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Laika
Interview de Margaret Fiedler  (Le Nouveau Casino)  23 mars 2004

2003 a été une bonne année pour Laika. Premièrement, ils ont fêté leur dixième anniversaire, et à cette occasion ils ont publié une compilation de 2 CD Lost in space qui inclue des remixs, des inédits et des morceaux live (ainsi que des peel sessions).

Cela n’était pas suffisant et ils ont également publié un nouvel album Wherever I am, I am what is missing dans lequel ils ont essayé de donner une nouvelle direction à leur musique tout en utilisant les mêmes éléments.

Quand j’arrive au Nouveau Casino, je n’arrive pas à trouver les membres de Laika. Finalement, c’est Margaret Fiedler qui vient vers moi et, oui, elle est plutôt jolie.

Tous les membres de Laika ont joué dans des groupes célèbres comme Moonshake...

(Margaret, tout sourire) : Ils ne sont pas célèbres ! Moonshake n’est pas célèbre !

... My Bloody Valentine ou encore les terrifiants GOD...

Exact ! Les GOD étaient effectivement terrifiants.

... Alors : est-ce que Laika est un super-groupe ou un vrai groupe ?

Nous ne sommes pas un super-groupe mais un vrai groupe ! Au début je ne pensais pas que cela fonctionnerait. Beaucoup de groupes ont splittés en onze ans. Nous avons essayé de faire les choses simplement, Guy et moi. Nous aimons faire différentes choses. Habituellement nous sommes beaucoup sur scène mais aujourd’hui beaucoup moins. Nous faisons ce que nous avons envie.

Depuis 1993, le line up n’a pas beaucoup évolué. Pour quelle raison?

Ceci n’est pas exact. En ce moment, Laika c’est juste Guy et moi quand nous faisons des concerts. Cela, c'est nouveau. Nous utiliserons à nouveau un groupe entier pour les festivals. Nous avons été les mêmes pendant dix ans mais pour les prochaines, nous essaierons de nouvelles choses. C’est ça le concept.

Garder vous le contact avec Moonshake ?

Non, pas exactement. Je les ai revus samedi dernier à un anniversaire mais je ne les avais pas vus depuis des années.

Pourquoi avoir choisi Laika comme nom de groupe ?

Je pense que c’est une belle image que celle de ce petit chien envoyé dans l’espace. Mais c’est aussi fort triste. Parce qu’au centre [spatial], ils savaient qu’il allait mourir. C’est une bien jolie image qui illustre parfaitement notre musique. C’est assez mélancolique et nous aimons ce sentiment dans la musique, dans les films, dans les émotions qu’on ressent.
Pleins d’espoir et tristes.
Nous aimions également l’idée d’utiliser le petit chien dans le vaisseau spatial pour la pochette de notre premier album et nos posters.

Pourquoi ne plus utiliser cette image alors ?

Nous avons été ensemble pendant dix ans et on a décidé de se séparer. Nous ne créons pas une nouvelle image, nous testons. Je pense que nous allons faire cela tous les dix ans.

Comment avez vous travaillé pour Lost in space ?

Cela a été un travail que nous avons beaucoup apprécié. Nous avons fait les choses nous-mêmes et personne ne nous a beaucoup aidé. J’ai écrit les notes de pochette, parfois avec Guy.
Ce travail a été très personnel : ce sont nos chansons favorites, celles que nous avons écrites. Nous avons choisi les morceaux pour que cela intéresse les gens : c’est comme ça qu’à été construit le second CD. Le premier CD, ce sont les chansons que nous jouons régulièrement en live, nos morceaux préférés.

Est-ce une façon parfaite de clôturer ces dix premières années ?

Peut être : c’est une façon de voir plutôt agréable.

Votre nouvel album Wherever I am, I am what is missing est dans le même esprit que les précédents. Pourtant il y a quelques instants, vous parliez de changements...

Non, non. J’aime ce que nous faisons musicalement et le nouvel album est différent. Je crois qu’il est plus simple. C’est ce que nous faisons depuis le début avec plus de précision. Je crois que nous sommes capables de mettre beaucoup trop d’idées dans nos chansons. Nous avons essayé d’écrire nos chansons d’une façon apurée.

Comment écrivez-vous ?

Pour le nouvel album, ça s’est passé d’une façon différente. D’habitude, Guy et moi écrivons les textes et la musique ensemble. Mais pour “wherever I am, I am what is missing”, c’est lui qui a écrit la plupart de l’album lui-même.

J’ai été absente pendant près d’un an et demi pour jouer de la guitare dans le groupe live de PJ Harvey, j’étais occupée. Je devais normalement écrire pendant mon temps libre. Mais je n’ai pas pu le faire. Je ne peux pas écrire en tournée. C’était de la folie : tu vois tellement d’endroits différents. Et quand je suis rentré, j’ai commencé à retravailler les morceaux. Mais cela les a surchargés. Alors j’ai juste chanté.

C’est pourquoi je pense que “wherever I am, I am what is missing” est plus pur, plus simple.

Qu’est-ce qui vous influence lorsque vous composez ?

C’est un mélange de choses. Personne ne peut être aussi simple pour dire qu’il est juste influencé par un seul élément. Tout, autour de nous, nous influence. Et je crois que c’est le sens des choses qui est important pour nous. Comme d’autres nous sommes influencés par notre propre travail, parce que nous savons ce que nous avons fait et que parfois nous ne sommes pas capables d’y discerner le bon et le mauvais. Mais les choses changent et beaucoup d’idées étaient fausses. C’est pourquoi nous changeons parfois d’avis. Parfois nous aimons quelque chose... et cinq ans plus tard nous la détestons.

Ainsi, le nouvel album est une réaction par rapport au précédent : il est plus simple. Nous avons fait « Good looking blues » avec treize personnes. Cette fois-ci “wherever I am, I am what is missing” a été réalisé avec trois musiciens seulement.

Quels souvenirs gardez de vos concerts avec Radiohead ou Air ?

Notre tournée préférée, c’est celle que nous avons faite avec Radiohead en 2000, juste avant la sortie de "Kid A". Nous avons adoré jouer dans ces théâtres romains en ruine comme à Arles. Malheureusement le concert de Vaison la romaine a été annulé en raison de la pluie. Nous avons adoré jouer dans de tels endroits. Nous avions la sensation de jouer sur une autre planète. Nous avons eu beaucoup de chance de faire ces concerts.

Les gens trouvent que la musique de Laika est un mix d’électronic, de hip hop, de musiques expérimentales et de pop. Qu’en pensez-vous ?

Tout à fait. C’est ce que nous avons l’habitude d’écouter et nous essayons de l’intégrer à notre musique.

Avec Lost in space vous résumez dix ans d’existence de Laika. Quels sont vos plans pour les dix années à venir ?

Peut être enregistrer plus d’albums ? C’est amusant parce que nous avons une certaine lenteur et en même temps nous essayons de faire les choses le mieux possible. Nous tournons également et cela prend du temps. Tout comme ma participation au groupe live de PJ Harvey pendant un an et demi. En fait nous n’avons pas beaucoup de temps : nous faisons beaucoup d’autres choses et sommes toujours très occupés.

Préférez vous jouer live ?

C’est différent : j’aime faire des concerts. J’adore voyager. J’aime ce que les gens n’aiment pas en général dans les tournées : découvrir de nouvelles nourritures, prendre l’avion... J’aime aussi discuter avec les gens à la fin des concerts : ce contact est nécessaire parce qu’en studio, nous ne voyons personnes et il ne faut pas oublier que le but de la musique est de communiquer. Mais parfois j’aime enregistrer en studio : nous pouvons prendre le temps de travailler les morceaux, ajouter ce que l’on veut dedans.

J’aime notre nouvel album. Il s’agit de premières prises et c’est ce qu’il ne faut pas faire en général : on enregistre en général trois ou quatre fois un morceau avant de trouver la bonne version.

Dernière question : pouvez vous décrire votre musique en trois mots ?

Pop, mélancolique et spatiale.

 

 

Remerciements : Margaret Fiedler, JB (Beggars), Clarisse (Beggars) et Mademoiselle “à gauche de la lune” (désolé, j’ai oublié ton prénom)

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La chronique de l'album Lost in space Vol 1 1992-2002 de Laika
La chronique de l'album Whenever I am I am what is missing de Laika
L'interview en VO de Laika(23 mars 2004)


Olivier K         
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# 5 octobre 2008 : En cas de crise, enfoncez le bouton play...

La crise, la récession, le chômage et l'hiver par dessus tout cela. Rien de très réjouissant dans le monde actuel. Autant de bonnes raisons de ne pas se laisser aller et enfoncer le bouton play de votre lecteur de cds, sortir au théâtre ou encore allez voir quelques expos. Pour cela suivez notre mini guide et lisez l'édition de la semaine :

Côté musique :

"Dear Science"de TV on the radio,
"Cheer Gone" de Euros Childs,
"I'll be lightning" de Liam Finn,
"Remember" de The Fiery Furnaces,
"Sirens" de Pete Greenwood,
"Rendez vous" de Manu, également en interview et en Froggy's session,
Marianne Feder en interview, ainsi qu' en Froggy's session, venue parler de son nouvel album "Toi mon Indien",
Une interview également de Neimo, en session acoustique pour l'album "Moderne Incidental"

Black Lips, Cheveu et Mark Sultan en concert à la Boule Noire,
Le festival le plus à l'Ouest, Ilophone avec notamment Yann Tiersen,

Retrouvez également Le Morceau Caché, l'émission de Mickaël et Flavien, que vous retrouverez en podcast tout au long de l'année en commencant par ce numéro spécial rentrée !

Tous les podcasts et notamment des sessions acoustiques exlusives sont à écouter ici !

Au théâtre :

"Alouette" au Théâtre Daniel Sorano
"Rhinocéros" au Théâtre de la Huchette
"Geronimo" au Petit Théâtre de Paris
"Les contes de la petite fille moche" au Théâtre Daniel Sorano
"Les passagers" sur la Pelouse de Reuilly
"Les enfants du soleil" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Europeana" à la Pépinière Théâtre
"Tartuffe" au Théâtre National de l'Odéon.

et des reprises à ne pas rater :

"Big Shoot" au Lavoir Moderne Parisien
"La Commission Centrale de l'Enfance" à la Maison de la Poésie
"Le cirque invisible" au Théâtre du Rond Point
"Le monte plats" àau Théâtre Essaion

Exposition avec "Xavier Mascaro - Guardianes" dans les Jardins du Palais Royal

et un peu de littérature avec "Le Messager" de Eric Bénier-Burckel

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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