Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Laëtitia Sadier - Zak Laughed - Jerri
La Fil  (Saint-Etienne)  samedi 13 mars 2010

Je ne savais pas à quoi m’attendre en rentrant dans ce grand cube ficelé d’acier : le Fil de la ville aux sept collines. Une nuit qui promet de la fraicheur à tout va + de la neige même pas encore fondue + une porte blindée + deux patibulaires pros du dévisagement à la lampe torche = accroche toi à ton sac et remonte ton col mémé.

Et puis j’ai vu de la lumière, alors je suis rentrée. Et là, contraste complet avec l’extérieur : chaleur, sourires accueillants de parfaits inconnus venus regarder de la musique.

Pour ma part, l’expérience inédite s’est révélée comparable à une pièce en trois actes, liés les uns aux autres pour se contredire ou se compléter.

ACTE I : Laëtitia Sadier, d’abord toute seule comme une petite fille avec sa guitare à l’envers, sa mèche rebelle et ses loupiotes pour éclairer les ombres suspectes. Je n’étais pas née dans les années 90 (disons que mes oreilles n’avaient pas encore éclos), quand elle jouait avec ses copains de Stereolab, voyons voir ce que donne ce projet solo.

Quelques notes pour chauffer les doigts, quelques murmures pour chauffer la voix, une petite gorgée et c’est parti pour un voyage au pays qui susurre des mots interdits aux oreilles des passants. En toute intimité, pour le public côté cour, elle chante comme une fée clochette, enchainant les chansons comme on lance des sorts avec une voix grave et posée, qui fait l’effet d’un courant d’air chaud au dessus d’un bon café bien corsé, ça soulage. A la promiscuité relative du public côté jardin, elle offre un mélange de saveurs auditives hypnotisant semblable à un ciel sans nuage, ça apaise. Et cette dernière chanson qui ne veut pas finir nous confie-t-elle. Déjà ? J’ai cligné des yeux, je me suis réveillée l’esprit engourdi, à peine le temps de retourner dans mon corps pour la voir se lever et partir. Tout m’a semblé bien trop court, bien trop bref, m’a laissé un goût d’inachevé, comme ce fichu rêve que je ne finis jamais, interrompu par le même claquement de porte, fichu voisin. Finalement, elle n’a besoin de personne, toute seule comme une grande fille avec sa guitare, son tabouret et son micro. Rideau, au revoir, merci.

ACTE II : Zak Laughed et compagnie : un petit lutin en colère, avec la bosse de l’anglais, coiffé comme Oliver Twist qui nous trouve trop loin, pas assez bavards, trop calmes, pas assez bruyants.

Malgré une indéniable maîtrise des instruments du haut de ses 16 ans (lui non plus n’était pas né en 1990), après moult changements de guitares, je ne l’ai pas suivi dans son invitation à la trépigne. La faute à mon petit orteil (un peu loin de mon cerveau) encore agrippé à mon nuage précédent.

Pour les amateurs, il est venu avec trois potos pour l’encadrer (le cousin machin a mis les doigts dans la prise là-bas au fond ?), le regarder (un ticket gagnant à la loterie qui s’est offert une place à la gauche du guest ?), lui faire deux trois sons en plus (en plus du droit de se faire charrier après une tentative de séduction du public ?). Pour les connaisseurs, son style folk rock bien formaté d’enfant précoce défraye la chronique depuis quelques temps. Rideau, tchao gamin.

ACTE III : Jerri, c’est lequel déjà ? Le chat ou la souris ? Et bien, c’est les deux, non, les quatre Anthony, Laurent, Flavien et Mickaël. C’est un groupe de chez groupe, qui joue à la chaise musicale entre deux morceaux, 1, 2, 3 je vais à la batterie, prend la place de machin au clavier pas branché (oups, help, merci les gars), truc va à la guitare, je lui filerai la mienne pour le prochain morceau, quand je serai au grand clavier.

3 musiciens muets qui ont probablement prêté leur voix au chanteur pour qu’il dégage une telle puissance enragée, j’espère qu’il ne fait pas trop peur à la boulangère avec une voix pareille. Les écouter, c’est aussi surfer sur une planche magnétique en forme de nénuphar à paillettes au gré des flux électrostatiques du cosmos ; un peu envoûtant, follement grisant. Parce que leur style est "un mélange très fourni de pop folk électronique typé post punk" (ndlr : citation de l'émission Le Fil Eclectic #5).

Pour les Nuls, c’est un mélange de n’importe quoi électronique, ce qui à mon avis n’a rien de musical ni d’harmonieux à l’origine, mais Jerri tous ensemble arrive à en faire quelque chose de véritablement cohérent et transportant. Et pour le final, Laëtitia Sadier et SoulJah'zz se pointent tranquillement, pour jouer un morceau d’écorché, histoire de jouer les prolongations encore et encore. Au fait, c’est la première fois que j’entends fuck dans une chanson d’amour sans être choquée. Applause. Rideau, au revoir, à bientôt.

 

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Laëtitia Sadier en concert au Café de la Danse (dimanche 31 octobre 2010)
La chronique de l'album The Last Memories Of My Old House de Zak Laughed
Zak Laughed en concert au Festival Les Inrocks tck tck tck 2009 (jeudi 5)
Zak Laughed en concert au Festival Ground Zero
L'interview de Zak Laughed (19 septembre 2009)
L'interview de Kütu Folk Records : Hospital Ships, St Augustine et Zak Laughed (mercredi 27 avril 2011)
La chronique de l'album eponyme de Jerri
Jerri en concert à B R OAD WAY - Quatuor Pli - Gagadilo - Jerri - L'Armée des Ombres - Mick est tout seul (29 octobre 2008)
L'interview de Jerri ( août 2008)
L'interview de Jerri (21 juin 2009)

En savoir plus :
Le Myspace de Laëtitia Sadier
Le Myspace de Zak Laughed
Le Myspace de Jerri

Crédits photos : Eric Ségelle (Toute la série sur Taste of Indie)


Nathalie Bachelerie         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

Kütu Folk Records - Hospital Ships, St Augustine et Zak Laughed (27 avril 2011)
Zak Laughed (19 septembre 2009)
Jerri (3 janvier 2009)


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=