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puce Festival Les Femmes S'en Mêlent #13 (2010)
Dance Yourself To Death - Tender Forever - Duchess Says - MEN  (L'Alhambra, Paris)  vendredi 2 avril 2010

Pour clôturer son édition 2010, le festival Les Femmes S'en Mêlent avait décidé de se parer de sa plus belle parure arc-en-ciel avec une affiche dédiée aux femmes qui aiment les femmes, le jeu de mots prenant enfin tout son sens. Puis, dernière minute, annulation de Chicks On Speed remplacé par Duchess Says. Les shows foutraques des Chicks, plus performance que concert, ne m'avaient pas toujours convaincu, alors mettre à la place un groupe qui avait tourné avec Lesbians On Ecstasy, pourquoi pas ?

En entrant dans la salle, il est surprenant de renifler un air saturé d'œstrogènes, environ une proportion de 10 femmes pour un homme. Un peu loin de la proportion habituel des concerts de rock. Et à Marc Lavoine me direz-vous ? J'ai dit de rock ! Pas de sous-guimauve à minettes.

Mais puisque ce n'est pas parce qu'il y a de l'œstrogène qu'il n'y a pas de plaisir, le premier groupe, les Dance Yourself To Death, originaires de Toronto, entrent en scène. Trois filles, basse et chant, guitares et batterie, et un garçon aux claviers, balancent un pop-rock fm vitaminé à défaut d'être particulièrement original. La chanteuse, Jen, arbore d'ailleurs une coupe asymétrique pas très originale non plus ce soir-là. Mais il faut bien reconnaître que la voix est excellente et que la guitariste, Aimée, a une forte présence sur scène autant qu'une sacrée technique. Les chansons tiennent la route, même si cela fait penser à une rencontre entre quelques groupes pop à guitares des années 80, sorte de Billy Idol au féminin saupoudré d'un soupçon new-waveux de Siouxsie. JD Samson, venue dans la salle pour écouter le groupe semble apprécier. Le contact avec le public passe bien, l'ambiance monte, la soirée s'amorce bien.

La pose est un peu longue, mais elle permet aux membres de Duchess Says d'arriver et de traverser la salle avec leurs instruments, aux membres de MEN et de Dance Yourself To Death de partager un verre avec les membres du public au bar de l'entrée. Ambiance vraiment sympa.

Entre ensuite Mélanie Valéra, aka Tender Forever. Seule sur scène, un notebook Mac à gauche de la scène, des percus à droite, et un écran au milieu. Le concert commence mollement. Ne connaissant pas cette artiste, les deux premiers morceaux me font penser à du Au Revoir Simone boosté aux infra-basses. Mais erreur, car Tender Forever c'est cela, une pop électro minimaliste, mais c'est beaucoup d'autres choses aussi. Elle vient au milieu de la scène, danse une espèce de danse tribale tout en jouant à distance d'une batterie électronique avec des manettes de wii, saisit un ukulélé pour faire une reprise minimaliste de "My love" de Justin Timberlake.

Mais surtout, outre la voix, ce qui séduit chez Tender Forever, c'est la personnalité décalée de Mélanie Valéra. La voici en train de raconter comment, embarquant dans un avion, l'hôtesse hésitait à lui servir du Monsieur ou du Madame, en train d'expliquer qu'elle avait adopté une coupe au bol puisque même certains hétéros portent désormais la coupe asymétrique, de revenir avec une barbe postiche pour imiter le patron de son label ou en train de commenter un diaporama de photomontages la représentant en couple avec Beyonce... Beaucoup d'auto-dérision qui accompagne des chansons gentiment cyniques chantées d'une voix habitée. Un très bon moment.

Suite au forfait des Chicks On Speed, MEN se retrouve tête d'affiche, et c'est donc Duchess Says qui prend le relais. Et là, on est à la limite de la faute de goût pour la programmation. Le groupe fait un style de musique qui se fond aussi mal dans la couleur musicale que dans le thème de la soirée. Les musiciens ressemblent à Jack Black à la guitare et à Liam Gallagher, lunettes de soleil et chemise à la JR incluses, au clavier. La musique est à l'image de ce à quoi on est en droit de s'attendre lorsqu'on évoque ces poètes : une rythmique de techno hardcore et des guitares saturées.

Au chant, Anne-Claude Deschênes, feule, râle, hurle, comme dans les groupes japonais trash de filles. Elle se verse une bière sur la tête, puis en arrose le public. Elle fait ensuite circuler une bouteille de vodka. Elle descend dans le public tout en continuant à chanter, remonte sur scène, crie au public de se réveiller, avec un accent québecois très marqué. Quelques mecs dans les premiers rangs apprécient visiblement le spectacle. Quant à une autre partie du public, on la retrouve dans l'entrée de la salle, au bar, en attendant la fin du déluge sonore. Ce qui aura pour résultat de priver ceux qui étaient restés pour les Duchess Says d'apprécier une bière fraîche à l'issue de ce concert éprouvant. Jusqu'à la fin de la soirée, la cervoise allait devoir se boire tiède.

En ultime groupe de la soirée, MEN déçoit un peu. Est-ce dû au fait que le concert de Duchess Says ait perturbé l'ambiance qui était en train de s'instaurer, sont-ce les problèmes techniques du début de set, ou est-ce parce qu'on juge la prestation de MEN forcément à l'aune des concerts de Le Tigre ? Sûrement un peu de tout ça.

MEN est le nouveau projet de JD Samson, évadée du trio electroclash new-yorkais Le Tigre. Tout comme dans son groupe précédent, musicalement on reste dans une pop électro dansante, politiquement ce sont les thèmes du féminisme et de l'homosexualité qui sont abordés. Mais alors que les trois filles de Le Tigre prenaient tour à tour le devant de la scène, ici JD Samson se retrouve aux machines au centre, Michael O’Neill et Ginger Brooks Takahashi aux guitares semblent bien en retrait. Il faut ajouter, pour ceux qui ne la connaissent pas, que JD Samson est une butch, tatouée et moustachue, qui a une aura de sex-symbol pour certaines lesbiennes. Elle arrive sur scène avec une rainbow jacket, qu'elle retirera pour apparaître dans un t-shirt long et bariolé, dont les motifs rappellent la forme d'un pénis qui lui monte jusqu'à la poitrine.

Le concert commence avec un inédit, puis continue avec "Boom Boom". Sur scène les MEN sont rejoints par la guitariste et la batteuse de Dance Yourself To Death qui brandissent de pancartes en forme de poing. Les retours continuent de poser problème au groupe sur un "Off Our Backs" un peu anarchique qui n'entraîne pas le public malgré sa rythmique très dansante. JD Samson demande alors ses retours à l'ingénieur du son en rappant. Ce n'est qu'à partir de la quatrième chanson, l'imparable "Credit Card Babie$", tube certain de l'été à venir, que MEN transformera l'Alhambra en une énorme piste de danse, mais pour seulement deux chansons de plus : "Who Am I To Feel So Free" puis en rappel une chanson ressemblant énormément au "Meeting Paris Hilton" de CSS. Certes, l'album de MEN n'est pas encore sorti, mais une partie du public connaissait déjà les chansons interprétées ce soir-là grâce au Myspace du groupe et aux vidéos sur internet, ce qui montre l'excitation qui entoure cette sortie prochaine.

C'est donc sur une soirée en demi-teinte que s'est achevée cette treizième édition parisienne du festival LFSM, dont la programmation continue, année après année, à être pointue, excitante, et source de découvertes.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival Les Femmes s'en mêlent
Le Myspace du Festival Les Femmes s'en mêlent


Laurent Coudol         
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# 20 septembre 2020 : Orages ...ô des...espoirs !

Ce bel été indien se termine sur des orages, du tonnerre et des inondations terribles. Décidément 2020 ne nous épargne rien. Dans l'espoir de jours meilleurs et se faire plaisir au milieu de tout cela, voici notre sélection culturelle de la semaine.

Du côté de la musique :

"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre

Au théâtre :

les nouveautés :
"Aux éclats..." au Théâtre de la Bastille
"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
"Jos Jouben - L'Art du rire" à La Scala
"Mudith Monroevitz" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Ailleurs" de Gints Zilbalodis
at home :
"Caramel" de Nadine Labaki
"Tomboy" de Céline Sciamma
"Peur" de Danielle Arbid
"La Cour de Babel" de Julie Bertucelli
"La Bataille de Solférino" de Justine Triet

Lecture avec :

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