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Rentrer au port  (Wagram)  octobre 2009

Je vous livre une chronique d’album pour l’occasion d’une facture toute personnelle, et pour cause…

En début d’année 2010, alors que je prenais congés de Froggy pour un mois, je remettais à février la chronique de Rentrer au port. Le timing ne me paraissait pas si mauvais, permettait de se laisser encore un peu de temps pour cet album complexe et une introduction intéressante pour une future chronique du concert de Mano Solo prévu le 13 mars au transbordeur à Lyon.

L’actualité faisant le tour du monde à une vitesse folle, voilà comment on se retrouve à écrire à la terrasse d’un "maquis" de Bobo Dioulasso, au sud-ouest du Burkina Faso, avec sa tête comme seule documentation, la chronique du dernier album de Mano Solo ! Le dernier… Le mot prend tout son poids aujourd’hui…

J’imagine aisément, malgré la distance, le déferlement d’informations en France qui a dû jaillir, sur l’homme, sa vie, son œuvre… Les mots perdent vite leur sens dans le torrent médiatique. Sans vouloir à tout prix ajouter des lignes jusqu’à l’écœurement, il parait important de ne pas passer sous silence cet album qui vient, sans le savoir, refermer un chapitre important de la scène musicale française.

Rentrer au Port est le petit frère de In the garden, créé dans la douleur de l’autoproduction il y a deux ans. Mais si l’aventure s’était avérée délicate et usante, elle eu le mérite de donner vie à un album réussi par la justesse du rapport entre la verve de Mano Solo et la complémentarité des musiciens. C’était un Mano Solo puissant et efficace qui évoluait à nouveau, porter par trois musiciens d’exception : Régis Givazo, accordéoniste malgache de génie, Fabrice Gratien pour le piano et la trompette et Daniel Jamet – ex "Roger Cageot" de la Mano Negra à la guitare. La complicité qui s’est créée au fil des concerts fût le flacon idéal dans lequel l’auteur interprète écorché, a jeté tout ce qu’il avait… et bien plus encore, on le mesure aujourd’hui, pour enfanter ce nouvel album.

"J’avance, j’avance et c’est tout qui recommence…". L’opus s’ouvre sur cette marche folle, cette obstination à aller de l’avant, pour tout et contre tout, et puis… "Rentrer au port"… Comme une impossible pirouette… Mano Solo exprimait il y a quelques années que la vie qui restait lui ôtait toute liberté, toute possibilité de flâner en chemin. Cette deuxième piste témoigne-t-elle d’un point de non retour alors dépassé ? Rentrer au port en n’étant même pas sûr "que lui-même n’ait pas cessé d’exister !".

Le décor de l’album est posé avec ces deux premiers titres. La complexité de l’homme, de l’œuvre, est là. L’album est complet, riche et fourni. Combien d’écoutes sont nécessaires pour toucher du doigt tous les niveaux d’une écriture de plus en plus complexe, parfois même hermétique au premier abord ? Mais il fallait que tout soit là… Par bonheur, la musique est à chaque fois une excellente porte d’entrée pour chaque morceau. Un investissement des musiciens très précieux dans les compositions, porte et complète la musicalité des mots, sans l’affaiblir.

"La rouille", "Les enfants païens" – chanson Mano Solesque par excellence à la montée liturgique asphyxiante – "Les Chevaux d’Aubervilliers" font de cet album un morceau de choix dans la discographie de l’artiste. On y retrouve avec force la profondeur des trois premiers disques – son triptyque La marmaille nue - Les années sombres - Je ne sais pas trop, des années 90. En réponse au titre "C’est pas du gâteau" de la Marmaille nue, dans lequel le jeune artiste d’alors chantait son impossible désir de paternité, "Les enfants des autres" vient tendre un pont d’une bouleversante et tendre amertume entre les deux extrémités de son œuvre. Une cicatrice de plus… Un point de rouille, de cette rouille qui "épaissit tout ce qu’elle détruit petit à petit, sans un bruit, sans un bruit"…

Rentrer au port porte la lourde charge de refermer une œuvre – désormais figée – parmi les plus marquantes de la chanson française. Cet "homme de fer sous la pluie" aura brillé à se consumer pendant dix albums. Malgré la distance, ça valait bien ces quelques lignes d’Afrique, continent fantasmé qui a inspiré Mano Solo, qu’il a désiré et qu’il a chanté. Et s’il est venu nous voir avant de partir : y’avait personne... Ça vaut mieux comme ça !

 

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Expos : Exposition Mano Solo et Concert des Enfants d'Solo - Atelier Layral

En savoir plus :
Le site officiel de Mano Solo
Le Myspace de Mano Solo


Cyril Hortala         
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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
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Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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