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Ovations  (Make Mine Music / Darla records)  octobre 2009

Il est des albums que l'on n'attend pas. Il est des associations improbables. Il est des mondes que l'on dirait n'être jamais appelés à se toucher. Et il est des brèches, dans notre normalité, où se produisent ces rencontres impossibles. L'une d'elle s'appelle Ovations, nouvel album de Piano Magic, mais surtout collision avec l'univers de Dead Can Dance.

Sur le papier, on n'aurait pas misé un kopec, ni un rouble, ni un franc, sur un tel concept. Pensez-donc. Brendan Perry et Glen Johnson. L'ampleur lente, cérémonieuse et profonde de l'un ; les tensions électriques pop-hagarde de l'autre, façon road movie jarmuschien, une touche so british en plus. Et pourtant. Une réussite incroyable.

À vrai dire, l'harmonie entre les deux univers, leur complémentarité, est si poussée que l'on retrouve ce sentiment d'évidence délicieux que l'on avait cherché en vain dans la discographie du groupe depuis son Troubled Sleep (Green UFOs, décembre 2003), authentique chef d'œuvre. Si Piano Magic avait un peu peiné à renouveler et enrichir son répertoire sur ses dernières et néanmoins encore tout à fait honorables productions (Disaffected chez Talitres, Darla et Green UFOs en mai 2005 ; Part Monster chez Homesleep, Important records et Green UFOs en mai 2007), la question est bel et bien réglée avec Ovations.

Sans rien perdre de la très forte identité musicale qu'il s'est forgé au cours des années, Piano Magic explore avec ce dixième album le mystère de ses origines en rouvrant l'album de ses influences les plus eighties (The Cure, Joy Division, & Also the Trees et tout le label 4AD ; sans oublier, justement, Dead Can Dance), et enrichit encore l'ensemble de quelques touches d'exotisme, notamment avec le travail aux percussions de Peter Ulrich, lui aussi issu de Dead Can Dance.

On devine derrière cette multiplication des références toute la richesse de l'ensemble. Un écrin précieux pour l'indolence du chant de Glen Johnson – ou pour celui de Brendan Perry, qui n'a rien perdu de sa monumentalité et qui assure les parties vocales de deux titres : "You never loved this city" et, surtout, "The nightmare goes on", premier titre de l'album à valeur clairement programmatique.

Les fidèles retrouveront néanmoins sans difficulté tout ce qu'ils peuvent aimer chez Piano Magic : des océans profonds qu'esquissent la profondeur de la basse et les soubresauts de la batterie au son de guitare si particulier des chorus enfiévrés qui en émergent parfois, monstres imprévisibles ; des lentes contemplations éreintées aux explosifs jaillissements, riffs exsangues, rythmiques en hyperventilation (ah ! "The faint horizon"...) ; le goût pour une certaine langueur, une rondeur ; un univers insomniaque : nocturne, lunaire, épuisé ; ballades pop et dérives rock ; jusqu'au duo de voix avec Angèle David-Guillou (sur "Exit", impeccable conclusion de l'album).

Prêt de quinze ans après ses premiers pas, Piano Magic reste donc une formation d'une très grande pertinence, dont on ne saurait vraiment comprendre qu'elle reste encore si méconnue, étonnement tenue à l'écart de toute véritable reconnaissance publique. Y aurait-il là, dans un monde où la musique est avant tout industrie, l'effet d'une politique marketing trop peu agressif ? C'est peut-être ce que ne manqueront pas de penser ceux qui suivent l'ensemble des aventures de son capitaine, le très prolifique et très exigent Glen Johnson. Mais ceux-là s'en moqueront certainement.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album The troubled sleep of Piano Magic de Piano Magic
La chronique de l'album Disaffected de Piano magic
Piano Magic en concert au Nouveau Casino (27 octobre 2005)
L'interview de Piano Magic (28 février 2005)

En savoir plus :
Le site officiel de Piano Magic
Le Myspace de Piano Magic


Cédric Chort         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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