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Grand Mix  (Tourcoing)  dimanche 22 novembre 2009

Sur leur site internet, les Américains de A Place to Bury Strangers vendent des pédales d’effets, qu’ils ont sans doute bricolées eux-mêmes, de façon à produire les sons les plus indésirables. Ce qui est pour eux un objectif : tordre le son, augmenter la puissance de la musique de manière frauduleuse, afin de ne pas laisser le public indemne. Les conséquences en sont terribles sur scène, puisqu’il est assuré que ce mélange d’effets a pour but de perturber les schémas classiques du rock bruitiste.

On jurerait que les murs du Grand-Mix tremblent. Les lumières s’éteignent pour laisser place à un rituel précis : comment simuler le lieu idéal pour enterrer des inconnus ; comment inventer une messe résolument moderne, une messe sans prêtres, mais avec forces prières et rituels obscurs.

Il y a des décennies de ça, un groupe s’affranchissait de la lignée rock dont il était issu, en sortant des disques audacieux, fascinants : The Jesus & Mary Chain. L’histoire du rock, avec une grande hache, était sur le point de basculer, en franchissant ainsi le mur du son. Charge électrique, guitares répétitives, volume poussé au maximum : de mauvaises idées qui allaient mener au shoegazing dans les années 90.

A Place to Bury Strangers se contente de reprendre ce flambeau, en le poussant à son extrémité : une agression électro, conjuguée à quelques réminiscences new-wave, définit un esprit malsain, détraqué, volontairement insupportable. Exploding Head : tel est le titre, bien nommé, de leur dernier album en date. Pas de quoi se taper la tête contre les murs tout de même. Le mur du son, considérablement étoffé, structuré avec des boîtes à rythmes inconfortables, semble noyer toute véritable harmonie, et toute compréhension de cette musique. Si sur les albums on perçoit correctement les agencements des sons entre eux, sur scène il n’en est rien ; l’expression globale du groupe semble se dissoudre dans un chaos bruitiste et irrespectueux.

On eût aimé que la voix puisse surmonter ces déséquilibres, cette puissance ; qu’elle s’impose et puisse se détacher de l’instrumentation. La chambre d’écho ne fait d’ailleurs que surligner cet état. Véritables descendants de Joy Division ? A confirmer… Ces New-Yorkais ont sans doute la carrure et la possibilité de prolonger cette grande lignée de la noirceur. Parce qu’ils possèdent une dimension post-punk, et sont susceptibles de détourner les structures du shoegazing, de leur faire prendre l’air, de les ouvrir à plus de clarté.

Le groupe britannique Action Beat, originaire de Bletchley, a ouvert la soirée en première partie. Si le noyau central de cette formation est composé de cinq membres permanents, il n’est pas rare qu’il compte jusqu’à une quinzaine de membres sur scène… Ils se sont ici présentés dans une certaine discrétion : trois batteurs et trois guitaristes.

On jurerait entendre un croisement (rêvé ?) entre Confusion is Sex de Sonic Youth (de l’époque punk, donc) et la dictature du Math-Rock. Parce que le nombre de musiciens n’empêche pas une précision du rythme. Il ne s’agit pas ici des Tambours du Bronx, même si la vitesse est leur grande affaire. Tout est mis en place de telle façon à ce qu’on ait l’impression d’une expérimentation et d’une improvisation permanentes. Mais l’on sent bien qu’un grand travail de coordination est réalisé ; un travail d’autant plus estimable que les morceaux correspondent à de courtes performances.

La multiplication instrumentale confère aussi un aspect visuel au groupe, qui surprend autant par ses gestuelles que par son audace rythmique. La référence à la première période de Sonic Youth s’explique par l’exécution d’un rock souvent atonal, discordant, sans concessions. Et aussi répétitif. Cette machine de guerre trouve sur scène un mode d’expression qui lui est propre, singulier. Il serait passionnant de suivre la formation entière : afin de voir comment peuvent se répondre six percussionnistes/batteurs et huit guitares…

 

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A Place to Bury Strangers en concert au Festival La Route du Rock 2009 (vendredi)
A Place to Bury Strangers en concert au Festival La Route du Rock 2009 (vendredi) - 2ème

En savoir plus :
Le Myspace de Action Beat
Le site officiel de A Place to Bury Strangers
Le Myspace de A Place to Bury Strangers

Crédits photos : Cédric Chort (Toute la série sur Taste of Indie)


David Falkowicz         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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