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Interview  (Paris)  mars 2004

Mitch Hooper est l'un des quatre mousquetaires de la Compagnie du Théâtre Vivant. Anglais, auteur et metteur en scène, il ne désespère pas de passer derrière la caméra.

Il a accepté de nous rencontrer à la sortie d'une représentation de "Théâtre" la pièce de Jean Luc Jeener mise en scène par Carlotta Clerici et interprétée, entre autres, par Anne Coutureau.

Comment êtes-vous venu au théâtre ?

Mitch Hooper : Je suis anglais. J’ai un parcours un peu différent des autres. Mes grands souvenirs de théâtre sont plus des souvenirs de lectures d’adolescence. Ensuite quand j’ai assisté à des représentations, ça me plaisait ou pas mais en tout cas cela me passionnait. Pour moi le théâtre commence avec Shakespeare et les mots mais il faut leur donner chair aux mots.

Vous dîtes que parfois vous appréciiez et parfois non. Vous aviez déjà des conceptions arrêtées sur le sujet ?

Mitch Hooper : Je n’avais pas de pré-conceptions mais je me souviens que le premier texte que j’ai lu est Mac Beth de Shakespeare et cela m’a profondément marqué. Quand je l’ai vu sur scène j’ai été très déçu.

Entre l’enthousiasme suscité par la lecture et la représentation, il y avait un hiatus ?

Mitch Hooper : Oui. Ça ne prenait pas vie. Les décors étaient encombrants, les acteurs ne semblaient pas à l’aise, la mise en scène n’était pas totalement cohérente. Et au lieu d’être transporté par le texte, on était seulement assis dans une salle à regarder des gens.

Donc très jeune, vous preniez déjà du recul par rapport à ce qui vous était proposé et ce de manière critique ?

Mitch Hooper : Oui. C’est inné. C’est ce que fait n’importe quel spectateur de manière naturelle. On y croit ou on n’y croit pas. Et quand je n’y croyais pas j’en cherchais la cause.

A la base c’est une démarche complètement intuitive mais ensuite il y a un travail d’analyse et de réflexion. Quand je fais de la mise en scène, c’est intuitif. Je ne viens jamais avec des pré-conceptions intellectuelles. Je choisis les acteurs et ce sont les acteurs qui proposent. Je fais un travail négatif c’est-à-dire que je dis ce qui ne va pas. Je leur demande d’explorer d’autres voies. Ce que je dis souvent aux acteurs c’est Parle-lui. Ne t’écoute pas. Parle lui et essaie de le convaincre. C’est une façon de marcher, une intonation de voix, c’est tout simple.

Et quand vous faites ce travail, cherchant à être convaincu, vous êtes dans la peau d’un spectateur ?

Mitch Hooper : Un peu plus que d’un spectateur ordinaire parce que je suis le garant de la cohérence du spectacle. Tout doit concourir à une unité. Ce qui me plaît au théâtre c’est quand tout a un sens, va dans une direction.

Au début des répétitions vous n’avez donc aucune idée préconçue sur la direction dans laquelle le texte s’orientera. C’est un travail de recherche ?

Mitch Hooper : C’est surtout une recherche. Il existe quand même une idée un peu vague puisqu’on a choisi la pièce et les acteurs, ce qui n’est pas neutre. Je me laisse surprendre par les acteurs et souvent les acteurs proposent des choses auxquelles je n’avais pas pensé. Cela permet d’approfondir ma pensée et le spectacle en sort enrichi. Justement car il s’agit d’une matière vivante. Je ne décide pas unilatéralement de ce que l’on va faire. C’est plus de la sculpture que du dessin.

Vous êtes également auteur dramatique. Mettez-vous systématiquement en scène vos pièces ?

Mitch Hooper : Non. Je ne l’ai fait que 2 fois. La première pour les 3 monologues qui constituaient la pièce "Chroniques d’une année de crise". Et pendant ce temps Jean-Luc Jeener m’a demandé d’écrire un texte, j’étais flatté et content de le faire. Je lui ai demandé le thème de la saison et il s’agissait de la pédophilie. (Sourire et yeux interloqués)

Et vous aviez accepté avant même de connaître le thème imposé ?

Mitch Hooper : J’étais partant. Mais j’ai eu un doute car je n’y connaissais rien et j’ai donc du me documenter et cela a donné "L’amour existe". Avec Yvan Garouel et Anne Coutureau. Elle est reprise actuellement en Belgique à Bruxelles dans une mise en scène assez proche de la mienne.

Est-ce plus aisé de mettre en scène ses propres textes ?

Mitch Hooper : Non. Quand je suis metteur en scène, je procède de la même manière quel que soit l’auteur du texte.

Quand il s’agit d’une de mes pièces, il m’arrive même de dire qu’on ne peut pas savoir ce que veut dire l’auteur. Je dissocie complètement les deux exercices. D’ailleurs quand j’écris je ne sais pas plus où je vais que quand je mets en scène. Les personnages doivent prendre vie et si on a idées préconçues pour forcer les personnages à entrer dans les mots, cela ne fonctionne plus. Il faut laisser vivre les personnages et ce sont eux qui me surprennent.

Etes-vous monté sur scène comme acteur ?

Mitch Hooper : J’ai joué parfois mais je n’ai pas de formation d’acteur et je n’avais pas l’ambition de devenir acteur.

Que s’est-il passé entre le moment où vous avez découvert votre passion pour le théâtre et où vous êtes entré dans l’univers du théâtre ?

Mitch Hooper : J’avais l’ambition de devenir auteur et je suis venue à la mise en scène…par hasard. J’ai pris énormément de plaisir à la faire et j’ai donc continué.

L’écriture au sens large du terme où spécifiquement pour le théâtre car vous avez aussi écrit pour le cinéma et la télévision ?

Mitch Hooper : Je voulais écrire. Mais très vite, je me suis orienté vers la forme dramatique mais sans l’idée d’exclusive. En ce moment, je travaille beaucoup pour sur des projets cinématographiques. La semaine dernière, j’ai travaillé sur un scénario pour le cinéma dans le cadre d’un projet avec Andrej Zulawski. Et j’ai également travaillé sur deux scénarios pour la télévision.

Pour vous, existe-t-il une différence entre l’écriture théâtrale et l’écriture pour la pellicule ?

Mitch Hooper : Il y a une première différence de taille : pour le cinéma, je suis payé ! (sourires)

En utilisant un terme un peu péjoratif, le Théâtre vivant est-il votre danseuse ?

Mitch Hooper : Si c’est ma danseuse, je ne désespère pas qu’elle devienne un jour professionnelle. C’est la finalité de la Compagnie du Théâtre Vivant. Se réunir pour essayer de toucher plus de gens pour aller plus loin.

La rencontre des autres membres de la Compagnie est fortuite ?

Mitch Hooper : Qui sait ?

Le hasard n’existe pas !

Mitch Hooper : J’ai vu Yvan Garouel jouer et nous avons travaillé ensemble sur "Chroniques d’une année de crise" et par son intermédiaire j’ai connu Anne Coutureau et Carlotta Clerici.

Quand vous êtes-vous rendu compte que vous aviez des points de vue et des exigences communs et envie de faire le même théâtre ?

Mitch Hooper : Le révélateur a été la pièce L’amour existe qui retrace un huis clos entre un tueur d’enfants et sa psychiatre. L’idée a germé dans l’esprit de Carlotta Clerici à la lecture de mes notes de mise en scène.

Il s’agit des notes "Nous sommes tous amplement conscients du désespoir et du vide. La laideur du monde est partout apparente. Il ne suffit plus d'en témoigner, il faut y résister".

Mitch Hooper : Oui, effectivement.

Carlotta Clerici a suivi une formation universitaire en matière théâtrale. Elle a donc réfléchi, formalisé et théoriser en la matière. En est-il de même pour vous ?

Mitch Hooper : J’ai fait des études littéraires. Quand cela était possible, je choisissais des options qui traitaient du théâtre. A ce propos, j’ai passé un an à réfléchir sur la définition de la tragédie. Mais je n’ai pas l’esprit universitaire.

Dans la Compagnie, y a-t-il des théoriciens ?

Mitch Hooper : Nous étions conscient qu’il fallait argumenter notre position car dans un monde du théâtre, notamment dans le théâtre subventionné, il y a de nombreux courants idéologiques. Nous souhaitions donc affirmer et démontrer que notre travail reposait sur des bases solides et réfléchies. D’autant que notre travail est très souvent critiqué de manière virulente en disant qu’il s’agit de naturalisme, de jeu à la manière des sitcoms.

Nous faisons un théâtre qui ne sort pas vraiment des conventions mais nous voulions prouver que notre théâtre résultait d’un choix délibéré et non d’une impossibilité à faire autre chose.

Il est évident que peu de gens impliqués dans le monde du théâtre parle du spectateur comme vous le faites par exemple.

Mitch Hooper : Il est évident qua dans la plupart des spectacles, le spectateur est considéré comme une quantité négligeable. Il est presque superflu. Le spectacle se déroule malgré lui.

Depuis la naissance officielle de votre compagnie, avez-vous le sentiment ou des manifestations concrètes que votre audience s’est élargie ?

Mitch Hooper : Ça commence. On sent un frémissement. L’édition de notre manifeste, l’énumération des spectacles que nous avons montés, et l’année dernière fut une année riche, nous donne davantage de crédibilité. Nous n’avons pas encore franchi le cap de demander des subventions. Mais nous ressentons que se manifeste un intérêt tangible pour notre démarche.

Pour le moment, cela n’a pas encore d’impact en termes de facilités pour monter vos spectacles ?

Mitch Hooper : Pour le moment, cela reste difficile.

Vous êtes quatre membres fondateurs. Envisagez-vous d’ouvrir la compagnie à d’autres personnes, acteurs, metteurs en scène qui partageraient votre point de vue ?

Mitch Hooper : Nous n’en avons pas vraiment parlé. Pour le moment nous sommes quatre. S’agissant des comédiens, nous avons tout un cercle d’acteurs sur lesquels nous pouvons compter et qui sont partants pour travailler avec nous. S’agissant des metteurs en scène, une trop grande ouverture est un facteur de dispersion des énergies et de diluer l’image du théâtre vivant du fait d’une trop grande variété.

Actuellement vous êtes dans le cinéma. Mais avez-vous des projets en matière théâtrale ?

Mitch Hooper : Les projets sont encore incertains. Toutefois, j’ai écrit une pièce qui s’appelle "La mémoire du détail" que je voudrais monter avec Fanny Cottençon dans le rôle principal et pour laquelle j’ai demandé une aide à la création. Car je voudrais la monter dans un théâtre privé un peu plus grand que le Théâtre du Nord-Ouest. Par ailleurs, il y a un cycle Feydeau en préparation au Théâtre du Nord-Ouest et je suis assez tenté. Dans l’absolu, je voudrais monter Pinter qui est un auteur avec qui j’ai un rapport privilégié. J’ai découvert Pinter à l’école en même temps que Shakespeare. J’ai eu la chance de travailler avec lui et de connaître l’homme. Et puis, j’aimerai monter Shakespeare.

Y a-t-il des projets de reprise de vos spectacles ?

Mitch Hooper : Non, il n’y a rien de précis dans l’immédiat.

Votre réponse anticipe sur la question que je voulais vous poser quant au fait d’être ainsi regroupés, deux auteurs-metteurs en scène et deux acteurs –metteurs en scène, si cela impliquait que vous alliez travailler en vase clos ?

Mitch Hooper : Non. Nous n’allons pas nous limiter à nos propres textes.

Dans les deux sens ? Vous acceptez également que vos textes soient montés par d’autres ?

Mitch Hooper : Oui.

Et même si ce sont des personnes qui ne le montent pas de la même manière ?

Mitch Hooper : Oui. Et dans ce cas, ce n’est pas du théâtre vivant. Il n’est pas question de censurer les gens. Ainsi à Bruxelles la mise en scène est assez proche de la mienne mais il ne s’agit pas d’un projet du Théâtre Vivant.

Et en réciproque, peut-on envisager que vous approuviez certains spectacles ?

Mitch Hooper : Nous y avons effectivement réfléchi. S’il fallait créer une sorte de label Théâtre Vivant. C’est une possibilité. Ce serait d’ailleurs très intéressant de rencontrer d’autres personnes qui travaillent dans la même direction et le même esprit.

Allez-vous au théâtre ?

Mitch Hooper : Oui. vendredi je suis allé voir "Le dernier caravanserail" à la Cartoucherie. Je n’y vais pas aussi souvent que je voudrais. Et je suis souvent déçu. Le plus difficile est d’identifier les gens qui font le travail que j’aime.

Comment procédez-vous pour faire un choix parmi tous les spectacles à l’affiche ?

Mitch Hooper : Je procède de manière empirique. Et, étant dans le métier, je suis souvent invité.

Pensez-vous qu’il y a toujours un intérêt ou une leçon à tirer de tout spectacle même raté ou mauvais ?

Mitch Hooper : Oui, cela nourrit toujours la réflexion. Surtout si le spectacle contient lui-même une réflexion. Ce qui n’est pas toujours le cas. Parfois c’est tout simplement mauvais. Je suis souvent déçu mais je ne peux pas dire que je m’ennuie au théâtre. Je vois souvent des gens qui dorment durant la représentation, et qui dorment bien. Et ce sont souvent les plus enthousiastes à la fin. Cela m’étonne. Je ne comprends pas. Si le spectacle ne me plait pas, je ne dors pas. Cela plutôt tendance à me mettre en colère. En revanche, le cinéma peut me donner sommeil car les acteurs joueront de la même façon quelle que soit ma réaction. Mais au théâtre, je fais partie du spectacle. Je ne peux pas m’endormir.

De toute façon, votre oeil n’est pas celui d’un spectateur ordinaire.

Mitch Hooper : Oui, je m’en rends compte et surtout quand je vais au théâtre avec des personnes qui ne sont pas du métier. Je suis plus critique. Rien ne m’échappe dans le jeu des acteurs par exemple. Mais dans le travail, il faut être exigent. Et j’ai toujours été ainsi.

Et cet oeil critique auriez-vous envie de l’exercer en tant que spectateur professionnel pour chroniquer les spectacles ?

Mitch Hooper : Non. Je n’ai pas eu de proposition en ce sens. Et ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Et en France, la critique susciterait un vrai débat…pour une autre interview (sourires).

Y a-t-il néanmoins quelque spectacles parmi ceux que vous avez vus qui sortent un peu du lot ?

Mitch Hooper : J’ai trouvé intéressant la pièce de Martin Crimp "La campagne" qui s’est joué au Théâtre de l’œuvre. Ce n’était pas complètement réussi mais l’auteur m’intéresse.

Vous parliez de Pinter et Shakespeare. En quelle langue les monteriez-vous ?

Mitch Hooper : En français.

Etant anglais, cela ne vous paraît-il pas anachronique voire choquant de voir leurs pièces montées en français ?

Mitch Hooper : Oui. Surtout Shakespeare. Cela nécessite un énorme travail d’adaptation. Pour Shakespeare c’est même impossible. Toutefois, on peut faire quelque chose très beau qui se rapproche de l’œuvre originale. De plus, le texte est très riche. On en peut pas tout garder tous les sens plus la musique des mots. Un travail honorable est possible. Pour Pinter, il en va différemment. Il y a les adaptations d’Eric Kahane mais elles commencent à dater un peu. Elles nécessitent d’être retravaillées et c’est en cours.

Je reviens aux spectacles que vous avez appréciés.

Mitch Hooper : La première partie du dernier caravansérail est un travail très honorable même s’il est éloigné de ce que nous faisons. Mais il est composé d’une suite de scènes sans véritable construction dramatique. Mais c’était à faire car il s’agit d’un thème qui m’intéresse en tant qu’auteur. Et comme ça m’intéresse je suis plus critique. Je n’aime pas tout ce qui se fait dans le théâtre subventionné mais le travail de Peter Brook et d’Ariane Mnouchkine est incontournable.

Pour revenir une fois encore à Shakespeare et Pinter, vous n’auriez pas envie de les monter en langue originale et en Angleterre ?

Mitch Hooper : Ce n’est pas l’envie qui me manque mais je suis basé à Paris et cela serait difficile. L’audience du Théâtre Vivant m’en donnera peut-être l’opportunité.

Revenons au Théâtre Vivant. Vous utilisez des termes assez forts, chargés, avec un contenu idéologique notamment celui de mission.

Mitch Hooper : Je pense que compte tenu de la situation dans laquelle se trouve le monde, il faut reconnaître que ce que nous faisons, qui est certes à contre courant, est pour le bien de l’humanité. Cela peut paraître très prétentieux mais au fond il faut assumer ce que l’on fait. Auparavant, nous le faisions sans le savoir maintenant nous le savons et nous commençons à le dire tout en nous gardant de tout discours idéologique qui nous enfermerait dans un carcan. Nous ne sommes pas là pour prêcher. Notre théâtre est exempt de tout dogme. Et il faut que nous soyons vigilants sur ce point. Notre matière première c’est la vie. S’enfermer dans un dogme c’est la mort. Au théâtre, on se remet en question tous jours. C’est obligatoire, naturel. Si on ne le fait pas, le théâtre le fait pour nous. Les acteurs sont remis en question à chaque seconde au cours de la représentation.

Si vous aviez carte blanche, financièrement, et peu de temps pour réfléchir, que feriez-vous ?

Mitch Hooper : Je concrétiserais tous les projets que j’ai évoqués. Pour le moment comme le théâtre vivant ne peut se faire que dans de petites salles intimistes. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne pourra pas évoluer pour être joué dans des salles plus grandes dans l’avenir. Mais alors, il faudra une réflexion préalable sur la manière d’ouvrir le spectacles à un espace plus grand. Actuellement, nous sommes obligés au plan économique de jouer dans de petits espaces et cela nous arrange. Car nous tirons profit de l’intimité de ces petites salles. Nous avons plein de projets. Ce ne sont pas les pièces qui manquent. Et puis des pièces à écrire. Mais je manque de temps.

Ecrivez-vous de la même façon pour le théâtre et pour le cinéma et la télévision qui sont plus des commandes ?

Mitch Hooper : J’ai la chance de pouvoir travailler pour la télévision dans de petites productions un peu en marge qui me permettent, même à partir d’une commande, de faire quelque chose d’honorable, dont je n’ai pas honte. Ce n’est pas purement alimentaire. J’en vis mais j’y trouve mon compte en tant qu’auteur. Je ne vais pas à l’encontre de mes convictions. J’ai écrit un téléfilm pour un ami qui est réalisateur Stéphane Kurk qui m’a laissé toute liberté. Je l’ai écrit pour lui sur son idée. Il est tourné et passera sur France 3 sans doute en 2005. Il s’intitule "Une nouvelle vie" pour le moment.

Et vous gardez la main jusqu’où ?

Mitch Hooper : Jusqu’au tournage.

Cela ne vous tente pas d’être réalisateur ?

Mitch Hooper : Si. J’aimerais passer à la réalisation. Assez vite d’ailleurs. Mon projet initial était de faire quelques scénarios et de passer à la réalisation. Mais cela a pris plus de temps que prévu. Je commence à avoir une certaine expérience. Mais le tournage est une affaire compliquée. Ce qui me chagrine c’est le manque de temps pour diriger les acteurs, notamment à la télévision.

D’autant qu’au sein du théâtre vivant le travail primordial de répétition s’inscrit dans la durée ce qui paraît incompatible avec les échéances fixées au cinéma.

Mitch Hooper : Je trouve aberrant qu’il n’y ait pas de répétitions au cinéma. Les acteurs de cinéma disent souvent que les répétitions tueraient la spontanéité. Mais cela relève de la paresse pure. Or au théâtre on répète. Cela permet à l’acteur d’absorber tout ce qui va nourrir le personnage et de jouer spontanément le texte. Ainsi à la télévision, les acteurs confondent le manque d’intonation avec le naturel. En fait, ils se bornent à réciter le texte. Ce n’est pas ça le naturel. Le naturel c’est vivre ce que l’on dit.

Quelle est la situation du théâtre en Angleterre ?

Mitch Hooper : Elle est un meilleur qu’en France car il n’existe pas tous ces clivages. Mais la situation commence à se dégrader avec la prolifération de spectacles sans intérêt.

Pourquoi écrivez-vous en langue française ?

Mitch Hooper : Pour deux raisons. Ne s’agissant pas de ma langue naturelle, cela m’impose une certaine discipline. La deuxième raison est que mon vocabulaire est moins riche en français ce qui me permet d’être plus direct, d’aller à l’essentiel sans me perdre dans des digressions.

 
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