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Joann Sfar  janvier 2010

Réalisé par Joann Sfar. France. 2009. Biopic, musical. Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon et Laetitia Casta.

Le dessinateur du Chat du Rabbin portant à l'écran la vie tumultueuse du plus grand des chanteurs français : la rencontre des deux univers a, a priori, tout pour plaire. Loin de façonner un énième biopic convenu et lisse, Joann Sfar déjoue habilement les pièges du genre et signe un film très personnel.

Gainsbourg (Vie Héroïque), porté par des acteurs habités et regorgeant de scènes poignantes (le petit Lucien qui vient chercher son étoile jaune, la demande en mariage à Birkin dans la baignoire, toute la période avec Bardot, la scène où Gainsbourg, impassible, présente à son producteur médusé l'enregistrement de "Je T'aime Moi Non Plus", l'apparition des Frères Jacques chez Boris Vian, la valse de séduction de Juliette Gréco, la proposition de chanson "cochonne" à France Gall, etc.), se révèle être un très beau film. Seules quelques longueurs viennent tempérer notre enthousiasme : certaines scènes, notamment dans le dernier tiers du film (périodes Birkin puis Gainsbarre), ne sont pas d'un intérêt démesuré.

Comme toute adaptation cinématographique de la vie d'une personnalité publique, une grande partie de la réussite du film repose sur les épaules de l'interprète principal. Bonne pioche : à chacune de ses apparitions, Eric Elmosnino bouffe l'écran de son talent fou. Ce Gainsbourg a de la gueule. L'acteur délivre en effet une prestation en tous points remarquable : l'inévitable jeu des ressemblances est par moment saisissant. Pour ne rien gâcher, la ribambelle de seconds rôles impressionnent – particulièrement les femmes ayant traversé la vie de Gainsbourg (Lucy Gordon en Jane Birkin, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, Sara Forestier en France Gall, Mylène Japanoï en Bambou, Yolande Moreau en Fréhel). Philippe Katerine tire également son épingle du jeu en campant un sémillant Boris Vian.

Mais le clou du spectacle reste la tornade sensuelle BB (blonde, pas brune), interprétée avec une grâce insolente par Laetitia Casta. On comprend mieux désormais l'impact énorme qu'a eu (en bien puis en mal) le fulgurant épisode Bardot sur la vie de l'artiste. Le choc de leur rupture semble avoir débridé le potentiel destructeur du chanteur. Le film touche du doigt la clé du mystère Gainsbourg, l'extrême complexité d'un personnage brillantissime, d'une timidité maladive mais grand séducteur devant l'éternel, dandy d'un autre âge guérissant ses profonds complexes (enfant juif au physique ingrat ayant grandi pendant la seconde guerre mondiale) dans les bras de ses femmes successives, maniant avec habileté et intelligence cynisme et provocation sans parvenir à masquer son extrême gentillesse. Et, surtout, un homme doté d'un talent fou. D'une capacité insensée à jongler avec les mots, d'un sens de la formule réservé aux plus grands, d'une aisance mélodique et orchestrale que peu ont atteinte à part lui.

La grande originalité de ce conte (comme le précise l'affiche), c'est cette marionnette, qui suit le petit Lucien puis le grand Serge comme son ombre, ce mauvais esprit pervertisseur autant que libérateur, métaphore personnifiée des démons qui hantaient le chanteur et qui l'ont conduit à la carrière et la vie que l'on connaît. Joann Sfar n'est pas encore Michel Gondry, dont les aspirations bricolo-poétiques ne sont pas si éloignées, mais dès sa première réalisation, il arrive habilement à s'affranchir des règles du genre en y intégrant son univers singulier. On espère que son film, débordant d'amour pour celui qui restera comme l'un de nos plus grands artistes du 20ème siècle, permettra d'imposer une autre vision de cet immense artiste que celle du Gainsbarre pathétique de la fin, à laquelle tant de gens le réduisent.

 

Durée : 2h10

En savoir plus :
Le site officiel du film
Le blog de Pierre


Pierre Baubeau         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
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Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
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Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
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"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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