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La Boule Noire  (Paris)  mercredi 27 janvier 2010

"La Vie Cajun" trotte encore dans ma tête, comme Féloche me l’avait prédit hier soir à La Boule Noire.

La soirée avait pourtant mal commencé, par une première partie placée elle aussi sous le drapeau de la Louisiane. Une accorte chanteuse à l’accent cadien égraine quelques chansons, accompagnée par trois cowboys usés, un violoniste, un bandoléoniste et un contrebassiste aux allures de Jolly Jumper.

Faute de bayou, c’est à la MJC de la Nouvelle Orléans, me souffle ma voisine, que nous avons l’impression de trainer nos santiags. Comme la belle à la stricte frange country n’a pas dit son nom, nous ne chercherons pas à la retenir, elle a raison après tout, c’est pas ton business, plutôt cheap le business…

Mais le brouillard s’étend vite sur le marécage et efface les derniers échos de cette musique lointaine. Soudain, la belle gueule de Féloche surgit. Avec son sourire et son regard mutins, ses boucles rebelles et sa mandoline électrique, il conquiert vite son public, nous.

Très vite rejoint par Christophe Malherbe, le contrebassiste à tête de tortue et Léa Bulle, la femme orchestre, il nous entraîne dans son univers décalé.

Sur sa mule bringuebalante, nous arpentons un chemin sinuant entre un folk qui sort de la vieille cabane là-bas, et le rock steady d’un vapeur qui tourne ses roues à aubes à plein tube.

Souvent, on devine des bulles d’électro qui remontent du font du marais. You want to dance ? Reste avec moi…

À chaque morceau, je me demande de quel instrument va se saisir la petite Léa, harmonica, trompette, accordéon, synthé, cornet, tambourin bricolé, boîte à sons, samples, grosse caisse, castagnettes… Elle n’arrête pas, et quand elle chante, nous adorons sa voix.

Quant à Christophe le géant, il donne le rythme endiablé, se saisissant parfois d’un archet pour faire ronfler sa contrebasse, électrique.

Le trio est bien rodé, synchro, ils rigolent, font les clowns juste ce qu’il faut, cabotinent.

Les engrenages tournent déjà bien, huilés pendant cinq ou six morceaux, quand surgissent sur la scène deux nouveaux : un violoniste et bandonéoniste qui sait aussi jouer de la râpe à fromage. Ils encadrent Féloche, et les espèces d’arbres qui trônent au fond de la scène leur donnent des ailes d’ange.

Depuis "Bon appétit shaman !" nous plongeons toujours plus loin dans leur délire fantasmagorique, jusqu’à l’incantation finale, à la gloire de "Dr. John, gris gris, John".

Sortent alors des vapeurs du bayou urbain, à n’en pas douter hallucinogènes, cinq créatures, corps d’homme aux mains musicales et aux têtes animales…  Ça bouge dans la fosse en transe, qui suivrait bien ce chien fou jusqu’au bout de la nuit vaudou.

On se calme, le premier album est sorti hier et il parait que nous sommes les heureux témoins du premier concert parisien (d’accord, si on oublie quelques scènes petites ou partagées). Le répertoire, certes impeccable, varié et festif, a forcément ses limites.

Pour terminer, les excités du marécage nous interpellent sur le morceau qui bouge surement le plus, "Eh toi ?" avec sa ligne de violon ensorcelé qui nous vient de l’est, comme Féloche, ex-guitariste d’un groupe de punk ukrainien, oui da !

Ici, aucun doute n’est permis, le public le rappelle chaleureusement, et le baladin nous offre sa reprise de "Singing in the rain", à la légèreté absolue, suivie d’un retour à "La Vie Cajun", parce qu’il veut qu’on la fredonne le lendemain. Bien joué, elle ne me quitte pas depuis !

Mais en la chantonnant sur le chemin de la maison, je réalise que le tube n’a finalement qu’une phrase… La vie me joue des tours, essaie de faire la peau à mon rêve éveillé qui rit sous mon chapeau.

S’il est capable de ce tour de force, Féloche peut aussi pondre des textes profonds et poétiques, comme "Darwin avait raison". Souhaitons-lui donc une bonne évolution !  À suivre absolument, par exemple le 24 mars à la Maroquinerie.

 

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En savoir plus :
Le Myspace de Féloche

Crédits photos : Diane Hion (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 16 juin 2019 : C'est la fête !

Vendredi prochain, ce sera la Fête de la Musique, une raison supplémentaire pour en écouter de la bonne en vous baladant dans notre sélection culturelle de la semaine, avec également bien entendu du théâtre, du cinéma, des expos et de la littératures.

Du côté de la musique :

"Frescobaldi : Toccate e partite d'intavolatura di cimbalo, libro primo" de Christophe Rousset
"Ravel l'exotique" de Ensemble Musica Nigella & Takénori Némoto & Marie Lenormand & Iris Torrosian & Pablo Schatzman
"Rouen dreams" de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends
"Antonio Salieri : Tarare" de Les Talens Lyriques & Christophe Rousset
"N'obéir qu'à la terre" de Louise Thiolon
"... Ni précieuse" de Malakit
"Différent" de Monsieur
"Women's legacy" de Sarah Lenka
"At the end of the year" de Thomas Howard Memorial
"Génération guerre sainte" de Torquemada
et toujours :
"Appareil volant imitant l'oiseau naturel" de Boule
"Hypersensible" de Cat Loris
"Strange creatures" de Drenge
Petit tour à Beauregard, qui approche, pour y parler des découvertes. Nous avions déjà évoqué le reste de la programmation
"Strome" de Martin Kohlstedt
"Arrivals & Departures" de The Leisure Society
"Attack of the giant purple lobsters" de Washington Dead Cats

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"L'étrange affaire Emilie Artois" au Théâtre de la Contrescarpe
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph à Ivry
"Huckleberry Finn" au Théâtre de la Huchette
"Noire" au Théâtre du Rond-Point
"Homme encadré sur fond blanc" au Théâtre Tristan Bernard
"Un drôle de mariage pour tous" au Théâtre Daunou
"Guigue & Plo" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Hiroshima, mon amour" aux Théâtre des Bouffes parisiens
"Matka" au Théâtre Elisabeth Czerczuk
"Dîner de famille" au Café de la Gare
"Hypo" au Théâtre du Marais
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

dernière ligne droite pour :
"Les Nabis et le décor" au Musée du Luxembourg
"Rouge - Art et Utopie au pays des Soviets" au Grand Palais

Cinéma :

les films de la semaine :
"Le choc du futur" de Marc Collin
"Bunuel après l'âge d'or" de Salvador Simo

Lecture avec :

"Au péril de la mer" de Dominique Fortier
"Etre soldat de Hitler" de Benoit Rondeau
"La nation armée" de André Kaspi
"Le karaté est un état d'esprit" de Harry Crews
"Le rêve de la baleine" de Ben Hobson
"Les deux vies de Sofia" de Ronaldo Wrobel
et toujours :
"Alice" de Heidi Perks
"J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi" de Yoan Smadja
"Présumé coupable" de Vincent Crase
"Une histoire de la Nouvelle France : Français et Amérindiens au XVI siècle" de Laurier Turgeon
"Vue pour la dernière fois" de Nina Laurin

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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