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puce Le roi nu
Théâtre de la Tempête  (Vincennes)  janvier 2010

Fable de Evguéni Schwartz, mise en scène de Philippe Awat, avec Anne Buffet, Eddie Chignara, Mikael Chirinian, Florent Guyot, Dominique Langlais, Pascal Oudot, Bruno Paviot, Magali Pouget et Francis Ressort.

Evguéni Schwartz utilisait, comme d'autres auteurs dissidents des avant gardes russes de la période révolutionnaire enserrés dans l'étau du constructivisme soviétique, la stratégie du contournement stylistique par le biais d'un avatar du conte pour enfants emprunt à la fois de naïveté et de vérisme pour disait-il non pas "dissimuler une signification, mais pour dévoiler, pour dire à pleine voix, de toutes mes forces, ce que je pense".

Dans "Le roi nu" écrit en 1934, il recombine notamment trois contes d’Andersen ("Le porcher amoureux", "La princesse au petit pois et Les habits neufs de l’empereur"), pour diffuser - tenter en l’occurrence puisque cette pièce a été interdite en son temps avant même d'être créée - une critique radicale de tous les totalitarismes, produits monstrueux de la terreur et du conformisme, et ce du stalinisme au nazisme, doublée d‘une satire sociale.

Phlippe Awat a opté pour un univers qui s’inspire du contexte artistique contemporain à l’opus, en empruntant simultanément au cartoon, alors en son âge d'or, et au grotesque, le premier comme version animée de l'art russe traditionnel de la caricature russe et le second déclinaison de l’expressionnisme qui sévissait outre-Rhin.

Dans une scénographie très épurée de Valérie Yung, privilégiant la ligne droite selon l’esthétique art déco, qui se pare de décors graphiques habilement conçus par Fanny Paliard s'animant sous les lumières travaillées de Nicolas Faucheux, l'ensemble évoquant les codes dadaistes, se déroulent les aventures d'une princesse éprise d'un porcher (Francis Ressort) qui, grâce à la pugnacité et l'ingéniosité de ce dernier et de son acolyte (Dominique Langlais), va pouvoir éviter le mariage avec un tyran psychotique craignant les mésalliances, et de la mésalliance à la théorie pseudo scientifique de la race pure …

La mise en scène au cordeau est soutenue par un rythme rapide voire trépident qui, fort judicieusement, ne s’apesantit pas sur la teneur politique, Philippe Awat ayant suffisamment confiance dans l’acuité du regard du spectateur pour ne pas faire dans la redondance.

Tous les personnages font l’objet d’un traitement très individualisé, des costumes (avec la patte inspirée de Dominique Rocher) au jeu, de manière à leur donner une certaine épaisseur sans pour autant les dépouiller de leur potentiel comique, ridicule ou burlesque.

Dans la famille des puissants, il y a donc le roi petit, le drôlissime François Frapier qui joue également le rôle du poète de la Cour genre Caramels fous, sa fille la princesse, petite elle aussi, croisement d’une culbuto et d’une toupie à qui Pascale Oudot donne une verve pétulante, et le tyran monté en graine genre échassier - car Philippe Awat joue également sur la morphologie des personnages pour composer sa distribution ce qui ajoute une dimension très visuelle à la charge moqueuse - dont Eddie Chignara, qui a parfois des accents à la Elie Kakou, réussit une composition particulièrement bouffonne de bêtise terrifiante.

Autour d'eux, sévit un aéropage également haut en couleurs et irrésistible : cuisinier poussif et chambellan capitaine des dragons hennissant (Bruno Paviot), une Heidi reconvertie en gouvernante kapo (Magali Pouget), ministre des tendres sentiments genre Barbie adoptée par la famille Adams (Anne Buffet) et premier ministre taraudé par sa compromission (Mikaël Chirinian).

Les comédiens, tous au taquet, dispensent une jubilatoire farce chorale dont l'arme est le rire sous toutes ses formes et le matériau le mot souvent trituré, même si le premier prend ici un peu le pas sur le second en raison de l'abondance créative du spectacle.

 

MM         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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