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Silver Threats  (PIAS)  février 2010

Cette chronique vous l'auriez déjà lue mille fois, et cela aurait donné, à chaque fois : "Les Black Box Revelations (BBR) déboulent avec une nouvelle galette de leur blues-rock un peu garage, un peu gras. La guitare, acérée, nous délivre une série de riffs tendus, sous les martèlements puissants de la batterie. Une musique orageuse, électrique et métallique" – et autres variations pauvres en style sur le même texte un peu vide, où l'on repère assez vite les mots les plus clichés de la langue des critiques musicaux.

À l'origine, ces tics étaient de simples outils permettant à l'écrivailleur, professionnel en devoir de produire, de surmonter un passager manque d'inspiration et de rendre, ni vu ni connu, un texte même lorsqu'il n'avait rien à dire. Dé-mot-tivé (c'est-à-dire, voudrons-nous croire : privé de ses mots), le chroniqueur savait recourir à des trucs, des astuces, tours de passe-passe et techniques lui permettant de s'acquitter des tâches peut-être trop nombreuses ou difficiles qui lui étaient confiées. Tirant à la ligne, de phrase toute faite en image un peu vide, il accomplissait ainsi consciencieusement, quoique pauvrement, son office. Méfiez-vous toujours, lorsque sur votre route vous croiserez cette langue du cliché. Quand le disque sous la plume se fait galette, l'indigence critique n'est pas loin.

On aurait même pu faire de cette maxime un adage infaillible si, par le mimétisme des pauvres en inspiration, l'expédient un peu honteux n'était pas devenu le tout de la critique musicale : n'y voyant que du feu, les chroniqueurs en devenir, enthousiastes mais naïfs et trop admiratifs, s'imaginent qu'écrire sur la musique doit forcément se faire dans cette langue et l'adoptent en conséquence avec tout le zèle de leur inexpérience. Si bien que cette langue, lorsqu'on n'y prend pas garde, nous revient facilement en bouche, parasitant même les textes qui nous sont les plus chers pour venir lécher, goulue tentatrice, l'œil et l'oreille du lecteur/ auditeur.

Mais si l'on peut accepter de telles facilités de la part d'apprentis-scribouilleurs, certainement blogueurs et encore pleins du lait de l'innocence, ce serait un peu court pour un homme de plume fait, qui pourrait dire aux lecteurs mélomanes bien d'autres choses en somme.

Car pour écrire sur la musique, on n'en écrit pas moins, tout court ; et le sujet, noble, mérite que l'on y mette du sien, que l'on s'y saigne aux quatre veines, se faisant un sang d'encre, au sens propre, ne vivant que dans l'espoir du point final apporté à un texte précieux. Totalité, accomplissement, élévation de l'âme, en sorte – on voit quelles hautes ambitions s'opposent au contentement un peu misérable de la galette et du déboulement.

Car il importe, surtout, que le texte rende quelque chose de l'atmosphère du disque. Faute de pouvoir en mots dire la musique telle qu'elle s'est mise en disque, il faut en style littéraire permettre, expressionniste et évocateur, au lecteur de s'approcher de la vérité des compositions.

Silver Threats, le deuxième album des Black Box Revelations, ne brille certes pas par sa finesse ou la nouveauté de son rock – on y aurait plutôt cuisiné dans la plus vieille marmite du rock les plats les plus classiques d'un livre de recettes à la couverture jaunie (ah ! l'idée que jamais ne meure le rock'n roll...) ; quelques épices en plus, à la rigueur : plus brut que son prédécesseur il est aussi, un peu paradoxalement, plus arrangé et plus psychédélique ("Here comes the kick" en est l'exemple parfait – et épique : neuf minutes).

En deux années de tournée intense et d'épuisement rock-cliché (façon road-movie, en noir, blanc, cuir & lunettes noires), la musique du duo a gagné en densité (écrasante) ce qu'elle a (vaguement) perdu en urgence. Deux années qui ont certainement compté autant humainement, voire biographiquement, que musicalement puisque les deux compères n'avaient pas vingt ans à l'époque de leur premier disque. Autant Set your head on fire pouvait briller par sa candeur et son côté très direct, autant Silver Threats s'impose d'emblée comme une œuvre de maturité : aucun gamin, fut-il enfant génial, miraculeux et prodige, n'aurait pu écrire les complexes "Where has all this mess begun" ou "Our town has changed for years now".

On sent ici, plus que les menaces argentées promises par le titre, la menace d'une jeunesse véritable : sortie de l'enfance, dépouponnée et sûre de ses forces créatrices. Prête à renverser le monde, fut-il celui du rock. Quelque chose de primitif, réellement, d'inquiétant, de primal, comme on le dirait d'un cri, d'une pulsion. Une tension de l'ordre du sexuel, de la libido, de cette pure affirmation de puissance (écoutez l'excellent "Love licks" en songeant à tout ce qu'a de dérangeant pour la société bien-pensante l'idée d'une sexualité adolescente ; songez à Larry Clark, aux Noces Blanches, au Péril jeune, au mythe de Lolita, pourquoi pas – vous touchez du doigt une certaine vérité de ce qu'est le rock'n roll, depuis son origine).

Résultat : le duo s'élève très loin au-dessus de son premier opus sans réellement en changer la donne : un blues-rock un peu garage, un peu gras. La guitare, acérée, nous délivre une série de riffs tendus, sous les martèlements puissants de la batterie. Une musique orageuse, électrique et métallique. Voilà la nouvelle galette avec laquelle déboulent les Black Box Revelations.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de The Black Box Revelation
Le Myspace de The Black Box Revelation


Cédric Chort         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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