Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festival Paroles et Musiques #19 (2010) - samedi
Imbert-Imbert - Batlik - Soan - M - Mustang  (Saint-Etienne)  samedi 15 mai 2010

Les crapauds nous font de l’œil, embrassons-les !

Samedi, journée de l’étrange : il pleut sur le festival des artistes atypiques. Que des hommes aujourd’hui, du poète punk au tatoué télévisuel, du blockbuster Mister Mystère au crooner nostalgique, qui nous rappellent à leur façon que dans la coiffure comme dans la musique, tous les goûts sont dans la nature…

Imbert-Imbert, Batlik, Soan, M, Mustang
Imbert-Imbert a la capacité de surprendre encore et encore. Il est la confrontation permanente de mondes opposés. Il en devient la passerelle permettant les échanges et les découvertes. En cela il est un poète. Il est fragile et écorché mais il est  ouvert et généreux. Son énergie punk est douce, mais sa tendresse est dérangeante. La musique d’Imbert-Imbert est une éjaculation poétique, une giclure dégueulasse de mots et de sentiments.

Il nous avait séduits en 2007, seul en scène avec sa contrebasse. Sympathisant avec un bénévole, il tire de leurs discussions d’alors une chanson puis un nouvel album (véridique !). Il nous revient aujourd’hui accompagné d’un batteur pour présenter ce nouvel opus. Une cage, une mise en scène, un décor viennent illustrer l’univers de l’artiste.

Le jeu du batteur est précis et fin, ponctué de gongs, qui respecte parfaitement l’essence musicale, sans prendre le dessus sur la contrebasse. Le tout déroule un tapis rouge pour y accueillir la voix, chaude et envoutante d’Imbert-Imbert. L’atmosphère onirique bascule littéralement le public dans un ailleurs. Nous sommes chez Imbert. Le sale y accouche du beau, le noir donne l’espoir, on y est bien malgré tout. On voudrait trinquer "à l’envie, à la vie qui est belle comme une pute qui chante". Cet Iroquois perché sur sa contrebasse nous surprend encore et encore.

La salle se vide très lentement en fin de concert, le public est encore chez Imbert, pour un bon moment…

Retour au Magic Mirrors pour une après-midi étonnante : Batlik – Soan
Batlik, c’est le sculpteur de mots, le marteleur de guitare.

Six albums en production indépendante, des centaines de concerts, des propos pesés qui font mouche, un chant saccadé reconnaissable entre mille, Batlik est aujourd’hui quelqu’un dans le milieu de la chanson. Droit dans ses baskets et droit sur scène.

Son dernier album L’art des Choix sorti début 2010 confirme le travail du bonhomme et sa ligne de conduite. Le concert s’annonce donc des plus intéressants. Et effectivement la qualité est au rendez-vous. Ça tourne comme du Batlik doit tourner, c’est ciselé, les mots tombent justes et se jouent des contretemps. La musique suit, la guitare souffre sous ses doigts exigeants.

Pourtant… la sauce ne prend pas plus que ça… C’est même incompréhensible : le concert se déroule mais ça ne colle pas. Le froid encore ? Ouais… un public venu en nombre pour Soan ? Peut-être… Des festivaliers mal réveillés ? Une prestation de 15h un peu molle ? Il n’y a pas de réponse à trouver, il y a juste à se dire que c’est fort dommage et qu’il serait bien de remettre ça prochainement pour ne pas rester sur ce sentiment de molle déception, même si le moment ne fût pas désagréable au fond.

Le public veut Soan ?

Ça tombe bien il entre en scène. Vous connaissez Soan ? Moi non…

Antihéros d’une mauvaise émission de téléréalité musicale, il s’affirme sur scène depuis quelques mois avec un premier album. Il a soi disant signer avec le label Mon Slip (Têtes Raides) et est accompagné sur scène de plusieurs bons musiciens, dont Mell à la guitare ! Rien que ça !

Sans a priori aucun je découvre le bonhomme, ses tatouages et son chapeau. Dès les premières mesures personne n’est indifférent à cette voix rauque qui vient des tripes. La voix a vécu, l’homme aussi. Porté par les riffs guitares et les cuivres, la musique est bien présente et tient son rôle, tantôt très Noir Désir, tantôt très Têtes Raides.

Si les capacités vocales de Soan impressionnent, son interprétation gagnerait à s’emparer davantage des textes pour les faire vivre, et apporter du même coup plus de nuance. Malade et à bout de voix, il terminera la dernière chanson pour quitter la scène définitivement. Epuisé, Soan ne reviendra ni saluer, ni présenter ses musiciens. Une partie du public restera assez frustré de cette fin de concert, même si dans l’ensemble la prestation a plutôt convaincu l’auditoire.

Souhaitons que sa voix tienne le choc et longtemps – les tournées sont longues – en tout cas Soan mérite de faire son petit bonhomme de chemin dans la musique, c’est tout le mal que nous lui souhaitons.

Changement de lieu, changement de décor. Le Zénith est pris en otage aujourd’hui par M et sa tribu. Des Chedid de tous les cotés. 7000 personnes, ça change une ambiance ! Des fans hystériques, des collectionneurs de concerts qui ne louperaient pas une telle occasion – "J’y étais" – des amateurs du dernier album, des vieux connaisseurs, bref c’est tout le monde de M qui vient se déverser ce soir dans la salle… C’est impressionnant et un peu déroutant. On est forcément septique, l’expérience nous ayant montré plus d’une fois avec quelle facilité les grands formats privent les spectacles de leur substance vitale. Petite confidence : certains seraient même heureux de ce constat pour reprocher à Matthieu Chedid, preuve à l’appui, d’avoir définitivement sombré dans la démesure. Ce soir M enchaine son troisième zénith, en trois jours…

Opération ratée pour ses détracteurs, victoire de M par KO en 2h15 de concert ! C’est parfaitement réussi. Le show est une énorme machine mais qui se veut au service du public. Et cela fait toute la différence. M est à ce jour le seul artiste à prendre réellement en compte les contraintes et les atouts de tels spectacles dans de telles salles. Il propose une prestation au format zénith et ça fonctionne. Chaque spectateur aura profité de son M ou de son Mister Mystère, de sa métamorphose, de moments plus intimistes autour des titres des premiers albums, de moments grands spectacles, d’instants plus poétiques, de longs solos de guitares électriques… Merde, nous sommes bluffés, nous qui aurions tant aimé jouer les blasés !

Certes, si tous les artistes proposaient demain ce genre de spectacles, le monde de la musique deviendrait vite artificiel et les festivals sans saveur, mais aujourd’hui, seul M est capable de faire ça… Qu’il continue pour notre plus grand plaisir ! Chapeau bas…

C’est encore un peu sonné que nous arrivons au concert de Mustang

Pas de chance pour ces fils Clermontois d’Elvis ! Le groupe se traine une solide réputation. Il se dégage une vraie énergie de leur musique rockabilly. Et surtout nous savons que leurs textes aux deuxièmes degrés prononcés, distille par confrontation à leur style jusqu’au-boutiste, une ironie décapante. Malheureusement, le son est très mauvais et rend les textes inaudibles… Fatigués et ayant laissé beaucoup trop d’énergie au Zénith, nous jetons l’éponge et quittons le chapiteau… Ce sera pour une autre fois…

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Batlik en concert au Festival Paroles et Musiques #20 (édition 2011) - jeudi
La chronique de l'album A71 de Mustang
La chronique de l'album Ni Vis Ni Connus de Henri Caraguel - Sofian Mustang
La chronique de l'album Sélection singles & EP de Mustang - Akira Kosemura - Sylvain Fesson - Lonny Montem
Mustang en concert au Festival FNAC Indétendances 2009
Mustang en concert au Festival Les Nuits de l'Alligator 2010 (lundi 22)
Mustang en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2010 (samedi 17)
Mustang en concert au Fil (vendredi 19 octobre 2012)

En savoir plus :
Mercredi 12 mai : Féfé, Java, La rue Kétanou, Cantate pour un cœur bleu…
Jeudi 13 mai : Jeanne Cherhal, Diam’s, Olivia Ruiz, Carmen Maria Véga…
Vendredi 14 mai : Madjo, Hocus Pocus, DJ tagada…
Samedi 15 mai : Imbert Imbert, M, Soan ,Batlik…
Dimanche 16 mai : Fantazio, Féloche, Loïc Lantoine, Renan Luce…

Le site officiel du Festival Paroles et Musiques
Le Myspace du Festival Paroles et Musiques

Crédits photos : Sébastien Barriol (Toute la série sur Taste of Indie)


Cyril Hortala         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=