ambient-shoegaze-electronico-synthétiques.

Bien sûr, point de major, point de FM, point de stades de fans dénudées et déchaînées. Mais le choix de l'exigence (artistique) est généralement celui d'une certaine modestie (médiatico-économique). La prostitution productive et les compromissions sont trop souvent conditions de possibilité du succès populaire, interdisant tout véritable accomplissement artistique. On est ici, fort heureusement, dans d'autres eaux, beaucoup moins troubles.

Exigeants et créatifs, les italiens, qui ont trouvé à réfugier leur nouvel opus sur le label De bruit et de silence (auquel on doit la naissance des Louisville et autres À moi et dont on sera bientôt embarrassé de n'avoir que du bien à dire), portent avec ce Dying in time leur art à de nouvelles hauteurs.

La pochette reprend la première des photos de la série L'intelligenza del male d'Andrea Galvani, artiste et universitaire italien. S'y donne à voir le paysage enneigé de pistes de skis, peuplé de quelques formes, vaguement humaines ou vagues sapins rabougris, mourants. Et, surtout, au centre de l'image, cet écran d'une fumée noire à l'opacité inquiétante.

Sans sur-déterminer le choix de cet artwork, on peut dire qu'il résume parfaitement le contenu du disque : sommets aériens, blancheur aveuglante, légèreté béate du loisir de masse, industrialisé – ce qui ne peut aller sans une certaine noirceur sous-jacente, justement, assez grossie, enflée, pour rogner l'essentiel de la scène, cancer au cœur de l'insouciance. Sans changer la recette si savoureuse de ses compositions précédentes, Port Royal y ajoute l'ingrédient-clef : une touche de noirceur perceptible, un grincement dans la douceur des rêveries, une irritation insistante dans le velouté des apesanteurs éthérées.

Bien sûr, à première ouïe, on ne retiendra de Port Royal qu'un côté rock / dance presque futile, dans lequel, heureux d'être si oublieux, on se laissera glisser comme on noie dans un bon bain chaud et moussu les frustrations et l'épuisement d'une journée professionnelles hivernale. Mais il y a un barracuda dans la baignoire, c'est certain. Face au miroir, il faudra bien l'admettre : on perd ses cheveux, comme on perd l'espoir (c'est en tout cas ce que proclame ce fameux "Balding generation", assez puissant pour qu'on en fasse un EP. Drôle de single, du haut de ses 8 minutes). Les années 80 et 90 sont bien mortes. Amusons-nous, soyons fous, dansons, gigotons, remuons nos organismes fatigués. Mais nous ne pourrons jamais retrouver l'innocence, l'espoir. Jamais nous oublier tout à fait. Malgré le groove, malgré la suavité d'une musique facile comme une femme accueillante à l'oubli de soi.

"Anna Ustinova" (du nom d'une athlète kazakhe) flirte ainsi avec les rythmiques machiniques de l'indus pendant que le prince, plutôt que d'être charmant, est photoshoppé ; l'Europe est une muse épuisée, les révolutions sont avortées ; jusqu'aux presque vingt minutes de cet "Hermitage" en trois parties, qui n'est pas exempt de toute tension dramatique alors même qu'il voudrait nous faire retrouver la paix dans une contemplation alanguie –  un paysage en demi-teintes, donc, où la nuance est gage de richesse. Port Royal, un peu plus haut encore, dont on a déjà hâte de suivre les prochains voyages.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Flares de Port Royal
La chronique de l'album Afraid to dance de Port Royal

En savoir plus :
Le site officiel de Port Royal
Le Myspace de Port Royal


Cédric Chort         
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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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