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Interview  (Paris)  27 avril 2010

Quelques semaines après la sortie de son nouvel album, nous avons rencontré Villeneuve pour en connaitre un peu plus sur ce Dry Marks of Memory.

Nous t'avons connu avec First Date comme auteur-compositeur. Depuis, tu as fait des tas de choses de réalisation, d'écriture. Peux-tu nous parler un peu de toutes ces tâches parallèles ?

Villeneuve : Vu que je suis assez ouvert musicalement, j'ai été amené à travailler sur différents projets. Je compose - plus que je n'écris - des chansons assez classiques qui ont été prises effectivement par Stephan Eicher, Christophe Willem... Cela me permet en tout cas de faire musicalement sur Villeneuve ce que je veux faire sans aucune concession.

Ce sont des commandes ?

Villeneuve : C'est du hasard en fait. J'ai fait une musique un peu John Barry et un ami m'a dit : Ouah ! C'est super ! J'écris un texte en français dessus. De fil en aiguille, c'est devenu une chanson en français et c'est arrivé aux oreilles des gens qui travaillaient sur l'album de Christophe Willem, dont Bertrand Burgalat. Ils ont beaucoup aimé le morceau et se sont dit : on va le faire. C'est sans plus une succession de hasard.

Il y a eu aussi du travail sur l'album de Mélanie Pain dont on avait parlé déjà en 2005 qui finalement a mis 4 ans à venir.

Villeneuve : En fait, on ne trouvait pas de label, la crise du disque aidant. Cela a mis du temps principalement à cause de cela. Les chansons étaient là en tout cas.

Cela s'est fait aussi sans concessions ?

Villeneuve : Celui-ci s'est fait avec des concessions parce que cela a pris du temps, que ce n'est pas mon album et qu'il y a un autre label derrière. Je suis obligé de composer...

Dans les deux sens du terme ! (rires) Tu fais une différence lorsque tu travailles avec ou pour d'autres gens ?

Villeneuve : Je n'ai pas de fantasme de faire chanter telle personne, je ne suis pas dans ce truc trip-hop où il faut absolument le guest.

Mais pourquoi y a-t-il alors tous ces guests ?

Villeneuve : Parce qu'il y a des musiques, des chansons que j'écris, je sais que je ne les interprèterai pas de manière satisfaisante pour moi et que ce serait ne pas donner toute sa chance à la chanson. Du coup, j'essaie de trouver le meilleur interprète. Il y a des chansons que je me sens de chanter parce que c'est un peu expressif, c'est dans ma tonalité mais il y a des chansons que je pourrais mettre à la poubelle mais je n'ai pas envie non plus et cela ne me dérange pas d'avoir quelques invités sur un album.

Je parlais de trip-hop parce que les gens qui en font sont rarement des musiciens mais plus des samplers, souvent avec beaucoup de talent. Ils samplent, ils agglomèrent des choses mais cela ne fait pas une chanson. Par contre, pour leur donner un côté plus pop, ils demandent à quelqu'un de mettre une voix et qui va devoir trouver la mélodie. Je ne demande pas aux gens de faire leur mélodie. C'est clé en main. Ozark Henry, c’est le seul morceau où il a fait lui-même la mélodie. Le morceau était complètement terminé et j’avais du mal, je n’étais pas satisfait. Pour le coup ce morceau aurait pu partir à la poubelle car je ne trouvais vraiment pas la mélodie qui me sastifaisait. Et puis on m’a présenté Ozark Henry, on lui a fait écouter des morceaux et il m’a dit, sur celui-là, j’ai quelque chose. Et effectivement c’était l’évidence même.

D’ailleurs ce titre pourrait tout à fait être un titre de Ozark Henry.

Villeneuve : C’est sa voix qui apporte beaucoup, c’est sa personnalité. Il a une voix extraordinaire. Et un placement soul que j’aime beaucoup (je suis très fan de soul même si cela ne s’entend pas dans ma musique). C’est très soul et en même temps très blanc. Pour moi, c’est une des plus grandes voix. J’aimerais bien produire des choses pour lui. Mais je crois qu’il veut trop contrôler son propre travail pour que cela arrive un jour. En même temps, je ne lui en ai jamais parlé (rires).

Pour finir avec cet esprit collaboratif, il y a une grosse différence pour toi entre écrire des chansons pour ton album mais que tu vas faire chanter par d’autres et écrire des chansons pour d’autres artistes ?

Villeneuve : Disons que j’ai tendance à segmenter les choses. Par exemple, si j’écris un truc pour moi, je ne vais pas être du genre à dire : "ah ben non, cela ne me plait pas trop, je vais essayer de la refiler à quelqu’un d’autre". A un moment, je vais commencer un truc à la guitare disons, je vais sentir de suite si c’est pour Villeneuve ou pas. Et ensuite je travaille le morceau en conséquence.

Comparé à First Date, ce disque est plus organique, plus pop rock. Cette différence vient de quoi ? Tu as plus d’assurance, tu fais dans l’exercice de style à chaque album ?

Villeneuve : Oui le prochain sera sans doute encore différent, sans aller jusqu’à faire du musette (rires). Sérieusement, je pense quand même que c’est à peu près la même chose. Le fil conducteur est le même, mais l’habillage est un peu différent. En fait, je voulais que c’est album puisse être joué en live. Alors bien entendu, après je rajoute des synthés… mais je voulais qu’il soit live, qu’on l’enregistre dans une grande pièce et qu’on entende la pièce.

C’est une frustration de quelque chose que je n’ai pas pu avoir sur le premier album. Et a contrario sur le premier, je voulais mettre beaucoup de chose dedans sans me mettre de barrière de style. Je voulais faire l’album un peu comme une compilation. Les morceaux s’enchainent comme une compil. A l’époque, j’écoutais pas mal d’electronica (j’en écoute toujours) et je voulais m’exprimer là-dedans tout en faisant de la pop. Aujourd’hui, je m’en fous complètement (rires). Le dernier album d’Autechre j’adore mais effectivement, je n’ai pas mis d’electronica dans ce nouvel album mais peut-être qu’il y en aura dans le prochain. Je pense que c’est normal de ne pas avoir envie de toujours faire les mêmes choses.

Pour revenir aux invités, qui ne sont pas si nombreux d’ailleurs, comment cela s’est fait ?

Villeneuve : Liz Green, c'est mon éditeur qui m’a fait écouter une maquette et j’ai flashé dessus. Et j’avais un morceau assez folk et quand j’entendais sa voix qui est assez particulière... Contrairement à pas mal de chanteuses qui chantent super bien mais dont le timbre peut être totalement interchangeable, des voix à la Feist il y en a beaucoup – j’aime beaucoup Feist, mais il y a beaucoup de filles qui essaient de chanter comme cela – alors que Liz Green est un peu seule dans sa catégorie. Feist d’une côté, Cocorosie de l’autre tu voix, et Liz Green est un peu seule là-dedans.

Nili, elle chante sur un vrai slow, pur et je ne voulais pas intellectualiser le slow, qui peut paraitre pour ceux qui n’aiment pas le slow, trop slow – mais pour moi on n’est jamais trop slow (rires) – et je le voulais comme cela mais je ne voulais pas une voix très sucrée. D’ailleurs, idéalement je voulais le faire chanter par une voix masculine, genre Nick Cave qui casse complètement le truc pour retrouver un truc un peu bancal, tordu à la David Lynch.

Nili, c’est une amie de ma copine, elle chante dans Lily Wood and The Prick qui commence à être bien connu. Bref, je lui ai demandé de chanter et c’était vraiment chouette.

Cet album ressemble parfois à une sorte de road movie au travers de différentes influences musicales, comme Death Race qui fait penser à E.S.T. par exemple.

Villeneuve : E.S.T... Je ne connais pas vraiment en fait, je ne sais pas… Il faut dire que quand je compose un morceau et que je trouve qu’il ressemble à un truc connu, j’arrête. Mais effectivement pour les influences, c’est normal que l’on ressente cela. J’écoute tellement de choses. Je ne veux pas faire un album de niche mais en même temps, j’espère qu’il est cohérent. J’espère que l’on peut voyager un peu avec l’album, qu’il y a des aspérités et que l’on se sent bien.

Après First Date, maintenant Dry marks of memories, il y a dans tes titres d'album toujours une notion de temps, de souvenirs. C'est volontaire ?

Villeneuve : Non pas vraiment en fait. First date, je trouvais ça assez drôle pour un premier album de l'appeler premier rendez-vous. Et puis c'est souvent des chansons qui parlent d'amour dessus donc ça allait bien. D'ailleurs, j'étais étonné que ça n'est pas déjà été fait. Pour celui-là, c'est vraiment parce que je voulais un titre assez poétique qui voulait dire beaucoup de chose.

Le premier titre de cet album s'appelle "Set The Level". Parallèlement à cela, sur le disque il est mentionné qu'il faut écouter ce disque à un volume élevé pour en profiter pleinement. Je suppose donc que ce premier titre n'est pas là par hasard...

Villeneuve : J'ai fait cet album avec très peu de compression, ce qui fait qu'il faut le mettre fort sinon il est moins fort que les autres albums et il ne te claque pas dans les oreilles. Les albums comme cela, quand tu les mets fort, tu peux les écouter en entier ils ne vont pas te faire mal à la tête. Mais la majorité des albums d'aujourd'hui qui sont super compressés, au bout de 3 morceaux, en général tu arrêtes. D'ailleurs, ce sont des albums qui s'écoutent comme cela ou alors tu ne le mets pas fort, et cela passe parce qu'il y a un bruit constant. Alors bien sûr, cette petite note, c'est l'idéal. J'aimerais que les gens mettent l'album chez eux assez fort pour que ça fasse vibrer l'air. Mais c'est idéaliste (rires).

C'est dans la même logique de ne pas faire de concession. J'imagine que les gens écouteront les disques autrement que sur leur ordinateur.

Une sortie en vinyle est prévue ?

Villeneuve : Oui c'est en cours !

Tu annonçais lors de ta date à la Flèche d'Or début mai que ce serait la seule date live. Tu n'as pas envie de jouer live ?

Villeneuve : Ah si j'en ai envie ! C'est juste qu'il n'y en a pas d'autres quoi. Ce n'est pas une volonté de ne pas faire de live, au contraire. J'espère qu'il y en aura d'autres. C'est difficile de faire tourner 6 personnes, sur une musique pas forcément super festive. On m'a dit que ce serait mieux dans les festivals de jazz, on verra... Et puis pour les musiciens, ce serait super de jouer car c'est frustrant pour tout le monde de ne pas pouvoir tourner.

C'est quoi tes projets immédiats ?

Villeneuve : Je produis l'album de Anorak. Ensuite, j'ai envie de faire des collaborations sur des formats courts.

Tu mixes aussi dans quelques bars parisiens...

Villeneuve : Oui c'est vraiment pour m'amuser. Je mixe de la vieille soul avec des trucs plus actuels. Cela marche vachement. J'aime bien car j'adore faire découvrir des morceaux et puis tu peux écouter assez fort. Mais ce n'est pas toujours facile car en soirée les gens aiment qu'on leur passe des trucs qu'ils connaissent. Dès qu'ils ne connaissent pas, ils se rassoient ou sortent fumer une clope.

Pourrais-tu résumer ta musique en une phrase comme tu voudrais qu'on en parle ?

Villeneuve : Que ce soit un album qui a beaucoup touché la personne qui l'a écouté en la mettant pendant 40 minutes dans une bulle ou elle avait envie de l'écouter et quand elle met cet album, son environnement change. C'est beaucoup demandé et très ambitieux (rires).

Si tu m'avais demandé un album à conseiller à quelqu'un, je t'aurais dit le nouvel album de Richard Hawley qui est sublime. Pour moi, c'est un des plus beaux albums... pas de tous les temps mais presque. J'en suis dingue et j'arrête pas d'en parler à tout le monde.

 

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La chronique de l'album First date de Villeneuve
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L'interview de Villeneuve (septembre 2005)

En savoir plus :
Le site officiel de Villeneuve
Le Myspace de Villeneuve

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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