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Théâtre Les Déchargeurs  (Paris)  janvier 2010

Comédie dramatique de Henri-Frédéric Blanc, mise en scène de Ludovic Laroche, avec Pierre-Michel Dudan, Ludovic Laroche et Karine Poitevin.

A ne pas rater en ce début d'année comme cadeau d'étrennes pour bien augurer de la rentrée théatrâle de janvier, présentée au Théâtre Les Déchargeurs, "Nuit gravement au salut", la dernière création en date de la Compagnie La Sentinelle, à partir du roman éponyme de Henri-Frédéric Blanc qui se révèle, sur tous les plans, une bien belle pépite.

En osant une comparaison potagère, cette comédie piquante et hilarante ressortit à la famille des alliaceaes En effet, tel un oignon, le texte comporte plusieurs niveaux de lecture que l'adaptation et la mise en scène de Ludovic Laroche a le mérite de laisser affleurer sans les imposer ostensiblement de manière à laisser le choix au spectateur.

Car, avec une langue extrêmement drôle et un humour souvent noir mais habilement présenté, si elle comporte une ineffable étude de moeurs, elle se double d'une comédie burlesque et d'une réflexion philosophico-mystique à partir d'une situation extrêmement ordinaire.

Un homme, une femme. Un repas d'affaires entre un éditeur et une romancière. Il est cynique, mufle et graveleux, sans scrupules. Elle est jolie, et elle le sait, imbue d'un petit succès d'estime avec un premier roman et d'une présomption d'œuvrer en littérature. Il a réussi à la force du poignet et fait son beurre avec des publications bas de gamme grand public et nivellement par le bas à l'image de la culture de masse et la section littérature est pour lui une danseuse pour laquelle il veut se payer sur la bête, ce qui en l'occurrence est d'autant plus prometteur de jouissance s'agissant d'une auteure. Elle se pique d'honnêteté intellectuelle mais use bien de ses féminins atouts et a besoin d'argent.

Voilà pour l'intrigue qui ressortit à la fois du classique et ludique jeu du chat et de la souris, dans lequel les rôles sont interchangeables, et du bras de fer entre abus de pouvoir et petits arrangements entre turpides qui bénéficie de dialogues savoureux et d'une dramaturgie soigneusement élaborée.

En effet, les assauts des deux protagonistes adoptent un rythme de salves successives, qui comme en matière militaire permet à chacun non seulement de recharger ses batteries mais également de modifier sa stratégie, et donc de faire judicieusement évoluer le propos et de dérouter le spectateur sur un dénouement qu'il ne peut s'empêcher de vouloir anticiper, en raison de l'intervention d'un troisième personnage, le serveur, qui, n'est pas simplement là pour servir la soupe.

Si, ici, elle n'est pas inattendue, elle va bien au-delà du zèle ancillaire. Car, en effet, elle ne revêt pas des allures de figuration, à de se demander, rétrospectivement, s'il ne s'agit pas du rôle principal du point de vue de l'auteur, un auteur particulièrement machiavélique et habile pour qui Dieu n'est pas un fumeur de havanes mais un maître d'hôtel particulièrement fine gueule dont le comédien-baryton à la voix de stentor Pierre-Michel Dudan fait une composition ébouriffante.

Doté d'un don aigu de l’observation à la manière d'un facétieux ethologue et du sens de la formule, Henri-Frédéric Blanc a trempé son stylo dans un cocktail détonnant de drôlerie et de causticité et régale de son écriture assassine qui est bien portée à la scène par la prestation sans faute des comédiens.

Ludovic Laroche est irrésistible en vrai faux maître de jeu qui lui offre un rôle en or pour un florilège de sentiments et de postures. En face, dans le ring, Karine Poitevin, resplendissante de beauté sensuelle dont le décolleté généreux a été retenu comme visuel du spectacle, joue parfaitement des vrais atouts et des fausses faiblesses de la gente féminine avec un art consommé de la rouerie qui en fait, finalement, un bel adversaire.

 

MM         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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