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Falling down a mountain  (4AD / Beggars)  janvier 2010

Depuis que l'éphémère semble être devenu la norme sociale en vigueur, chroniquer le huitième album d'un groupe est aujourd'hui un tour de force qu'on ne réussit plus tous les jours. Falling down a mountain, des anglais de Tindersticks, est de cette race des disques indémodables, à l'image de la carrière d'un groupe dont les branchés, forcément, n'attendent plus rien depuis le troisième album. Et pourtant...

Comme les croisières qu'on fantasme en écoutant le premier titre éponyme, Tindersticks est un sublime paquebot. A la dérive. Sans destination connue, ne pouvant offrir à ses passagers que la beauté des territoires qu'il dépasse, lentement, sûrement, sans violence. Un bloc de métal piloté par des humains en costume à queue de pie. Une autre époque me direz-vous, où le cha-cha se jouait sur les dancings, où Lee Hazlewood égrénait l'élégance et où les trompettes crachaient des notes bleues qui flirtaient avec le jardin d'Eden. Bref. Sur Falling down a mountain, peu de surprises mais beaucoup de réussites. La marque de fabrique des discrets me direz-vous. Il est vrai que Tindersticks ne fait pas de vague, poursuit la traversée sans considération pour les boussoles et les modes event(r)ées. C'est un fait, un gage de fidélité à soi-même.

Bien évidemment, on retrouve ici comme ailleurs les poncifs d'un groupe que les moins de trente ans auront peine à écouter autrement qu'en tapant nerveusement sur la touche next. Au suivant donc, et dès le troisième titre, "Harmony around the table", l'auditeur sent bien qu'il aura du mal à penser à autre chose qu'au repeat. Voix de crooner enfin arrivée à maturité, arrangements grandiloquents à déguster en pensant à Burt Bacharach trinquant sur la croisière qui s'amuse, tous les ingrédients sont réunis pour danser seul dans son salon en évitant le fauteuil club. Du grand Tindersticks. On trouve même des lalalala en chorale pour oublier la naïveté primitive d'un groupe qu'on a longtemps cru cérébral.

Jazzy, spleenesque, intemporel. Romantique par défaut, parce les mots ne sont pas toujours les bons. L'impression générale à l'écoute de cette cuvée Tindersticks ressemble à s'y méprendre à du double effet vicieux. Une écoute pour décortiquer la bête, et plusieurs pour l'apprivoiser. Il y a "Peanuts", la ballade pour les puceaux du vertige amoureux, "She rode me down" pour les nostalgiques du western spaghetti mid-tempo, "Hubbard hills", pour les dépressifs en Stetson qui pleurent Lee Hazlewood et Lee Van Cleef. Partout, c'est l'opulence minimale, le sens des intrigues, l'amour des ambiances. Les mélodies ? On les retrouve au niveau de la mer, un oeil pointé sur l'horizon avec les violons en guise de rameur.

Comme sur les disques qu'on usera encore longtemps, il y a la chanson qu'on fera mourir par l'usure. En l'occurrence, il s'agit de "Black Smokes", qui sous sa production cra-cra parvient encore à accomplir des miracles avec son sax et ses guitares étirées comme un canot de sauvetage élimé à l'extrême. A mi-chemin entre Roxy Music (l'énergie du bordel) et Bryan Ferry (le jazz poli) sous Guronsan, on en redemande et sans prescription. Après tel voyage, les dernières minutes ("Factory Girls", "Piano music") s'avéreront plus anecdotiques, le temps nécessaire pour rembobiner la bande, supplier papa pour "un tour encore, s'il te plaît !". On sait le terme éculé jusqu'à l'os, mais cet album a des allures de film imaginaire, à écouter en boucle à l'abri des regards, comme un bunker contre le monde qui passe. Tindersticks, groupe de grabataires ? Plutôt des rescapés, le navire, lui, ne prend pas l'eau.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Tindersticks
Le Myspace de Tindersticks


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# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

"Riens du tout" de Cédric Klapisch
"Noïse" de Henry Bean
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"La vie à deux" de Clément Duhour
"L'homme au million ("The Million Pound Note") de Ronald Neame
des incontournables japonais :
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et des raretés avec une sélection "Court metrage" :
"Le Chant du styrène" de Alain Resnais
"La chambre" de Chantal Akerman
"Pauline" de Céline Sciamma
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Lecture avec :

"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
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