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puce H-Burns - Bo Weavil
New Morning  (Paris)  mercredi 2 décembre2009

Trois groupes de sensibilité "blues" sont programmés, ce soir, au New Morning. Malheureusement, rapidement nous apprenons que le groupe Harry Manx est retourné au pays, le Canada, pour raisons personnelles. Dommage, son blues tradionnel mâtiné de sitare indienne avait tout pour plaire sur le papier.

Arrivés tôt dans la salle historique du New Morning, qui a relancé le jazz dans les années 80, où se sont produits Dizzy Gillespie, Chet Baker ou Stan Getz, avec Charlotte et Sarah nous prenons place aux abords de la scène, autours d'une petite table.

Rares sont les concerts que je ne passe pas dans la fosse mais d'où nous sommes, nous pourrons apprécier le jeu des ziquos et ce sera aussi plus simple pour Charlotte de shooter, sous tous les angles, les groupes successifs de cette soirée.

Une heure d'attente avant l'arrivée du premier groupe, ça fait un peu beaucoup mais peu importe, nous en profitons avec Sarah et Charlotte pour faire connaissance.

Les premiers à fouler la scène sont les H-Burns, groupe français avec déjà trois albums à son actif. On sent que les influences musicales des H-Burns viennent du pays de l'Oncle Sam, qu'il s'agisse de balades folk ou de classic rock péchu. Ils ne paient pas de mine (le chanteur, tête ébouriffé et barbichette, arbore une chemise à carreaux très middle west), mais dégagent une certaine présence sur scène.

Le chanteur est clairement le plus charismatique de tous (il présente et fait la transition des morceaux, bouge bien) et a travaillé son timbre de voix pour le rendre très "américain".

J'ai trouvé que sa façon de chanter se rapprochait assez nettement en intensité de celle d'Eddie Vedder, le leader des Pearl Jam. Et comme Eddie, il a la bougeote sur scène et une voix aussi bien taillée pour l'interprétation de belles ballades electro-acoustique que pour des morceaux plus rock.

Lorsque les H-Burns s'énervent, c'est du bon classic rock à la Springsteen, on en redemande. Mais indéniablement, c'est lorsqu'ils furetent vers un espèce de folk-blues très légèrement country, à l'ancienne, que j'ai le mieux apprécier ce groupe. Comme le chanteur, le gars aux claviers donne de sa personne.

Outre le clavier, il s'adonne à la guitare slide ou la scie musicale, cet instrument bizarroïde dont on a tous entendu des sons dans des films tout aussi chelou (en me creusant bien, il me vient Vol au dessus d'un nid de coucou ou Arizona Dreams).

On a donc vu là un groupe très agréable sur scène, proposant des ballades comme ils savent si bien le faire de l'autre côté de l'Atlantique, vivantes, servies par de nombreux instruments.

Ce hors-d'oeuvre était bien sympa en bouche, goûtu mais à la fin du repas, il restera quasi anecdotique face au plat de résistance qui va venir.

Dire que l'on s'est régalé avec les Bo Weavil est encore loin du compte. Le "boll weevil" est un insecte qui oeuvrait dans les champs de coton et devint symbole de résistance dans les années 20 au sein de la population noire exploitée, jusqu'à l'hommage de Charlie Patton avec son "Mississipi bo weavil blues".

Vous l'aurez donc compris, avec ce groupe – français encore ! – venu de Nantes, l'heure est au blues. Mais attention, un blues furieux, loin d'être désespéré ou mélancolique.

Ce groupe est considéré comme l'un des meilleurs d'Europe dans ce style delta blues (le blues originaire du Mississipi) et lorsque l'on voit l'énergie de ce trio – batterie, basse, guitare/harmonica – sur scène, on comprend pourquoi.

Pendant 1h30, ces Bo Weavil vont revisiter des standars blues, (le "Catfish Blues" de Muddy Waters, une ou deux reprises de John Lee Hooker, un chant d'esclave qui prend aux tripes) mais aussi imposer des titres de leur cru, bien écrits, endiablés qu'il s'agisse de blues survitaminé, de boogie ou mambo un brin sauvage.

Un personnage en impose grave dans cette formation – Boogie Matt – en assurant le chant (vieil accent de blues man des années 20, excellent !) l'harmonica au son très métallique et la guitare. Il amène chaque morceau par une ou deux anecdotes, le rendant en plus très sympathique.

La plupart du temps, si les morceaux commençent dans une ambiance blues tranquille très roots, l'emballement arrive vite et la guitare devient alors boogie, groovy, rock'n'roll. La guitare se fera tour à tour electro acoustique, slide ou bien électrique.

Le batteur n'est pas en reste tant il maîtrise aussi bien les caresses des cymbales, les roulements et accélérations à la batterie, mais aussi des percus un peu mambo.

Il ne serait pas galvaudé d'affirmer que ces Bo Weavil utilise à la fois les codes du blues énergique d'un Rory Gallagher et le boogie de Brian Setzer, tout en gardant une base de blues à l'ancienne dans le son (aspect chaud et métallique).

Les morceaux défilent dans une qualité musicale impressionante. En fermant les yeux, on se croirait dans un rade surchauffé et brumeux du Mississipi ; leurs rictus, leurs regards de mômes (entre eux) sont aussi le reflet d'une énorme envie de jouer, de donner, de partager.

Question ambiance ?

Il ne s'agissait pas d'un silence de cathédrale dans la salle en voyant la démonstration blues/boogie de ces doriphores du Mississipi mais à l'inverse, une atmosphère de plus en plus festive dans le temps – des habitués du groupe étant présents, plus les connaisseurs du style – manifestée par de petits cris dans la foule et pas de danse chaloupés.

Moi je dis qu'un tel concert, c'est une grosse claque et un pied pas possible.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album How strange it is to be anything at all de H-Burns
H-Burns en concert à L'Européen (31 mars 2008)
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H-Burns en concert au Festival Le Cabaret Vert #9 (samedi 24 août 2013)
La chronique de l'album As a striving lonesome bull de Mr. Bo Weavil

En savoir plus :
Le site officiel de H-Burns
Le Myspace de H-Burns
Le Myspace de Bo Weavil

Crédits photos : Charlotte Ortholary (Toute la série sur Taste of Indie)


Yannick Maquenhen         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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