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Interview  (Paris)  lundi 16 novembre 2009

C’est entre les balances et le concert au Sunset que nous avons pu interviewer Bjørn Berge. Un créneau horaire court, pour enregistrer une session acoustique et faire l’interview du bluesman venu du nord, dans sa chambre d’hôtel. Un moment privilégié, pour en savoir plus sur l’homme, le musicien et le showman.

Est-ce que tu peux nous dire comment tout a commencé pour toi ?

Bjørn Berge : J’ai commencé à jouer de la guitare quand j’avais douze-treize ans,  guitare électrique comme tous les jeunes. Après quelques années, je suis passé au banjo à cinq cordes, j’en ai joué pendant quelques années puis j’ai écouté un disque de Robert Johnson et j’ai découvert quelque chose de très intéressant appelé la guitare acoustique. J’en ai joué pendant quelques temps, je suis allé à l’école, j’ai commencé à travailler en mer du nord dans le pétrole. Là, j’ai repris la guitare vers vingt-deux ans et je n’ai pas arrêté depuis. J’ai quarante et un ans, ce qui fait un petit moment maintenant.

Pourquoi le banjo ?

Bjørn Berge : J’ai trouvé cet instrument fascinant : le son, la manière de jouer étaient différents de la guitare. Puis aussi, personne d’autre n’en jouait.

J’ai lu quelque part que tu avais passé une période de ta vie à beaucoup voyager, avec ta guitare cherchant de lieux où jouer. Quels souvenirs de cette période te reste-t-il ?

Bjorn Berge : Je vais te décevoir, je n’ai pas d’histoires spéciales parce qu’en fait c’était assez facile. Bien sûr, j’ai des histoires de concert où il n’y avait personne ou des choses comme ça, mais ça c’est normal. Je n’ai pas de mauvais souvenirs en particulier, je touche du bois. C’est juste beaucoup de travail. Les premières années où j’ai joué comme professionnel, j’ai fait quelque chose comme deux cents concerts, loin de ma famille mais c’est comme ça que les choses se font. Depuis les cinq ou six dernières années, je voyage moins, peut-être soixante-dix ou quatre-vingt concerts par an. Et je n’ai pas de mauvais souvenirs en particulier.

Et de bons souvenirs ?

Bjørn Berge : Tous sont de bons souvenirs mais beaucoup sont ennuyeux, faire la route, jouer et rentrer chez moi. Peut-être que si j’écrivais un livre, j’inventerais plein de mensonges mais je dois d’abord les fabriquer. J’essaie d’en trouver un en ce moment, mais ça ne vient pas.

Sur Fretwork, ton dernier album, on se rend compte que tes compositions sonnent plus "blues" que tes reprises qui sont elles plus "rock". Est-ce un désir d’explorer de nouveaux territoires musicaux ?

Bjørn Berge : C’est toujours mon but de chercher de nouvelles choses que je peux faire. Sur mon album précédent, mon but était de jouer le plus dur et rapide possible, sur une guitare acoustique, pour montrer à mon public que cet instrument est aussi cool que la guitare électrique. Sur celui-ci, je me détends un peu plus, je joue des chansons plus folk. J’essaie toujours de développer des choses, parfois ce n’est pas facile de trouver ce que je veux faire, cela prend du temps. Je ne pense pas à quelle chanson je vais jouer, je m’assois, je joue et j’essaie de voir ce qui sonne, c’est un processus naturel.

Cet album est plus calme, intime.

Bjørn Berge : Tout le processus de composition l’a été. Je n’ai pas eu de pression, j’avais plein de temps pour le faire et plein de chansons. D’habitude, quand j’écris un album, j’ai quelque chose comme dix chansons et ce sont celles qui composeront l’album, j’ai donc plus de travail à faire sur ces chansons, à les modeler. Cette fois-ci, j’avais plus de vingt chansons à ma disposition, cela a été plus facile. Il y a aussi des chansons rapides, moins posées, mais la tendance de l’album est plutôt calme, paisible par rapport à ce que j’ai fait avant.

Cet album est plus produit, particulièrement avec la présence d’instruments additionnels comme ce violon très présent.

Bjørn Berge : Sur mes premiers albums, je ne pense pas qu’ils soient sortis en France, il y avait de la basse et de la batterie mais sur celui-ci je n’avais pas envie d’avoir un invité traditionnel comme un guitariste, batterie ou basse. J’ai préféré avoir ce violon pour la température qu’il apporte à l’album. Et aussi faire d’autres chansons que je n’avais pas utilisées avant, c’est très bien et j’aime beaucoup ce disque.

Je ne connais que tes trois derniers albums et je trouve un grand changement dans les chansons et la composition.

Bjørn Berge : Je devrais te passer un de mes premiers albums, de ma période garage-punk-blues, j’ai aussi fait ça mais je m’en suis lassé. Ces dernières années, je me suis plus tourné vers l’acoustique. J’ai fait un album en 2001 qui a gagné un prix (ndlr : String Machine) qui était entièrement acoustique et dont j’avais écrit toutes les chansons. Mais j’ai fait plus de dix albums, donc il y a plein de choses dont je pourrais te parler.

Comment expliques-tu que les gens soient si enthousiastes pendant tes concerts ?

Bjørn Berge : Je ne saurais pas l’expliquer. Parfois, c’est difficile. Certaines personnes suivent mes tournées et attendent de ma part des choses nouvelles à chaque fois. C’est, comment dire, excitant, motivant. J’essaie à chaque fois de faire quelque chose de nouveau. Je suis très content que les gens viennent me voir en concert. Mon but est de divertir les gens, qu’ils passent un bon moment et s'ils aiment la guitare, c’est encore mieux. Mais c’est difficile de faire des choses nouvelles et extraordinaires à chaque fois, à la fin c’est juste moi et cette guitare.

Lorsque je t’ai découvert sur scène, j’ai trouvé particulièrement plaisant ton contact avec le public. Ce n’est pas courant et cette nouveauté m’a séduit.

Bjørn Berge : Je dois t’avouer que lorsque j’ai commencé à jouer à mes débuts, je ne parlais pas beaucoup à mon public. Je restais assis, le nez dans ma guitare et parfois, si j’étais dans un bon jour, je disais "merci". Mais j’ai décidé de détendre mon public et ils se détendent quand je raconte de mauvaises blagues ou que je discute avec eux. Quand j’ai commencé à faire ça, j’ai réalisé que les gens étaient plus heureux et c’est une très bonne chose.

C’est aussi une manière de faire un concert différent et de faire participer ton public, chose à laquelle les gens ne sont pas habitués en allant voir d’autres concerts.

Bjørn Berge : Peut-être, je ne sais pas ce à quoi les gens sont habitués mais quand je vais voir un concert, j’aime faire partie du spectacle, de sentir que l’artiste peut me voir. J’essaie juste d’être amical.

Quelles sont les meilleures choses qui te soient arrivées en tant que musicien ?

Bjørn Berge : Oh, il y en a beaucoup, si je devais faire une liste rapide, la première serait que j’ai réussi à en vivre et que les gens se déplacent pour me voir. La deuxième, c’est que j’ai rencontré de bonnes personnes en Europe qui m’ont invité à jouer et être payé pour ça. C’est un de mes rêves que d’avoir pu élargir mes horizons, de pouvoir rencontrer un nouveau public, de voir mes disques sortir pour une plus large audience. C’est important pour moi et pour ma carrière. J’ai aussi eu la chance de faire de gros festivals, par exemple j’ai joué en Italie devant vingt-cinq mille personnes, et d’autres festivals encore, ça c’est plutôt bien. A partir du moment où mes rêves se réalisent, si ça prend du temps, ce n’est pas grave. Mais j’essaie toujours de faire plus que ce que j’ai fait avant.

J’imagine que lorsqu’on joue dans un gros festival, on n’a pas la même approche que de jouer dans une petite salle, comme ce soir ?

Bjørn Berge : Dans un festival, quand il y a beaucoup de monde, mélangeant des gens qui me connaissent et d’autres pas, je me dois d’atteindre ceux qui ne me connaissent pas d’abord. Si la foule est bruyante, je joue plus fort et plus rock. Si le public connaît ma musique, je joue des chansons de tout mon répertoire. Quand on rencontre des gens pour la première fois, c’est important qu’ils pensent qu’on est cool alors je joue alors des chansons plus connues, je joue plus fort et j’en rajoute un peu. J’essaie de conserver le même esprit, quelle que soit la taille du public.

Cela ne te manque pas de jouer tout seul sur scène. Tu ne voudrais pas avoir d’autres musiciens avec toi ?

Bjørn Berge : Non, pas du tout. Si ça me manquait, je jouerais avec d’autres musiciens. J’aime être seul sur scène, être entièrement libre et de jouer ce que j’ai envie de jouer, d’improviser, de parler avec le public, d’emmener mes chansons dans une autre direction que prévu. C’est la liberté totale qui me plait. En plus, il y a tellement de bons musiciens que dans mon cas, je ne rajoute pas de concurrence. La seule concurrence, c’est envers moi. La liberté avant tout, c’est important.

Est-ce que tu as envie de jouer avec un musicien en particulier ?

Bjørn Berge : C’est une question difficile parce que j’aimerais rencontrer des gens, mes héros pour certains. Mais je ne suis pas sûr d’avoir envie de jouer avec eux, les gens que j’ai envie de rencontrer sont de bien meilleurs musiciens que moi. Je crois que je préfère les écouter jouer et juste parler avec eux. Il y a beaucoup de gens que j’aimerais rencontrer et avec qui j’aurais envie de jouer, s'ils sont sympas seulement. S'ils ne sont pas sympas, je ne joue pas (rires).

Retrouvez Bjørn Berge en Froggy's Session pour 1 titre acoustique en cliquant ici !

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Bjørn Berge
Le Myspace de Bjørn Berge

Crédits photos : Laurent Hini (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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