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La Boule Noire  (Paris)  10 mai 2010

J'ai découvert Deftones en 97, lors de la tournée "Around the fur". J'étais tombé amoureux de ce groupe qui n'a cessé d'évoluer et de me surprendre. S'il ne devait en rester qu'un, pour moi ce serait eux... Quand j'ai appris qu'il donnait une série de concerts dans des toutes petites salles pour la sortie du nouvel album, il fallait que j'y sois ! (Comme je n'avais pas de pass photo pour ce concert, je vais vous mettre des photos de moi et du groupe en 97, lors d'une séance de dédicaces à Lyon).

Les lumières s'éteignent et on aperçoit les silhouettes des 5 membres de Deftones arrivant sur scène. Les accords de "Rocket Skate", le premier extrait du nouvel album, résonnent dans la salle et la fosse s'enflamme de suite et ne s'éteindra pas avant 1h 45 de bonheur. Frank Delgado, le DJ, ne scratche pas. Deftones n'est jamais tombé dans les clichés du Rap-Metal (on n'accuse personne mais nos regards se portent sur Korn, Limp Bizkit et pleins d'autres...), Frank joue avec des effets sur la guitare de Stephen Carpenter ou sur la voix de Chino Moreno. Il produit des sons entre la sirène d'alarme lointaine et le chant d'une baleine. Ces ambiances discrètes et subtiles sur les albums se font plus présentes en live, et c'est assez agréable.

Comme à son habitude, Stef est dans son monde, il est très statique derrière sa guitare mais n'en est que plus concentré.  Abe (qui a un cocard à l'oeil gauche) frappe avec force et conviction sur ses fûts qu'il maltraite comme un bûcheron tout en faisant des blagues entre deux chansons.

Ces dernières années, Chino Moreno avait tendance à se traîner sur scène, il passait beaucoup de temps accroupi derrière une petite estrade. Sa voix était devenue un peu molle et il partait dans les aigus au moindre cri ! Mais voilà, Chino a beaucoup maigri. J'ai retrouvé le chanteur de Deftones que j'avais vu en 97 lors de la tournée "Around The Fur". Il arrive à alterner chant mélodique, très calme et sensuel avec des hurlements sans perdre sa voix. Il bouge dans tous les sens, fait des petites danses New Wave sur les gros riffs quasi-death metal de Stephen Carpenter. Chante en équilibre sur la barrière de sécurité en se tenant aux mains des fans...

Il y a un point sur lequel j'ai été très attentif : le nouveau bassiste. Chi Cheng, le bassiste original de Deftones a eu un accident de voiture et est encore hospitalisé (d'ailleurs, la chanson "My Own Summer" lui a été dédicacé par Chino). L'album Eros qui aurait dû sortir en 2009 a été repoussé. Le groupe préfère sortir le disque quand Chi sortira du coma, ils ont donc préféré enregistré un tout autre album, Diamon Eyes, avec un bassiste remplaçant ! Ce bassiste n'est pas un inconnu car il s'agit de Sergio Vega, ex Quicksand qui avait déjà joué avec Deftones en 97 et 99. Sergio est vraiment bon, il envoie la sauce quand il faut, et on voit qu'il s'amuse bien avec le groupe. Il assure les backs vocals plutôt bien (il assure même plus que Chi que l'on entendait uniquement quand il hurlait). Il réussit à s'approprier les titres en les jouant à sa façon, sans dénaturer le son Deftones (je le reconnais alors que je suis amoureux de Chi Cheng et que c'est à cause de lui que j'ai eu envie de jouer de la basse.).

Après presque deux heures, Chino annonce la toute dernière chanson et comme souvent c'est avec "7 Words" qu'ils clôturent le show. Le concert était tellement intense qu'on sent que le public n'a plus d'énergie et pourtant, tout le monde puise dans ses ultimes ressources pour jumper et chanter une dernière fois avant de partir. Le public n'est plus qu'une entité unique, une masse de viande et de sueur qui saute à l'unisson en hurlant "Shut up you don't know me... Squeal like a pig when you big fuckin, big fuckin, ape !".

On voit que le groupe s'éclate à jouer sur scène, qu'ils s'entendent à nouveau bien ensemble (ce qui n'a pas toujours été le cas) et cela se ressent. Le public n'en revient toujours pas de voir un groupe aussi énorme dans une salle si intimiste. Deftones est capable de remplir un Zénith, alors les voir dans une salle de 250 places, et les voir jouer à  moins d'un mètre de soi, c'est juste terrible (pour ma part, j'étais juste devant le bassiste !). Le groupe salue le public, Stephen prend la foule en photo (comme à chaque concert) et ils s'en vont... C'est totalement lessivé mais avec un sourire aux lèvres de tout le monde que la salle se vide, avec la conviction d'avoir vécu un moment inoubliable.

Setlist
01.    Rocket Skates
02.    Diamond Eyes
03.    Feiticeira
04.    Elite
05.    Knife Prty
06.    Passenger
07.    CMND/CTRL
08.    You've Seen The Butcher
09.    Sextape
10.    When Girls Telephone Boys
11.    Minerva
12.    Birthmark
13.    Beauty School
14.    Be Quiet and Drive (Far Away)
15.    Around the Fur
16.    Lotion
17.    My Own Summer (Shove It)
18.    Back To School (Mini Maggit)
19.    Change (In the House of Flies)
20.    Root
21.    7 Words

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Deftones
Le Myspace de Deftones

Crédits photos : Nico Gebelin


Didier Richard         
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# 9 juin 2019 : Bientôt l'été

On approche de l'été à grands pas, comme toujours pas d'interruption des programmes sur Froggy's Delight. Alors continuez de venir profiter de nos sélections culturelles chaque semaine avec leurs doses de festivals, de spectacles, de livres pour la plage et de musique à écouter partout !

Du côté de la musique :

"Appareil volant imitant l'oiseau naturel" de Boule
"Hypersensible" de Cat Loris
"Strange creatures" de Drenge
Petit tour à Beauregard, qui approche, pour y parler des découvertes. Nous avions déjà évoqué le reste de la programmation
"Strome" de Martin Kohlstedt
"Arrivals & Departures" de The Leisure Society
"Attack of the giant purple lobsters" de Washington Dead Cats
et toujours :
"Walter & Lavergne" de Walter & Lavergne
"Solstice EP" de Alma Forrer
"L'hiver des poètes" de Marianne Feder
"Le ventre et l'estomac" de Nicolas Paugam
"Ok Ok !" de Oui Oui Oui
"Chopin : 4 ballades Polonaises, Valses, Nocturnes" de Jean Paul Gasparian
"Omoiyari" de Kishi Bashi
"Moan EP" de Laura Clauzel
"Toutes choses visibles EP" de Malade[s]
"No problem" de Tristan Mélia Trio
Petit tour au festival RUSH de Rouen
Présentation du festival La Magnifique Society de Reims

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Bigre" au Théâtre du Rond-Point
"Retours - Le père de l'enfant de la mère" au Théâtre du Rond-Point
"Le Testament de tante Caroline" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Petit éloge de la nuit" à La Scala
"A ma place, vous Ferrier quoi ?" au Théâtre de l'Atelier
des reprises :
"Folie" au Théâtre Hébertot
"La petite fille de Monsieur Linh" au Théâtre Le Lucernaire
"Speakeasy" au Palais des Glaces
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

"L'Allemagne romantique - Dessins des musées de Weimar" au Petit Palais
et dernière ligne droite pour : "Thomas Schütte - Trois Actes" à la Monnaie de Paris

Cinéma :

le film de la semaine :
"Van Gogh et le Japon" de David Bickerstaff
et la chronique des sorties de mai

Lecture avec :

"Alice" de Heidi Perks
"J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi" de Yoan Smadja
"Présumé coupable" de Vincent Crase
"Une histoire de la Nouvelle France : Français et Amérindiens au XVI siècle" de Laurier Turgeon
"Vue pour la dernière fois" de Nina Laurin
et toujours :
"La vie dont nous rêvions" de Michelle Sacks
"Le chant de l'assassin" de R.J. Ellory
"Le chef du contre espionnage nazi parle" de Walter Schellenberg
"London nocturne" de Cathi Unsworth
"Par delà nos corps" de Bérengère Cournut

Froggeek's Delight :

"A plage tale : Innocence" de Asobo / Focus sur PS4, XBOX et PC
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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