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Le Fil  (Saint-Etienne)  vendredi 6 novembre 2009
Etude ethnologique d’une tribu picarde

Je pourrai sérieusement écrire que le dernier passage des Fatals Picards à Saint-Étienne remonte à mai 2008 pour le festival Paroles & Musiques et qu’à cette occasion, le groupe avait pu mesurer toute sa popularité auprès du public stéphanois qui était venu remplir le FIL.

Toujours sérieux, je pourrai rajouter qu’un an et demi après ce premier concert au FIL, voici nos picards parisiens de retour, avec un nouveau spectacle et un nouvel album Le Sens de la Gravité.

Je pourrai aussi sans sourire pérorer sur le postulat de Paul Léger, le chanteur des Fatals, qui explique que tous les membres du groupe ont vraiment pris part à la création de ce dernier opus et c’est tout naturellement que cela se retrouve sur scène (mais vous pouvez aussi lire l’interview de Paul pour en savoir plus…).

Mais est-ce bien sérieux de chroniquer sérieusement un concert des Fatals Picards ? Autant parler natation avec un kilo de plomb ou kilo de plomb avec un lapin de Garenne… De plus, quelques jours après la disparition de Claude Lévi-Strauss, n’est-ce pas l’occasion d’aborder cette soirée avec la légèreté de l’ethnologue analysant une tribu autochtone ?

Les Fatals Picards sont une tribu musicale aux mœurs particulièrement sophistiquées. Venant de dévorer leur ancien chef historique, ils s’activent désormais dans des exhibitions euphoriques pendant lesquelles ils brament leur plaisir de s’aimer en public.

Les Fatals Picards sont les enfants illégitimes d’une douteuse expérience sexuelle entre Bobby Lapointe et tous les membres des Guns N' Roses. Ils ont été élevés par leur grand frère Didier Wampas

Très tôt, ils ont tous appris à jouer d’un instrument, sauf Paul qui ne sait jouer qu’un seul morceau à la guitare… mais il joue plus fort que les autres en concert pendant l’intro de la chanson et les autres ne disent rien car ça fait partie du contrat moral qui les unit : on se moque de tout, sauf des mères, des habits et de l’intro à la guitare de Paul !

Pendant tous les autres morceaux du concert, c’est Billy qui joue plus fort de la guitare, ce qui est normal car c’est le seul guitariste quand Paul ne fait pas d’intro…

Billy, lui, ressemble à un Renaud. Un Renaud qui serait jeune, brun, guitariste et sans les jambes arquées. Billy est le poète du groupe, parfois il chante sous sa douche, alors ses copains des Fatals lui demandent de composer un peu les musiques et d’écrire aussi un peu.

Billy, il est sympa alors il le fait et même que maintenant, il chante sur scène. Surtout les chansons du dernier album où chacun a davantage sa place.

Parfois, il fait des blagues aussi sur scène… Mais là, Paul se moque…ça fait partie du contrat moral  du groupe : si on ne doit se moquer de rien, au moins moquons-nous des blagues du guitariste et de ses lunettes. Parfois Billy donne sa guitare à Yves le bassiste mais pas ses lunettes. En échange, il récupère la basse mais s’ennuie un peu...

Yves, lui, est tatoué. Il a les cheveux longs, de gros biceps et joue de la basse. Il chante un peu avec Paul pour qu’il se sente moins seul. Paul ne se moque pas de lui parce que Paul est drôle mais pas courageux et que ce bassiste est vraiment très costaud. De plus, les bassistes ont rarement le sens de l’humour, contrairement aux batteurs qui ont un sens de l’humour remarquable mais comme ils sont toujours occupés à taper et à faire du bruit, on ne s’en rend pas compte.

Jean-Marc, le batteur des Fatals, est le dernier Cro-Magnon communiste du groupe. Homme d’une autre époque, il porte la voix de la sagesse au sein de la tribu et à ce titre exige de temps à autre une pause syndicale. C’est pour lui le moment de se reposer en chantant un titre et pour promouvoir pour une égalité de statut entre tous les membres.

C’est surtout l’occasion d’enlever le micro des mains de Paul qui aurait tendance à trop le garder, comme d’autres collectionnent les stylos Montblanc.

Jean-Marc nous rappelle que sont père était tellement de gauche que son fils a fini tourneur…

Le public qui assiste à tout ça ne se prend pas non plus au sérieux et participe autant que possible à cette joyeuse pantomime et – cela fait partie du contrat moral qui unit un fan à son groupe – accompagne de ses gesticulations et de ses cris le guide suprême, qui se contorsionne comme un iguane sur scène.

Peu de chants traditionnels dans cette tribu, à peine deux vieilles chansons. Les deux derniers albums tiennent la plus grande place dans cette cérémonie primitive. C’est bien là que les membres du groupe et le public sont le plus à l’aise et en communion. Saluons au passage la reprise "Comme elle vient" en fin de concert, avec une vraie performance vocale, là on arrête de rire : c’est vraiment du sérieux !

Alors pour valider nos hypothèses ethnologiques du moment : non les Fatals Picards ne se prennent pas au sérieux, oui ils prennent plaisir à jouer ensemble, oui le public ressort heureux de ce moment musical accessible et bon enfant, oui le dernier rappel était un vrai moment rock 'n' roll authentique et oui c’est promis nous retrouverons notre sérieux dans une prochaine chronique.

 

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En savoir plus :
Le site officiel des Fatals Picards
Le Myspace des Fatals Picards

Crédits photos : Eric Ségelle (Toute la série sur Taste of Indie)


Cyril Hortala         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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