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Théâtre des Mathurins  (Paris)  janvier 2010

Monologue dramatique de Wallace Shawn, mise en scène de Lars Norén, avec Simona Maïcanescu.

Arrivée par la salle, une femme timide à la démarche hésitante investit la scène pour y raconter son histoire : celle d’une femme aisée qui, à la suite de la lecture d’un livre déposé devant sa porte (et quel livre) et d’un voyage dans un pays pauvre, prend soudainement conscience de l’injustice sociale.

On ne peut entrer dans "Fièvre" que si l’on accepte de se faire emporter par une vision neuve, décalée, mais définitivement indélébile. Ecrit par Wallace Shawn, auteur et acteur new-yorkais, à la fin des années 80 mais plus actuelle que jamais, la pièce décrit une révélation face à la terrible banalisation de la pauvreté, face à l’insoutenable qu’on avait fini par admettre par habitude, résignation ou volonté de garder son petit niveau de confort.

Simona Maïcanescu, qui a traduit et adapté le manuscrit de l’anglais, porte avec un feu ininterrompu l’émotion qui la submerge. La comédienne offre une performance atypique parce que loin du jeu et même du théâtre : elle est dans la vie, dans ce monde et porte une parole dont il est rare qu’elle soit dite avec une telle simplicité, une telle vérité, une telle évidence. A voix basse, entre confidence et don, elle retrace lentement ce parcours de femme riche qui découvre l’obscène vérité et le bouillonnement dans son âme qui s’ensuit ; l’émotion affleurant tout au long, marquée par des tortillements de mains et des accélérations en fins de phrases.

La mise en scène de Lars Norén, dont on comprend qu’il puisse participer à ce projet tant il ressemble à ses propres pièces (la violence en moins) est la plus minimaliste qu’il soit, le maître suédois n’ayant visiblement pas voulu "théâtraliser" le moins du monde le spectacle. La scénographie est également la plus dépouillée possible puisqu’elle n’est constituée que d’un cyclo, toile tendue en fond de scène qui change imperceptiblement de couleur au fil du monologue et des différentes étapes qui le jalonnent. Et le costume, robe chic garnie d’ornements et talons hauts, signes ostentatoires de richesse dont elle se sépare à la fin, symbolisent clairement l’abandon à ce monde occidental, repus et autiste.

Au-delà du spectacle, il y a là un acte unique qui agit sur nos consciences d’européens privilégiés comme un électrochoc. Et pour qui découvre ce texte fulgurant et essentiel, il y aura fatalement un avant et un après "Fièvre" : l’étincelle qu’il allume se propagera bien au-delà de la représentation, éclairant d’une perspective nouvelle notre vision du monde et y répercutant l’écho dans nos vies.

 

Nicolas Arnstam         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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