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Interview  (Paris)  15 avril 2010

C'est par une après-midi ensoleillée d'avril que nous rencontrons à Paris une Tracey Thorn très souriante. On avait pourtant pris l'habitude, dans les clips ou sur les photos, de la voir arborant un air grave mais son séjour parisien semble lui faire plaisir. Elle quitte Paris pour Londres le soir même, et se réjouit de voyager en Eurostar, les avions restent ce jour-là cloués au sol en raison du nuage de poussières volcaniques. Sur un petit guéridon à côté d'elle, un thé au lait, ce qui ajoute une touche britannique au décor. Elle vérifie une dernière fois les e-mails sur son téléphone, puis le range. C'est donc une Tracey Thorn tout à fait détendue qui nous parle de Love and its opposite, son nouveau disque, enregistré entre Londres et Berlin en compagnie de quelques jeunes gens talentueux de la scène électro actuelle, bien que cet album soit presqu'entièrement acoustique.

Votre nouvel album est essentiellement acoustique. Est-ce un retour aux sources ?

Tracey Thorn : En partie. Ma musique appartient à plusieurs mouvements. Et là, c'est un retour à la musique que je faisais à mes débuts. Ce que je voulais faire avec ce disque est un disque vraiment solo, je souhaitais qu'il y ait moins de monde derrière moi, moins de collaboration lors de la création des morceaux. C'est pour cela que je me suis orientée dans une direction plus acoustique. Cela ne signifie pas que je souhaite abandonner la voie électro. Le prochain projet sera peut-être très différent.

Qu'est-ce qui vous a poussée à offrir aux internautes, sur votre site, le premier single "Oh, the divorces" en téléchargement libre avant même la sortie de l'album ?

Tracey Thorn : Ça me semblait un bon moyen d'offrir aux gens un premier aperçu de l'atmosphère générale du disque. C'est comme contrôler sa propre programme radio. En fait, ça permet de toucher d'une part les gens qui veulent écouter le disque pour se faire une opinion, d'autre part ça permet de toucher un grand nombre de personnes qui ne l'auraient pas été autrement, voire qui n'auraient pas été au courant de la sortie du disque. Je pense qu'avec les moyens actuels, c'est un bonne méthode pour communiquer autour de la sortie du disque.

Quelle est la symbolique qui se cache derrière la longue robe blanche ? ("the long xhite dress", titre du troisième morceau de l'album)

Tracey Thorn : Il n'y a pas véritablement de symbolique, c'est même un morceau qu'il faut prendre de manière très littérale. Lorsque j'étais jeune, je ne souhaitais pas me marier. Je ne voulais pas qu'il y ait de cérémonie, et surtout pas porter cette grande robe blanche. Lorsque j'ai écrit cette chanson, je me suis vraiment posé la question de ce que cela signifiait. Peut-être le fait de ne pas être attirée par cet aspect romantique de l'amour, alors que la plupart des petites filles rêvent de cela, mais garder à l'esprit cet aspect-là de l'amour n'aide pas forcément, en particulier lorsque vous cassez une relation amoureuse.

Sur ce disque toutes les parties d'un parcours de vie sont abordées. Est-ce que vous écrivez en fonction de votre propre expérience, de ce que vous observez chez autrui, cet album a-t-il un aspect thérapeutique pour vous ?

Tracey Thorn : Ce n'est pas du tout thérapeutique. Ce qui m'inspire est avant tout ce que je peux observer chez mes proches ou dans ma famille. Je viens de me rendre compte que j'arrive à un âge où ce genre d'accident de parcours arrive de plus en plus souvent. De plus en plus de vos amis se sont mariés, beaucoup ont déjà divorcé. Lorsque j'étais plus jeune, je me disais qu'à la quarantaine on avait forcément une vie posée, ennuyeuse, confortable, dans laquelle on ne remettait rien en question. J'ai commencé à réaliser qu'autour de moi plein de drames étaient en train de se nouer. C'est un bon sujet de chanson.

Pensez vous que votre popularité vient du fait que vous écriviez sur la vie des gens ?

Tracey Thorn : Oui, je crois que les gens qui apprécient ce que je fais sentent qu'il y a une approche commune des choses de la vie pour eux comme pour moi. C'est une sorte de miroir dans lequel les gens peuvent voir le reflet de leur propre existence. Je n'écris pas sur ma famille, mes meilleurs amis, moi, je veux que les gens se retrouvent dans ce que j'écris.

Y aura-t-il des remix de certaines chansons de l'album ?

Tracey Thorn : Oui, je crois qu'il y aura des remix de "Why does the wind". Morgan geist a déjà fait un remix, il y en aura probablement quelques autres, parce que de manière évidente ce disque n'est pas taillé pour les dancefloors.

A propos de "Hormone", est-ce que ce sont de vrais instruments ou des machines ?

Tracey Thorn : Non, ce sont de vrais instruments, batterie et basse par Al Doyle et Leo Taylor. Al est aussi à la guitare, il y a une ligne de synthé répétitive qui est jouée en complément de la batterie. C'est ce qui donne le battement de la chanson. Mais c'est la seul instrument synthétique du morceau.

Comment vous comportez-vous sur les morceaux plus rapides ?

Tracey Thorn : J'ai une voix qui se situe dans des tons plutôt bas. Même lorsque le rythme de la chanson est plus rapide, je suis obligée de poser ma voix dans un rythme qui va à l'encontre de celui de la chanson. Même sur "Missing", je chante d'une manière plutôt mélancolique. C'est ma manière de chanter.

Lorsque vous êtes invitée pour une chanson, est-ce que vous amenez votre propre personnalité, ou est-ce que vous êtes une interprète qui suivez les instructions ?

Tracey Thorn : En fait, je ne sais pas chanter autrement que de cette manière un peu mélancolique. Personne ne peut changer de voix à volonté. On a notre propre voix et c'est tout ce qu'on peut faire. Alors personne ne m'a jamais demandé "Chante comme Tracey Thorn", parce qu'en fait je ne sais pas chanter autrement. J'ai bien essayé mais ça ne fonctionne pas.

Êtes-vous intéressée par d'autres styles ? Le jazz comme Diana Krall, par exemple.

Tracey Thorn : C'est d'abord une question de chanson. Il y a d'abord la chanson que je souhaite écrire. Et comme invitée, si j'aime la chanson, j'accepte de chanter.

Ce disque est-il pour vous une manière de vous affirmer comme auteur ?

Tracey Thorn : Non, j'ai écrit comme d'habitude.

Peut-être est-ce à cause du rythme du disque, mais l'auditeur est amené à porter plus d'attention aux paroles.

Tracey Thorn : Ceci vient peut-être de la production. La voix est mise en avant, c'est la première chose qu'on entend. Peut-être est-ce pour cela que l'attention se porte d'abord sur les paroles. Mais je n'ai pas changé mes habitudes d'écriture pour ce disque, j'y ai apporté la même attention qu'auparavant. Les paroles sont une composante importante de la chanson, et j'y ai travaillé aussi dur pour ce disque qu'à l'ordinaire.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Love And Its Opposite de Tracey Thorn

En savoir plus :
Le site officiel de Tracey Thorn
Le Myspace de Tracey Thorn

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Laurent Coudol         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
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"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
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"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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